1488 – Produire une déposition avant qu’elle ne soit sollicitée :
– Ibn Mufliḥ déclare : « … Notre shaykh affirme que la demande implicite, qu’elle soit fondée sur l’usage ou liée à la situation présente, équivaut à une demande formulée verbalement (1), que l’intéressé en ait connaissance ou non ; tel est le sens manifeste du hadith. Quant à la parole : « Il témoigne sans qu’on l’y appelle », elle concerne le faux témoignage (2). Par ailleurs, la déposition n’est le droit exclusif de personne ; si tel avait été le cas, il eût fallu obligatoirement en informer l’intéressé et l’on ne l’aurait pas assumée sans son autorisation.
Il ajoute, dans « Sa réfutation du Râfiḍî » : si le témoin produit sa déposition avant qu’elle ne lui soit demandée, il s’acquitte de l’obligation et cela est préférable, à l’instar de celui qui restitue un dépôt dès que le besoin s’en fait sentir. La question, précise-t-il, est comparable à la divergence concernant le jugement prononcé avant qu’il ne soit sollicité. »⦗al-Furūʿ 6/551 (11/310-311)⦘ (3)
(1) Dans sa Hachiya sur Al-Furuʿ, Ibn Qundus écrit : « Il évoque ici l’accomplissement du témoignage avant qu’il ne soit sollicité. Quant à son accomplissement avant la réclamation, cela a été traité précédemment, à la fin du chapitre des demandes, dans la section intitulée “Ni la demande n’est valable, ni n’est entendue.” »
(2) Toujours dans sa Hachiya sur Al-Furuʿ, Ibn Qundus signale deux rapports : l’un porte réprobation sur le témoin qui atteste sans se porter lui-même témoin, fondé sur le propos du Prophète ﷺ : « Les meilleurs des hommes sont ma génération, puis ceux qui leur succèdent, puis ceux qui leur succèdent. » Le narrateur précise : « Je ne sais s’il entendait deux ou trois générations après la sienne. Ensuite viendront des gens qui menacent sans tenir leurs promesses et témoignent sans être appelés. » Ce passage est rapporté par al-Bukhârî. Abu Dâwûd, pour sa part, rapporte : « Ne voulez-vous pas que je vous indique le meilleur des témoins ? C’est celui qui apporte son témoignage avant même qu’on ne le lui demande. » Certains savants appliquent le premier récit au faux témoin (qui témoigne mais refuse qu’on l’appelle), et le second à un autre contexte ; d’autres considèrent que le rapport d’al-Bukhârî concerne le témoin informé de son témoignage, tandis que celui d’Abu Dâwûd s’applique à celui qui en ignore la portée.
(3) Minhâj as-Sunnah, vol. 8, pp. 385-386 ; al-Ikhtiyârât d’al-Baʿlî, p. 513 ; voir également al-Fatâwâ, vol. 20, p. 126.