Il ajouta : « Si l’on objecte : “Son témoignage devrait être admis avant que ne soit constatée son incapacité à produire la preuve, puisqu’aucun jugement de mensonge n’a encore été prononcé”, nous répondrons : s’il n’est pas reçu dès ce moment, c’est que le qadhf (l’accusation de fornication) constitue en soi une atteinte à la ʿadāla (probité) ; il fait donc planer un doute sur la recevabilité du témoignage, exactement comme lorsqu’une partie récuse les témoins. Shaykh Taqî al-Dîn commente : « Cela montre que l’on suspend l’acceptation du témoignage après l’accusation et avant que l’incapacité ne soit avérée. » Il poursuit : « On a soutenu qu’il se peut qu’il produise la preuve avant que le ḥadd (peine légale) ne soit appliqué ; son incapacité n’étant alors pas encore établie, son témoignage devrait être reçu. » La réponse est la suivante : la simple possibilité qu’il apporte la preuve n’empêche pas de lui appliquer le ḥadd, pas plus qu’elle n’empêche de rejeter son témoignage ; en effet, l’exécution d’un ḥadd n’est licite qu’après que sa cause est établie, comme pour toutes les peines. Dès lors qu’il est permis d’exécuter la peine dans cette situation, il devient obligatoire de le déclarer fâsiq (pécheur notoire) et d’écarter son témoignage. Shaykh Taqî al-Dîn conclut : « Il ressort donc que le qâdhif (l’accusateur) peut se trouver dans trois états : 1) on ne lui demande pas la preuve ; 2) on la lui demande et il en est incapable ; 3) on la lui demande et il part la chercher. Dans ce dernier cas, on lui accorde trois jours ; s’il n’apporte rien, il est déclaré fâsiq, et s’il s’est simplement mis en quête de la preuve, il est assimilé à un témoin dont la fiabilité est contestée. » S’il n’est ni poursuivi pour le ḥadd ni sommé de produire la preuve, alors, d’après l’implication des propos du Qâḍî, son intégrité demeure intacte, ce qui correspond au sens apparent du Coran. Ses secondes paroles peuvent toutefois laisser entendre qu’il reste sujet à contestation. Et, selon la règle générale voulant que le qadhf entraîne le statut de fâsiq, son témoignage n’est pas recevable. Fin de citation. (al-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar, 2/249-250).
ثم قال: فإن قيل: فيجب أن تقبل شهادته قبل عجزه عن إقامة البينة، لأنه لم يحكم بكذبه. قيل: إنما لم تقبل شهادته قبل ذلك، لأن القذف سبب في القدح في العدالة، فأكسب ذلك شبهة في قبولها، كطعن الخصم في الشهود. قال الشيخ تقي الدين: هذا يدل على أنه يتوقف عن القبول بعد القذف وقبل العجز، ثم قال: واحتج بأنه يجوز أن يأتى بالبينة قبل وقوع الحد عليه فلا يتبين عجزه عن إقامة البينة قبل وقوع الحد عليه، فيجب أن تقبل شهادته. والجواب: أن هذا التجويز لم يمنع من إقامة الحد عليه، كذلك لا يمنع من رد الشهادة، لأن الحد لا يجوز استيفاؤه إلا بعد ثبوت سببه كسائر الحدود، فلما جاز استيفاؤه في هذا الحال وجب الحكم بفسقه ورد شهادته. قال الشيخ تقي الدين: فقد تحرر أن القاذف له ثلاثة أحوال: أحدها: أن لا تطلب منه البينة. الثاني: أن تطلب منه فيعجز. الثالث: أن تطلب منه فيذهب ليأتي بها، وهنا يتوجه أن ينظر ثلاثة أيام، فمن عجز فهو فاسق، ومتى ذهب ليأتي بها فهو بمنزلة المطعون فيه. وإن لم يطالب بالحد ولا بالبينة فهنا على مقتضى كلام القاضي لم تزل عدالته، وهو ظاهر القرآن، ويحتمل كلامه الثاني: أن يكون مطعونا فيه، وعلى عموم كلامهم في أن القذف يوجب الفسق: لا تقبل شهادته. انتهى كلامه) [النكت على المحرر: ٢/ ٢٤٩ - ٢٥٠].