l’on dise : « En vérité, le serment n’est requis que lorsque leur déposition tient lieu de substitut, comme dans l’affaire du testament, et non lorsqu’ils constituent les témoins principaux. Allah est plus savant. » [al-Ṭuruq al-Ḥukmiyya 148-149]. – Ibn Mufliḥ ajoute : « Notre shaykh (qu’Allah lui fasse miséricorde) s’est demandé si l’on doit exiger la droiture (ʿadâla) des non-musulmans lorsqu’ils témoignent au sujet d’un legs conformément à leur propre religion. La formulation générale de nos auteurs donne à penser que cette condition n’est pas requise, alors même que, lorsque nous recevons le témoignage des uns contre les autres, nous tenons compte de leur intégrité au regard de leur croyance. Le Qâḍî a déclaré explicitement que la droiture n’est pas exigée dans ce cas, et le Coran l’atteste. Il a encore précisé que la déposition de musulmans dévoyés n’est pas recevable ici, considérant ce point comme consensuel et en en donnant l’explication. Quant à la condition que les témoins soient issus des Gens du Livre, deux versions sont rapportées. L’apparence du Coran montre qu’elle n’est pas requise – et c’est l’opinion correcte –, puisque le Très-Haut dit aux croyants : « … ou bien deux autres d’en dehors de vous » (s. 5, v. 106) ; or, ceux qui sont « en dehors » des croyants englobent tous les mécréants sans distinction. De plus, il s’agit d’un cas de nécessité : il arrive que le testateur ne soit entouré que de mécréants non issus des Gens du Livre. Restreindre la règle à ces derniers n’a donc aucun fondement et reviendrait à réduire indûment la portée de la dispense alors que la raison qui la justifie commande son caractère général. Si l’on demande : « Est-il permis, dans ce cas, de juger sur la base du témoignage d’un mécréant et de deux mécréantes ? » – nous dirons : nous ne connaissons aucune prise de position nette à ce sujet, mais il est possible d’en admettre la validité, ce qui correspond à l’analogie : en matière patrimoniale, on reçoit le témoignage d’un homme et de deux femmes. C’est l’avis d’Abû Muhammad Ibn Ḥazm, qui s’appuie sur la portée générale de cette parole du Prophète ﷺ : « Le témoignage de la femme ne vaut-il pas la moitié de celui de l’homme ? » Cette généralité permettrait également, dans notre cas, de juger d’après la déposition de quatre femmes mécréantes ; et, en situation de nécessité, lorsque seules des femmes sont présentes, cela n’a rien d’inconcevable – c’est même le pur fiqh. Si, enfin, l’on demande : « Le jugement rendu en contradiction avec cette prescription coranique doit-il être annulé ? »
يقال: لأنه إنما يحلف حيث تكون شهادتهم بدلا، كما في مسألة الوصية، بخلاف ما إذا كانوا أصولا، والله أعلم) [الطرق الحكمية ١٤٨ - ١٤٩]. - وقال أيضا: (قال شيخنا (رحمه الله): وهل تعتبر عدالة الكافرين في الشهادة بالوصية في دينهما، عموم كلام الأصحاب يقتضي أنها لا تعتبر، وإن كنا إذا قبلنا شهادة بعضهم على بعض اعتبرنا عدالتهم في دينهم. وصرح القاضي بأن العدالة غير معتبرة في هذه الحال، والقرآن يدل عليه. وصرح القاضي أنه لا تقبل شهادة فساق المسلمين في هذا الحال، وجعله محل وفاق، واعتذر عنه، وفي اشتراط كونهم من أهل الكتاب روايتان، وظاهر القرآن: أنه لا يشترط، وهو الصحيح، لأنه سبحانه قال للمؤمنين: ﴿أَوْ آخَرَانِ مِنْ غَيْرِكُمْ﴾ [المائدة: ١٠٦] وغير المؤمنين هم الكفار كلهم، ولأنه موضع ضرورة، وقد لا يحضر الموصى إلا كفار من غير أهل الكتاب، وإن تقييده بأهل الكتاب لا دليل عليه، ولأن ذلك يستلزم تضييق محل الرخصة، مع قيام المقتضي لعمومه. فإن قيل: فهل يجوز في هذه الصورة أن يحكم بشهادة كافر وكافرتين؟ قيل: لا نعرف عن أحد في هذا شيئاً، ويحتمل أن يقال بجواز ذلك، وهو القياس، فإن الأموال يقبل فيها رجل وامرأتان، وهذا قول أبي محمد بن حزم، وهو يحتج بعموم قوله ﷺ : «أليست شهادة المرأة مثل نصف شهادة الرجل؟ » وهذا العموم جوز الحكم أيضا في هذه الصورة بأربع نسوة كوافر، وليس ببعيد عند الضرورة إذا لم يحضره إلا النساء، بل هو محض الفقه. فإن قيل: فهل ينقض حكم من حكم بغير حكم هذه الآية؟