1545 – S’il dépose, après le prononcé du jugement, un témoignage contraire à sa première déposition :
1546 – Et, quant à la responsabilité du témoin pour la somme que le mandataire a dû payer par son fait :
Ibn Mufliḥ déclare : « Celui qui, une fois le jugement rendu, produit un témoignage qui contredit le premier est assimilé à un témoin se rétractant – et cela à plus forte raison –, ainsi l’a affirmé notre Maître.
Il a encore dit à propos d’un témoin qui avait d’abord évalué l’objet à telle valeur, avait écrit de sa propre main l’attestation de validité, si bien que le mandataire avait obtenu l’exécution du jugement ; puis il l’évalua de nouveau, consigna de sa main une majoration, et le mandataire dut s’acquitter de ce supplément : le témoin est tenu de garantir au mandataire le supplément qu’il a versé par sa faute, qu’il ait menti sciemment ou qu’il se soit trompé, exactement comme dans le cas d’une rétractation. » [al-Furūʿ 6/601 (11/393)](1)
1547 – Châtiment du faux témoin :
Ibn Mufliḥ dit : « Ses paroles (2) : “Lorsque le juge découvre qu’un témoin est parjure, soit par son propre aveu, soit parce que son mensonge est établi avec certitude, il le corrige par une peine de taʿzîr (châtiment discrétionnaire), le fait défiler afin que l’affaire devienne notoire, et l’on proclame : ‘Nous l’avons trouvé faux témoin ; tenez-vous-en à l’écart.’”
L’imam Aḥmad, dans la version rapportée par ʿAbd Allâh et Isḥâq ibn Ibrâhîm au sujet du faux témoin, a dit : « On le promène dans son quartier, on rend publique son affaire et on le corrige ; il n’y a là aucun inconvénient. »
Dans la version d’Ibn Manṣūr, il ajoute : « On le fait se tenir devant les gens, on dévoile son identité et on le corrige. »
De même, dans la version de Yaʿqūb : « Son affaire est rendue publique. »
Tel est également l’avis de Mâlik et d’ash-Shâfiʿî : il s’agit en effet d’une parole interdite qui lèse autrui et pour laquelle il n’existe aucune expiation ; elle s’apparente à l’injure et à la calomnie et a un effet dissuasif.