1498 – Le repentir du fâsiq (pécheur notoire) et de l’innovateur (mubtadiʿ)
– Ibn Mufliḥ dit : (Son propos (1) : « Et d’après lui (2), on subordonne — hormis pour le qâdhif — l’acceptation à la réforme des actes pendant un an (3) »). Cela, comme on l’a vu plus haut, parce que ce laps de temps permet de vérifier sa droiture, les passions variant et les tempéraments changeant. D’après al-Shâfiʿî, on trouve deux avis semblables aux deux précédents. Certains ont soutenu : si le péché résulte d’un acte, on ne tient pas compte d’une telle réforme ; sinon, elle demeure exigée. D’autres ont estimé qu’il suffit qu’il s’écoule une durée au terme de laquelle son état puisse être connu.
Le Qâḍî mentionne ailleurs que, pour celui qui se repent d’une innovation, on exige qu’une année complète s’écoule, sur la base du récit de Ṣubaygh : quand ʿUmar — qu’Allah l’agrée — le frappa, il ordonna de le boycotter jusqu’à ce que sa repentance lui parvienne, prescrivant qu’on ne lui parle pas avant l’expiration d’un an. Ce récit est rapporté par l’imâm Aḥmad — qu’Allah l’agrée.
Al-Marwazî (4) rapporte d’Aḥmad qu’il a dit : « On ne parle pas à celui qui se repent d’une innovation avant qu’un an ne se soit écoulé, tout comme ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb avait ordonné de ne pas adresser la parole à Ṣubaygh avant un an. » Il ajouta : « Un signe manifeste de la sincérité de son repentir, durant cette année, consiste à l’observer : s’il se met à soutenir ceux qu’il combattait à cause de son innovation et à s’opposer à ceux qu’il soutenait, alors son repentir est authentique. »
Le Qâḍî a toutefois retenu ailleurs que le repentant d’une innovation est assimilé aux autres repentants, si bien qu’on n’exige pas de lui la réforme préalable de ses actes.
Au sujet de ce texte, il dit : « C’est la voie de la préférence et de la prudence. »
Il rapporta encore : « L’imâm Aḥmad, dans la version transmise par Yaʿqûb — à propos d’un homme parmi les sceptiques… »