Il a été dit : les principes mêmes de l’école requièrent que ce jugement soit cassé, car il contredit le texte du Livre. Notre maître (qu’Allah l’agrée) écrit, dans son « Commentaire du Muḥarrar » : « Il y a matière à annuler la sentence d’un cadi qui statue à l’encontre de ce verset, puisqu’il a délaissé l’énoncé explicite du Livre Majestueux pour s’appuyer sur des indices fragiles. » [al-Ṭuruq al-Ḥukmiyya, 149-150]. – Ibn Mufliḥ déclare : « Le témoignage d’un mécréant n’est recevable qu’en cas d’impossibilité de recourir à d’autres témoins, concernant le legs d’un voyageur défunt, qu’il fût musulman ou non. Cet avis est rapporté par l’ensemble des auteurs. Al-Mughnī, al-Rawḍa et notre shaykh précisent qu’il s’agit d’un texte coranique. L’école transmet cependant une version selon laquelle ce témoignage n’est pas admis. Quant à l’exigence qu’il appartienne aux Gens du Livre, deux versions existent ; l’une se contente qu’il soit simplement un homme (1), l’autre qu’il soit un dhimmī (2). Le juge lui fait prêter serment ; pour certains c’est obligatoire, pour d’autres recommandé. Al-Wâḍiḥ précise qu’en cas de doute il prête serment après la prière de ʿAsr en affirmant : « Je n’ai ni trahi ni modifié quoi que ce soit, et il s’agit bien du testament de cet homme. » D’après une autre version, ce témoignage est également admis lorsqu’il concerne un ḥamīl (3) ; selon une autre, dans toute situation de nécessité ; selon une troisième, spécifiquement en voyage – ces deux dernières sont mentionnées par notre shaykh, lequel ajoute : cela s’apparente à l’acceptation du témoignage des femmes dans les ḥudûd lorsqu’elles se trouvent réunies lors d’une noce ou dans un bain public. Une autre version encore retient leur témoignage les unes contre les autres ; cette opinion est défendue par notre shaykh et par Ibn Razīn. » [al-Furūʿ 6/578-579 (11/354-356)]. – Il ajoute : « Shaykh Taqī ad-Dīn s’interroge : faut-il exiger la droiture des mécréants lorsqu’ils témoignent au sujet d’un testament selon leur propre religion ? Le propos général des auteurs laisse entendre que non, alors même que, lorsque nous recevons le témoignage des uns contre les autres, nous tenons compte de leur intégrité au regard de leur confession. »
(1) Dans sa ḥachiya ‘alā al-Furū’, Ibn Qundus précise qu’on tient compte de son statut d’homme, de sorte qu’on n’accepte pas qu’une femme le remplace. (2) Dans sa ḥachiya ‘alā al-Furū’, Ibn Qundus ajoute qu’on dit aussi qu’on le considère dhimmī ; selon ce point de vue, on n’accepte pas qu’un harbī le remplace, mais al-Muqaddam émet une opinion contraire. (3) Dans sa ḥachiya ‘alā al-Furū’, Ibn Qundus explique que par al-ḥamīl on entend al-ghārim, c’est-à-dire celui qui assume la charge de réconcilier des parties en conflit. Et Dieu sait mieux.
قيل: أصول المذهب تقتضي نقض حكمه، لمخالفة نص الكتاب. قال شيخنا ــ (رضي الله عنه) ــ في «تعليقه على المحرر»: ويتوجه أن ينقض حكم الحاكم إذا حكم بخلاف هذه الآية، فإنه خالف نص الكتاب العزيز بدلالات ضعيفة) [الطرق الحكمية ١٤٩ ـ ١٥٠]. - وقال ابن مفلح: (ولا شهادة لكافر إلا عند العدم بوصية ميت في سفر مسلم أو كافر، نقله الجماعة، وذكر في «المغني» و «الروضة» وشيخنا أنه نص القرآن، وفي «المذهب» رواية: لا تقبل، وفي اعتبار كونه كتابيا روايتان، بل رجلا (١)، وقيل: وذميا (٢)، ويحلفه الحاكم، قيل: وجوبا، وقيل: ندبا، وفي «الواضح»: مع ريب، بعد العصر، ما خان ولا حرف وإنها لوصية الرجل، وعنه: وتقبل للحميل (٣)، وعنه: وموضع ضرورة، وعنه: سفرا، ذكرهما شيخنا، قال: كما تقبل شهادة النساء في الحدود، إذا اجتمعن في العرس أو الحمَّام، وعنه: وبعضهم على بعض، نصره شيخنا وابن رزين) [الفروع ٦/ ٥٧٨ - ٥٧٩ (١١/ ٣٥٤ - ٣٥٦)]. - وقال أيضا: (قال الشيخ تقي الدين: وهل تعتبر عدالة الكافرين في الوصية في دينهما؟ عموم كلام الأصحاب يقتضي: أنه لا يعتبر، وإن كنا إذا قبلنا شهادة بعضهم على بعض اعتبرنا عدالتهم في دينهم.
(١) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (أي: يعتبر كونه رجلا، فلا يقبل فيه امرأة). (٢) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (أي: وقيل: ويعتبر كونه ذميا، فعلى هذا: لا يقبل حربي، لكن المقدم خلافه). (٣) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (المراد بالحميل: الغارم لإصلاح ذات البين، والله أعلم).