Al-Qâḍî poursuit : certains ont soutenu qu’il s’agit d’une wilâya (charge d’autorité) ; par conséquent, elle ne se valide que par la déposition de deux témoins masculins, tout comme la magistrature.
Al-Qâḍî réplique : la wakâla (procuration) n’est pas une wilâya, mais une simple istinâba (délégation). La fonction de juge, en revanche, englobe ce qui se prouve par un homme et deux femmes – les affaires pécuniaires –, ainsi que ce qui exige deux hommes – les droits –, et encore le contrat de mariage. Quant à la forme de procuration qui fait débat, elle ne porte que sur des biens.
Shaykh Taqî al-Dîn ajoute : Même lorsqu’elle concerne uniquement les biens, la magistrature comporte l’obligation d’exécuter les décisions et la possibilité de sanctionner par l’emprisonnement ou assimilé, alors que la procuration n’implique que la remise ou la réception d’un bien. Or, si un demandeur revendique la propriété afin d’en établir la preuve avec toutes ses conséquences, la procuration octroyée par le propriétaire est plus légère à admettre qu’une telle revendication, car le droit de l’agent est moindre que celui du propriétaire. Une fois l’ensemble prouvé, la preuve d’une partie l’est a fortiori. Il n’en va pas de même du juge, auquel sont reconnues des prérogatives qui ne le sont pas au propriétaire. ⦗an-Nukat 2/317-319⦘
Il dit encore : (son propos (1) : « Et tout ce qui sort de cela… » jusqu’à l’expression : « exclusivement »). L’argumentation a déjà été exposée plus haut ; nous avons parlé auparavant du testament (iṣâ’) et de la procuration relative à ce qui n’est pas un bien.
Shaykh Taqî al-Dîn rapporte également : Al-Qâḍî écrit dans son Taʿlîq, à propos de l’appréciation de la crédibilité d’une femme : « Ceci repose sur la question de savoir si le témoignage des femmes est recevable dans une affaire dont l’objet principal n’est pas… »