1496 – Distinction entre le témoignage du qâdhif et son khabar (récit de ḥadith) Ibn Mufliḥ rapporte : « Le Qâḍî, dans al-ʿUdda, a dit : Quant à Abû Bakra et à ceux qui furent flagellés avec lui, on ne rejette pas leur khabar, car ils se sont présentés en qualité de témoins et leurs propos n’étaient pas une accusation explicite de fornication. Les savants divergent, par ailleurs, sur l’obligation d’appliquer le ḥadd dans les questions où l’ijtihâd est admissible ; or, un témoignage n’est pas écarté lorsqu’il porte sur un point sujet à ijtihâd. De plus, le défaut du nombre requis tient à la forme plutôt qu’au fond et ne saurait, à lui seul, invalider leur témoignage. » Fin de citation. On peut défendre cette position en soutenant qu’il s’agit là de l’un des deux types de qadhf ; par conséquent, témoignage et narration ont ici le même statut de recevabilité, comme dans l’autre type : en effet, celui qui diffame par injure verbale ne voit ni son témoignage ni sa narration acceptés tant qu’il ne s’est pas repenti, opinion que l’on rapporte également de l’imâm al-Shâfiʿî. Shaykh Taqî al-Dîn, commentant immédiatement les propos du Qâḍî, déclare : « Le sens global de ces paroles est que l’on accepte à la fois son khabar et son témoignage. Cela contredit toutefois l’avis le plus répandu. Ce que l’on tient d’ʿUmar, lorsqu’il s’adressa à Abû Bakra, est : “Repens-toi, et j’accepterai ton témoignage.” Les gens ont cependant reçu favorablement les récits de ḥadith d’Abû Bakra. Il est donc possible que son témoignage soit rejeté, comme s’il avait été flagellé, tout en acceptant son khabar, à l’instar de celui qui, s’appuyant sur une interprétation erronée, aurait bu du nabîdh ou autre chose de semblable. En effet, un khabar n’est pas invalidé pour les mêmes soupçons que ceux qui rendent un témoignage irrecevable : parenté, amitié, inimitié, intérêt commun entre l’informateur et la personne informée, etc., à la différence du témoignage. » Fin de citation. (al-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar 2/250-251) 1497 – Le repentir du qâdhif Ibn Mufliḥ rapporte : « Shaykh Taqî al-Dîn a dit : Il est concevable d’interpréter sa parole (1) – “lorsqu’il se déclare lui-même menteur” – comme visant le témoignage de qadhf, à l’exemple de l’affaire d’Abû Bakra. » (al-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar 2/255)
(1) À savoir l’imam Ahmad.
١٤٩٦ - التفريق بين شهادة القاذف وخبره: - قال ابن مفلح: (قال القاضي في «العدة»: فأما أبو بكرة ومن جُلد معه فلا يرد خبرهم، لأنهم جاءوا مجيء الشهادة، وليس بصريح في القذف، وقد اختلفوا في وجوب الحد فيما يسوغ فيه الاجتهاد، ولا ترد الشهادة بما يسوغ فيه الاجتهاد، ولأن نقصان العدد من معنى وجهة غيره، فلا يكون سببا في رد شهادته. انتهى كلامه. ويوجه بأنه أحد نوعي القذف، فاستوت فيه الشهادة والرواية في القبول كالنوع الآخر، فإن القاذف في الشتم لا تقبل شهادته ولا روايته حتى يتوب، وحكي هذا عن الشافعي. قال الشيخ تقي الدين ــ عقيب كلام القاضي المذكور ــ: مضمون هذا الكلام: أنه يقبل خبره وشهادته، وهو خلاف المشهور، والمحفوظ عن عمر في قوله لأبي بكرة: تب، أقبل شهادتك، ولكن الناس قبلوا رواية أبي بكرة، فيجوز أن ترد شهادته كما لو جلد، ويقبل خبره كالمتأول في شرب النبيذ ونحو ذلك، ولأن الخبر لا يرد بالتهمة التي ترد بها الشهادة، من قرابة أو صداقة أو عداوة أو نحو ذلك، أو لاشتراك المخبر والمخبر فيه بخلاف الشهادة. انتهى) [النكت على المحرر: ٢/ ٢٥٠ - ٢٥١]. ١٤٩٧ - توبة القاذف: - قال ابن مفلح: (وقال الشيخ تقي الدين: ويتوجه أن يحمل قوله (١): «إذا أكذب نفسه» على الشهادة بالقذف، كقضية أبي بكرة) [النكت على المحرر: ٢/ ٢٥٥].
(١) أي: الإمام أحمد.