Aḥmad y a fait allusion, dans le récit rapporté par Ibn Manṣūr, à propos d’un homme qui s’est querellé une fois puis a cessé avant de venir témoigner : sa déposition n’est pas admise. C’est également l’avis de Mālik et d’ash-Shāfiʿī, tandis qu’Abū Ḥanīfa la juge recevable.
Cette règle concerne une inimitié qui ne va pas jusqu’au péché flagrant ; si elle y conduit, il n’y a plus de divergence à ce sujet…
Al-Qāḍī explique : « Parce qu’on soupçonne ce témoin d’agir pour un motif prohibé, il faut rejeter sa déposition, comme on le fait pour le débauché. »
Shaykh Taqī ad-Dīn commente : « C’est pertinent ; cependant, ni le voyageur dépouillé (al-maqṭūʿ) ni la personne calomniée d’adultère (al-maqdhūf) n’agissent ici pour un motif interdit. Cela contredit donc la première affirmation, à moins qu’il ne s’agisse d’une hostilité envers leur agresseur ou leur calomniateur ; s’ils l’ont alors boycotté par la rupture de liens (1) proscrite, la comparaison est plus proche, mais elle reste, en apparence, contraire à ce qui a été dit d’abord. »
Al-Qāḍī distingue de même l’inimitié qu’un musulman éprouve envers un dhimmî de celle qu’il ressent envers un autre musulman : la première est prescrite, la seconde interdite, car le Prophète ﷺ a dit : « Ne vous détestez pas, ne vous tournez pas le dos ; soyez, serviteurs d’Allah, des frères. » On ne saurait donc juger l’une à la lumière de l’autre : le musulman combat le dhimmî pour des raisons religieuses, sans que cela l’incite à craindre un péché ou à mentir à son sujet ; tandis que l’inimitié d’un musulman envers un coreligionnaire naît de la jalousie, de la rivalité et de la haine, et, par nature et habitude, pousse à enfreindre la religion et à lui nuire par le mensonge et la tromperie.
Shaykh Taqī ad-Dīn conclut : « Il en résulte que l’hostilité d’une personne pieuse, motivée par une interprétation recevable, n’empêche pas l’acceptation de son témoignage ; il existe donc, sur ce point, trois opinions apparentes. » Fin de citation.
Il dit encore : « Dans les propos d’Aḥmad comme dans ceux d’al-Khirāqī, il n’est nullement question de l’ennemi ; il s’agit plutôt… »
(1) Le terme al-hijrah (l’Hégire) a été omis dans la première édition et rétabli dans la seconde.
وقد أومأ إليه أحمد في رواية ابن منصور ــ في رجل خاصم مرة ثم ترك، ثم شهد ــ: لم تقبل، وهو قول مالك والشافعي، وقال أبو حنيفة: تقبل.
وهذا في عداوة لا تخرج إلى الفسق، فإذا أخرجت فلا خلاف فيها ...
قال القاضي: ولأنه متهم في شهادته بسبب منهي عنه، فوجب أن لا تقبل شهادته كالفاسق.
قال الشيخ تقي الدين: وهذا جيد، والمقطوع والمقذوف ليس في حقه سبب منهي عنه، فهذا يخالف ما ذكره أولا، اللهم إلا أن يراد به عادى قاذفه وقاطعه، فإن هجره الهجرة (١) المنهي عنها فهذا أقرب، لكن يخالف ما ذكر أولا في الظاهر.
وكذلك قال القاضي في الفرق بين عداوة المسلم للذمي وعداوته للمسلم، مع أن عداوة المسلم للذمي مأمور بها، وعداوة المسلم للمسلم منهي عنها، لأن النبي ﷺ قال: «لا تباغضوا، ولا تدابروا، وكونوا عباد الله إخوانا»، فلم يكن اعتبار إحداهما بالأخرى؛ لأن المسلم يعادي الذمي من طريق الدين، وهو لا يدعوه إلى ما يخاف من ذنبه ومن الكذب عليه، وعداوة المسلم للمسلم عداوة تحاسد وتنافس وتباغض، وهذا يحمل من طريق العادة والجبلة على مخالفة الدين، والإضرار به بالكذب والمين.
قال الشيخ تقي الدين: وهذا يقتضي أن عداوة المتدين بذلك متأولا لا تمنع قبول الشهادة، فصار على الظاهر فيها ثلاثة أوجه. انتهى كلامه.
وقال أيضًا: ليس في كلام أحمد ولا الخرقي تعرض للعدو، وإنما هو
(١) (الهجرة) سقطت من ط ١, واستدركت من ط ٢.