Le cadi a expressément déclaré que, dans cette situation, la droiture (*ʿadâla*) n’est pas exigée ; les indices circonstanciels l’attestent, de même que les traditions rapportées – qu’elles soient attribuées au Prophète (marfūʿ) ou arrêtées sur des Compagnons (mawqūf).
Quant aux musulmans, le cadi affirme que le témoignage de musulmans dépravés (*fussâq*) n’est pas recevable dans ce cas ; il considère ce point comme faisant l’unanimité et en fournit l’explication. Fin de sa citation.
On verra plus loin, dans la question intitulée : « Ce dont les hommes n’ont pas connaissance, tels les défauts intimes des femmes », que ses propos semblent alors contredire cette position.
La majorité des savants – parmi lesquels les trois imâms – estime que, de toute façon, leur témoignage contre des musulmans n’est jamais admis ; je n’ai trouvé aucune opinion contraire dans notre école. [al-Nukat ʿalā al-Muḥarrar 2/272-273]
Il a encore dit : « Le cadi Abû Yaʿlâ a traité cette question en rapportant que l’imâm Aḥmad, au sujet de prisonniers de guerre revendiquant une filiation et produisant une preuve composée de mécréants, a jugé recevable leur témoignage. C’est le texte figurant dans la recension de Ḥanbal, Ṣāliḥ et Isḥâq ibn Ibrâhîm ; la raison en est qu’il peut être impossible de réunir des témoins probes. D’après la version transmise par ʿAbd Allâh et Abû Ṭâlib, cela n’est pas permis faute de texte explicite.
Shaykh Taqî ad-Dîn commente : « Sur ce point, toute situation de nécessité non couverte par un texte comporte donc deux versions. Quant à la prestation de serment, les auteurs n’en parlent pas ici ; on peut avancer que l’on ne fait prêter serment que lorsque leur témoignage intervient à titre de remplacement dans le transport de dépôts (*taḥmîl*), contrairement au cas où ils sont des témoins directs ayant eu connaissance des faits sans délégation. »
Il ajoute encore : « Ibn Ṣadaqa rapporte de l’imâm Aḥmad qu’on l’interrogea au sujet d’un homme qui lègue divers biens à ses proches et affranchit des esclaves alors que seules des femmes sont présentes ; leur témoignage est-il alors valable ?…»
وصرح القاضي: بأن العدالة غير معتبرة في هذه الحال، والقرائن تدل عليه، وكذلك الآثار المرفوعة والموقوفة.
وأما المسلمون فصرح القاضي: أنه لا تقبل شهادة فساق المسلمين في هذه الحال، جعله محل وفاق، واعتذر عنه. انتهى كلامه.
وسيأتي في ذكر مسألة: «ومالا يطلع عليه الرجال كعيوب النساء» من كلامه ما يخالفه.
وقال أكثر العلماء ــ منهم الأئمة الثلاثة ــ: لا تقبل شهادتهم على المسلمين بحال، ولم أجد بهذا قولا في مذهبنا) [النكت على المحرر: ٢/ ٢٧٢ - ٢٧٣].
- وقال أيضا: (وقد ذكر القاضي أبو يعلى هذه المسألة، فقال: وقد قال الإمام أحمد في السبي إذا ادعوا نسبا، وأقاموا بينة من الكفار: قبلت شهادتهم، نص عليه في رواية حنبل وصالح وإسحاق بن إبراهيم، لأنه قد تتعذر البينة العادلة. ولم يجز ذلك في رواية عبد الله وأبي طالب، لأنه لا نص في ذلك.
قال الشيخ تقي الدين: فعلى هذا كل موضع ضرورة غير المنصوص فيه روايتان، لكن التحليف هنا لم يتعرضوا له، فيمكن أن يقال: لأنه إنما يحلف حيث تكون شهادتهم بدلا في التحميل، بخلاف ما إذا كانوا أصولا قد علموا من غير تحميل.
وقال أيضًا: نقل ابن صدقة عن الإمام أحمد: سئل الإمام أحمد عن الرجل يوصي بأشياء لأقاربه ويعتق، ولا يحضر إلا النساء، هل تجوز