La seconde : leur témoignage contre les musulmans. S’agissant de la première question, les savants – anciens comme récents – ont divergé. Ḥanbal rapporte : « Qabīṣa nous a narré, d’après Sufyān, d’après Abū Ḥuṣayn, d’après al-Shaʿbī : le témoignage du Juif contre le Nazaréen est recevable. » Ḥanbal ajouta : « J’ai entendu Abū ʿAbd Allāh dire : le témoignage des uns contre les autres est admis ; en revanche, contre les musulmans il n’est pas recevable, tandis que le témoignage d’un musulman contre eux l’est. » Al-Khallāl a vigoureusement contesté ce récit attribué à Ḥanbal et n’en a pas retenu la validité. D’autres de nos condisciples, au contraire, l’ont jugé établi et ont conclu que la question repose sur deux traditions. Ils ont dit : dans la version qui l’admet, faut-il exiger l’unité de confession (1) ? Deux avis existent à ce sujet. Tous ont défendu l’irrecevabilité, à l’exception de notre shaykh, qui a opté pour l’acceptation. [al-Ṭuruq al-Ḥukmiyya, p. 137-138 (1/474-475)]. – Il a également dit : « Notre shaykh (qu’Allah lui fasse miséricorde) a déclaré : lorsque l’imam Aḥmad accepte leur témoignage dans ce cas précis (2), c’est à titre de nécessité ; ce raisonnement implique qu’on le reçoive par nécessité, en résidence comme en voyage. Dès lors, si l’on disait qu’ils prêtent serment lorsqu’ils témoignent les uns contre les autres, de la même façon qu’ils jurent lorsqu’ils déposent contre des musulmans pour le testament de voyage, cela serait raisonnable. Et si l’on disait que leur témoignage, accompagné de leur serment, est accepté dans toute situation où les musulmans font défaut, cela se comprendrait également et constituerait un substitut à part entière. »
(1) À l’édition 1 : « al-mas’ala » (la question) ; correction apportée dans l’édition 2. (2) C’est-à-dire : le témoignage des non-croyants à l’encontre des musulmans en voyage.
والثانية: شهادتهم على المسلمين. فأما المسألة الأولى فقد اختلف فيها الناس قديما وحديثا، فقال حنبل: حدثنا قبيصة حدثنا سفيان عن أبي حصين عن الشعبى قال: تجوز شهادة اليهودي على النصراني. قال حنبل: وسمعت أبا عبد الله قال: تجوز شهادة بعضهم على بعض، فأما على المسلمين فلا تجوز، وتجوز شهادة المسلم عليهم. وبالغ الخلال في إنكار رواية حنبل، ولم يثبتها رواية. وأثبتها غيره من أصحابنا، وجعلوا المسألة على روايتين. قالوا: وعلى رواية الجواز فهل يعتبر اتحاد الملة (١)؟ فيه وجهان. ونصروا كلهم عدم الجواز، إلا شيخنا، فإنه اختار الجواز) [الطرق الحكمية ١٣٧ ـ ١٣٨ (١/ ٤٧٤ - ٤٧٥)]. - وقال أيضا: (قال شيخنا (رحمه الله): وقول الإمام أحمد في قبول شهادتهم في هذا الموضع (٢): هو ضرورة، يقتضي هذا التعليل قبولها ضرورة حضرا وسفرا. وعلى هذا، لو قيل: يحلفون في شهادة بعضهم على بعض، كما يحلفون في شهاداتهم على المسلمين في وصية السفر لكان متوجها. ولو قيل: تقبل شهادتهم، مع أيمانهم في كل شيء عدم فيه المسلمون لكان له وجه، ويكون بدلا مطلقا.
(١) في ط ١: (المسألة) , والتصويب من ط ٢. (٢) أي: شهادة الكفار على المسلمين في السفر.