Si l’on retient, conformément au récit transmis par Ḥanbal, la recevabilité du témoignage des dhimmîs les uns à l’égard des autres – ce qui semble être l’opinion explicite d’un groupe de nos compagnons –, on pourra encore avancer que, d’après cette même version de Ḥanbal, la doctrine de l’école établit l’égalité de traitement. C’est en tout cas la position d’Abû al-Khaṭṭâb et c’est aussi ce qui transparaît dans les écrits de plusieurs auteurs postérieurs.
Quant à ceux qui n’ont pas évoqué cet extrapolation, c’est soit parce qu’ils n’ont pas jugé la narration de Ḥanbal authentique dans ce passage, soit parce qu’ils la considéraient contraire à la doctrine, jugeant donc inutile d’en déduire des ramifications juridiques.
La première explication est celle choisie par Shaykh Taqî al-Dîn, lequel déclare : « La différence entre les deux cas tient à ceci : le dhimmî reconnaît ouvertement sa mécréance, tandis que le propagateur de l’innovation ne reconnaît pas son innovation. » Fin de citation.
Si l’innovation entraîne un statut de perversité, son promoteur comme les autres l’admettent ; mais si elle relève de la mécréance, ni lui ni les autres ne l’admettront. On peut toutefois distinguer les deux situations en rappelant que le témoignage des dhimmîs les uns contre les autres n’a été admis qu’en raison du besoin que l’on présume, vu qu’ils vivent à part et se mêlent peu aux musulmans ; admettre le témoignage d’un incroyant contre un autre incroyant n’implique pas, en effet, d’accepter le témoignage d’un incroyant – ou d’un pécheur notoire – contre un musulman.
Shaykh Taqî al-Dîn ajoute : « Il faut considérer que sa transmission de ḥadîth et son témoignage au tribunal relèvent d’un même statut. S’agissant de sa transmission, la divergence bien connue figure dans les ouvrages d’uṣûl al-fiqh ; pour ce qui est du motif de l’invalidation de son témoignage, il tient uniquement au fait qu’il mérite d’être boycotté. Sur cette base, son témoignage doit être accepté partout où il n’est pas boycotté, que ce soit par nécessité d’ordre public ou par souci de conciliation. Il sera également recevable en cas de besoin impérieux, tout comme nous acceptons – et a fortiori – le témoignage d’un scripturaliste contre un musulman lorsque la nécessité l’exige. Car celui qui, à l’origine, admet le témoignage d’un mécréant contre un musulman en situation de besoin doit, à plus forte raison, admettre celui de l’innovateur dans les mêmes circonstances. Il en va de même pour le témoignage des femmes ou de certains pécheurs notoires, comme je l’ai écrit ailleurs. Tel est le juste milieu en la matière : lorsque les gens de l’innovation deviennent si nombreux dans un lieu que le rejet de leur témoignage provoquerait discorde et obstruction des droits, on ne les boycotte pas, on cherche plutôt à les rallier ; tandis que, s’ils sont dominés au point que
وإن قلنا برواية حنبل في قبول شهادة أهل الذمة بعضهم على بعض كما هو ظاهر قول جماعة من الأصحاب، وقد يقال: المذهب التسوية على رواية حنبل كما هو قول أبي الخطاب، وظاهر كلام غيره ممن بعده.
ومن لم يذكر التخريج فإما أنه لم يثبت رواية حنبل هنا، وإما لأنها خلاف المذهب، فلم يشتغل بالتفريع عليها.
والأول: اختيار الشيخ تقي الدين، فإنه قال: والفرق بينهما أن الذمي يقر على كفره، والداعية إلى البدعة لا يقر على بدعته. كذا قال.
والبدعة إن كانت مفسقة أقر عليها الداعية وغيره، وإن كانت مكفرة لم يقر عليها الداعية ولا غيره، لكن قد يفرق بينهما بأن أهل الذمة إنما قبلت شهادة بعضهم على بعض لمظنة الحاجة إلى ذلك لانفرادهم، وعدم اختلاطهم بالمسلمين، ولأنه لا يلزم من قبول شهادة كافر على كافر قبول شهادة كافر أو فاسق على مسلم.
قال الشيخ تقي الدين: والواجب أن روايته وشهادته واحدة، وفي روايته: الخلاف المسطور في أصول الفقه، ومأخذ رد شهادته: إنما هو استحقاقه الهجران، وعلى هذا فينبغي قبول شهادته حيث لا يهجر، إما للغلبة وإما للتألف، وتقبل عند الضرورة كما قبلنا شهادة الكتابي على المسلم عند الضرورة وأولى، فإن مَن كان من أصله قبول شهادة الكافر على المسلم للحاجة، فقبول شهادة المبتدع للحاجة أولى، وكذلك شهادة النساء، وكذلك شهادة بعض الفساق كما كتبته في موضع آخر، وهذا هو الاقتصاد في هذا الباب، فإنه إذا كثر أهل البدعة في مكان بحيث يلزم مَن رد شهادتهم فتنة وتعطيل الحقوق، لم يهجروا بل يتألفوا، وأما إذا كانوا مقهورين بحيث