1520 – Le témoignage de celui qui cherche à se soustraire à un préjudice :
Ibn Mufliḥ écrit : (Sa parole (1) : « comme le témoignage de celui dont la déposition n’est pas recevable » (2).
Il ne s’agit pas ici d’un exemple ; son intention — Allah sait mieux — est que la déposition par laquelle quelqu’un repousse un dommage qui le menace n’est pas acceptée. S’il avait plutôt dit : « et la déposition de celui dont le témoignage n’est pas recevable », l’énoncé eût été plus approprié.
Shaykh Taqî ad-Dîn, commentant ces propos dans le Muḥarrar, déclare : « En réalité, l’intéressé ne détourne pas le tort de lui-même ; il le détourne d’une personne pour laquelle il ne témoigne pas. Il se trouve donc à l’instar de celui qui, par sa déposition, procure un avantage à quelqu’un pour qui il ne témoigne pas. Aussi, si l’on disait : “N’est pas recevable la déposition de celui qui se fait bénéficier lui-même ou bénéficie une personne qu’on soupçonne de collusion avec lui, ou repousse un tort de lui-même, ou de cette personne suspecte”, la formulation serait plus englobante. Certes, si le témoin se discréditait lui-même afin d’écarter un préjudice pesant sur lui, la situation serait différente. » Fin de citation. [al-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar : 2/296].
1521 – Le témoignage de l’ennemi et de l’ami :
Ibn Mufliḥ dit : (Sa parole : « Le témoignage de l’ennemi contre son ennemi n’est pas admis, comme celui qui atteste contre celui qui l’a diffamé ou l’a dépouillé sur la route. »)
Il a employé le terme « inimitié » sans restriction ; or la question n’est pas aussi générale. Il se peut que l’exemple serve précisément à restreindre ce qui, d’abord, avait été énoncé sans condition ; tel est sans doute son propos.
Al-Qâḍî a dit : Le témoignage de l’ennemi contre son ennemi n’est pas recevable. Al-Khirâqî rapporte la même chose en ces termes : « On n’accepte pas la déposition d’un adversaire. » Il s’agit ici d’une inimitié qui ne fait pas sortir le témoin de la probité requise, comme dans le cas d’un mari qui accuse son épouse de fornication ; son témoignage contre elle n’est pas admis. De même, celui qui a été détroussé sur la route ne peut témoigner à l’encontre du bandit de grand chemin.