« Je sais », ou toute expression analogue. – D’après une autre version rapportée d’Aḥmad, la déposition est toutefois valide ; cette opinion a été retenue par Abū al-Khaṭṭāb ainsi que par notre shaykh, en accord avec Mālik. Ils l’ont déduite de la parole de ʿAlī b. al-Madīnī : « Je dis que les Dix sont au Paradis, mais je n’en témoigne pas. » Aḥmad lui répliqua : « Du moment que tu l’as dit, tu as bel et bien témoigné. » – Notre shaykh ajoute : « Nous ne connaissons aucun Compagnon ni aucun Tâbiʿî ayant subordonné la validité du témoignage à l’emploi explicite du terme “témoignage”. Par ailleurs, dans le Livre et la Sunna, le mot “témoignage” est appliqué à une simple information, même dépourvue de la formule “j’atteste”. » ⦗Al-Furūʿ 6/594-595 (11/379-380)⦘.
– Il dit encore : « Sa parole (1) : “La déposition n’est recevable que si elle est formulée par son terme propre ; si le témoin se contente de dire : ‘Je sais’, ‘C’est certain’, ou toute expression similaire, le juge ne statue pas sur cette base.”
Le Qāḍī a rapporté cela comme un point de consensus en plusieurs passages, notamment pour le témoignage d’une seule femme dans des affaires auxquelles les hommes n’ont pas accès ; il y précise que la formule du témoignage est requise et le tient pour une question unanimement admise.
Shaykh Taqī al-Dīn le mentionne également sans rapporter de divergence…
Et Shaykh Taqī al-Dīn rapporte ailleurs que ce jugement est bien celui d’Aḥmad ; il l’a déduit de son débat avec ʿAlī b. al-Madīnī, où Aḥmad attesta le Paradis pour tous ceux que le Messager ﷺ a désignés comme tels. ʿAlī b. al-Madīnī déclara alors : « Je l’affirme, mais je n’en témoigne pas. » Aḥmad lui répondit : « Une fois que tu l’as affirmé, tu as effectivement témoigné. » (2)
(1) C’est-à-dire : l’auteur d’al-Muḥarrar.
(2) Dans la note imprimée intitulée Nukāt (en marge du manuscrit), Cheikh Taqī al-Dīn écrit : « Les juristes divergent sur la validité d’une attestation devant le juge sans employer la formule rituelle ‘ash-hadu’, se contentant d’expressions telles que aʾlam (je sais), athbat (j’affirme) ou aḥaq (je suis plus qualifié). Deux opinions sont rapportées par le qāḍī Abū Ya‘lā : celle de nos partisans et celle de leurs adversaires. Les savants tardifs interdisent cette pratique, tandis que l’autorisation se déduit du propos d’Aḥmad lors de son échange avec ʿAlī ibn al-Madīnī au sujet du témoignage de dix personnes en vue du paradis. Aḥmad déclara : “Je témoigne qu’ils auront le paradis.” ʿAlī rétorqua : “Je dis ‘ils sont au paradis’, sans dire ‘je témoigne’.” Aḥmad conclut : “Lorsque tu dis qu’ils sont au paradis, tu as attesté qu’ils sont au paradis.”
Cette position d’Aḥmad est la plus conforme au Coran et à la Sunna, et je n’en connais aucun texte allant à l’encontre. Par conséquent, l’énoncé même de la réalité constitue un témoignage, même sans formuler ‘je sais’, ‘j’affirme’ ou ‘je témoigne’. Ainsi, déclarer : “Cet homme possède mille dirhams auprès de cette tierce personne”, ou : “Il a volé ce bien”, ou : “Il a frappé quelqu’un”, ou : “Il a vendu cet esclave à tel prix”, équivaut en soi à un témoignage, sans qu’il soit nécessaire d’ajouter les formules précitées, comme l’illustre la parole d’Aḥmad : “Lorsque tu dis qu’ils sont au paradis, tu as attesté qu’ils sont au paradis.”
On mentionne enfin, à propos du témoignage répété (chaheda al-istifāda), l’opinion d’Aḥmad : “Je déclare que Fāṭima, fille du Messager de Dieu (ṣ), mais je ne témoigne pas qu’elle est sa fille.” »
أعلم ونحوه، وعنه: تصح، اختاره أبو الخطاب وشيخنا، وفاقا لمالك وأخذها من قول علي بن المديني: أقول: إن العشرة في الجنة ولا أشهد، فقال أحمد: متى قلت فقد شهدت ... قال شيخنا: لا نعرف عن صحابي ولا تابعي اشتراط لفظ الشهادة، وفي الكتاب والسنة إطلاق لفظ الشهادة على الخبر المجرد عن لفظة: أشهد) [الفروع ٦/ ٥٩٤ - ٥٩٥ (١١/ ٣٧٩ - ٣٨٠)].
- وقال أيضاً: (قوله (١): «ولا يصح أداء الشهادة إلا بلفظها، فإن قال: أعلم، أو أحق ونحوه لم يحكم بها».
ذكره القاضي محل وفاق في مواضع، منها شهادة المرأة الواحدة فيما لا يطلع عليه الرجال، وذكر: أنه يعتبر فيه لفظ الشهادة، جعله محل وفاق.
ذكره الشيخ تقي الدين، ولم يحك فيه خلافا ...
وذكر الشيخ تقي الدين في موضع آخر: الحكم بذلك عن أحمد، وأخذه من مناظرته لعلي بن المديني، وأن أحمد شهد بالجنة لكل من جعله الرسول ﷺ من أهلها، فقال ابن المديني: أقول ولا أشهد، فقال له أحمد: إذا قلت فقد شهدت (٢))
(١) أي: صاحب «المحرر».
(٢) في حاشية مطبوعة «النكت»: (بهامش الأصل: صورة ما ذكره الشيخ تقي الدين في هذا الموضع قال: اختلف الفقهاء في جواز أداء الشهادة عند الحاكم بغير لفظ الشهادة، مثل: أعلم، وأثبت، وأحق، على وجهين لأصحابنا وغيرهم، ذكرهما القاضي أبو يعلى، والمنع قول المتأخرين، والجواز هو مقتضى كلام أحمد لما ناظر علي بن المديني في الشهادة للعشرة بالجنة، فقال أحمد: أنا أشهد لهم بالجنة. فقال له علي: أنا أقول: هم في الجنة، ولا أقول: أشهد. فقال أحمد: إذا قلت: هم في الجنة فقد شهدت أنهم في الجنة.
وهذا الذي قاله أحمد هو الراجح في الكتاب والسنة، ولا أعلم عنه نصا يوافق الوجه الآخر، وعلى هذا فنفس الإخبار شهادة، وإن لم يذكر عن نفسه فعلا، فإذا قال: لهذا عند هذا ألف درهم، أو قال: هذا سرق مال هذا، أو قال: هذا ضرب هذا، أو قال: باعه هذا العبد بكذا، فنفس هذا الإخبار شهادة، وإن لم يذكر عن نفسه: أعلم، أو أحق، أو أشهد، كما قال أحمد: إذا قلت: هم في الجنة فقد شهدت أنهم في الجنة.
وذكر في شهادة الاستفاضة قول أحمد: أنا أقول بأن فاطمة بنت رسول الله ﷺ ولا أشهد بأنها ابنته) ا. هـ.