le témoignage d’un homme confirmant celui de deux femmes est recevable et l’on statue sur cette base ; il ne convient donc pas d’en attribuer l’avis à Aḥmad. Abû Ḥanîfa a tenu la même position, car l’objectif du témoignage féminin est l’établissement du droit ; dès lors, leur intervention y trouve place, comme pour la vente. Shaykh Taqî ad-Dîn déclare : « Telle est, dans la question précédente, la déduction conforme à l’école, puisqu’un témoignage sur témoignage a la valeur d’une simple information. Si toutefois on l’assimile à l’exécution d’une décision déjà rendue par le juge, la position de l’école s’en trouve même renforcée. L’argument est très pertinent, car le témoin suppléant est chargé, à l’instar du juge, d’assurer la protection de la preuve. » Fin de citation. ⦗al-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar : 2/342⦘ 1539 – Lorsque les deux témoins suppléants déclarent : « Il nous est apparu que les témoins originels ont menti ou se sont trompés » : Ibn Mufliḥ dit : « Ses paroles (1) : “Et s’ils disent : ‘Il nous est apparu que les témoins originels ont menti ou se sont trompés’, ils n’encourent aucune garantie.” » Les propos de certains maîtres vont dans ce sens : les deux suppléants n’ont commis ni négligence ni acte ayant causé la perte du droit ; et les tenir garants dans ce cas dissuaderait de recourir au témoignage de substitution. D’autres, cependant, laissent entendre l’obligation de garantie, car la perte est intervenue à la suite de leur témoignage, comme dans le cas précédent ; le fait que le mensonge provienne des témoins originels n’exclut pas la garantie. Il ressort en outre de ses propos que, s’ils avaient déclaré : « Nous ne savons pas s’ils ont menti ou s’ils se sont trompés », ils auraient été tenus garants. Shaykh Taqî ad-Dîn l’énonce explicitement : « Quiconque rapporte un propos qu’il sait mensonger devient l’un des menteurs ; de même, toute personne qui atteste un aveu ou un jugement dont elle sait la fausseté, ou encore un contrat dont elle connaît l’interdiction. » Fin de citation. ⦗al-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar : 2/343⦘
(1) C’est-à-dire : l’auteur du « Muḥarrar ».
رجل على شهادة امرأتين جائز يحكم به، فلا يضاف هذا إلى أحمد، وبهذا قال أبو حنيفة، لأن القصد من شهادتهن إثبات الحق، فكان لهن مدخل كالبيع. قال الشيخ تقي الدين: هذا قياس المذهب في التي قبلها، بناء على أن الشهادة على الشهادة تجري مجرى الخبر، وإن ألحقناها بثبوت حكم الحاكم قوي المذهب، وهذا متوجه جدًا، فإن شاهد الفرع مسترعى كالحاكم. انتهى كلامه) [النكت على المحرر: ٢/ ٣٤٢]. ١٥٣٩ - إذا قال شاهدا الفرع: لقد بان لنا كذب الأصول أو غلطهم: - قال ابن مفلح: (قوله (١): «ولو قالا: لقد بان لنا كذب الأصول أو غلطهم لم يضمنا شيئا». وفي كلام بعضهم إشارة إلى هذا لأنهما لم يفرطا، ولم يتسببا في إتلافه ولأنهما لو ضمنا في هذه الحال أفضى إلى عدم الشهادة على الشهادة. وظاهر كلام جماعة الضمان، لأن إتلافه حصل بشهادتهم كالتي قبلها، والافتراق في الكذب لا يمنع الضمان، ويعرف من كلامه أنهما لو قالا: لا نعلم أنهم كذبة أو غالطون ضمنا. وصرح به الشيخ تقي الدين، قال: لأنه من حدث بحديث يرى أنه كذب فهو أحد الكذابين، وكذلك كل من شهد على إقرار أو حكم يعلم أنه باطل، وإن شهدوا على عقد يعلمون تحريمه. انتهى كلامه) [النكت على المحرر: ٢/ ٣٤٣].
(١) أي: صاحب «المحرر».