Le Qâḍî répondit : « La divergence ne porte pas sur celui qui s’est repenti, mais sur celui dont il est avéré qu’il a témoigné mensongèrement : soit qu’une preuve atteste qu’il l’a reconnu, soit que le juge en ait la certitude. Par exemple, un homme affirme qu’un individu a été tué alors que le magistrat sait qu’il ne l’a pas été, soit parce que l’homme se trouvait auprès de lui au moment supposé du meurtre, soit parce que la personne prétendument tuée est encore en vie. Quant à celui qui se repent, nous ne lui appliquons aucun taʿzîr. D’aucuns soutiennent toutefois que le taʿzîr n’est pas levé par le repentir, car un droit humain – celui de la victime de son faux témoignage – est engagé ; or le repentir n’annule pas les droits des hommes.
Shaykh Taqî ad-Dîn dit : « S’il se repent après que le jugement a été prononcé dans une affaire que sa rétractation ne peut invalider, un droit humain s’est déjà attaché à l’affaire. S’il vient repentant auprès de l’imâm avant que son mensonge ne soit découvert, il est comparable au brigand de grand chemin qui se repent avant d’être capturé. Mais s’il se repent après que sa supercherie est apparue, il ne convient pas de le dispenser du taʿzîr. » [An-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar, 2/357-358] (1)
1548 – L’aveu d’un témoignage équivaut-il à un témoignage relayé ?
Ibn Mufliḥ rapporte : « Shaykh Taqî ad-Dîn dit : L’aveu portant sur un témoignage tient-il lieu de témoignage sur témoignage ? À ce sujet figure le hadith de la servante noire concernant l’allaitement : ʿUqba ibn al-Hârith informa le Prophète ﷺ qu’une femme lui avait déclaré les avoir allaités tous deux ; le Prophète lui interdit alors de rester avec elle sans avoir entendu la parole de la femme elle-même. Les maîtres de l’école s’appuient sur ce récit pour accepter la déposition d’une seule femme en matière d’allaitement. Si l’aveu d’un témoignage n’était pas assimilé à un témoignage, cet argument ne serait pas valide, et cela est évident… (2) » [An-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar, 2/357-358] (3).
(1) Voir : al-Ikhtiyarat de al-Baʿli, p. 525-526.
(2) Le reste du texte pourrait être attribué à Ibn Taymiyya ou à Ibn Muflih ; Dieu sait.
(3) al-Ikhtiyarat de al-Baʿli, p. 525.
فقال القاضي: والجواب: أنه ليس الخلاف فيمن تاب، وإنما الخلاف فيمن ثبت عليه أنه شهد بالزور، إما بقيام البينة على إقراره بذلك، أو بعلم الحاكم به قطعا، بأن شهد بقتل رجل والحاكم يعلم أنه لم يقتل، وهو أن يكون الرجل عنده وقت القتل، أو يكون الذي يدعي أنه مقتول حيٌّ لم يقتل، فأما إذا تاب فإنا لا نعزره، وقيل: لا يسقط التعزير بالتوبة، لأنه قد تعلق بحق آدمي، وهو شهادته عليه، وحقوق الآدميين لا تؤثر فيها التوبة.
قال الشيخ تقي الدين: أما إذا تاب بعد الحكم فيما لا يبطل برجوعه فهنا قد تعلق به حق آدمي، ثم تارة يجيء إلى الإمام تائبا فهذا بمنزلة قاطع الطريق إذا تاب قبل القدرة عليه، وتارة يتوب بعد ظهور تزويره فهنا لا ينبغي أن يسقط عنه التعزير) [النكت على المحرر: ٢/ ٣٥٧ - ٣٥٨] (١).
١٥٤٨ - الإقرار بالشهادة بمنزلة الشهادة على الشهادة:
- قال ابن مفلح: (قال الشيخ تقي الدين: الإقرار بالشهادة هل يكون بمنزلة الشهادة على الشهادة؟ فيه حديث الأمة السوداء في الرضاع، فإن عقبة بن الحارث أخبر النبي ﷺ أن المرأة أخبرته أنها أرضعتهما، فنهاه عنها من غير سماع من المرأة، وقد احتج به الأصحاب في قبول شهادة المرأة الواحدة في الرضاع، فلولا أن الإقرار بالشهادة بمنزلة الشهادة ما صحت الحجة، وهو ظاهر ... (٢)) [النكت على المحرر: ٢/ ٣٥٧ - ٣٥٨] (٣).
(١) انظر: «الاختيارات» للبعلي (٥٢٥ - ٥٢٦).
(٢) بقية الكلام يحتمل أن تكون لابن تيمية ويحتمل أن تكون لابن مفلح، والله أعلم.
(٣) «الاختيارات» للبعلي (٥٢٥).