tandis qu’Abû Ḥanîfa considère que la personne mise en cause possède, dans ce mandat, un droit propre. Par conséquent, la wakâla (mandat) visant à intenter une action n’est recevable qu’avec l’accord de l’adversaire. Or, si l’on pousse ce raisonnement jusqu’au bout, il faut admettre que la ḥawâla (transfert de dette) se confirme elle aussi sans la présence de la personne sur laquelle pèse désormais l’obligation, puisque son consentement n’est pas exigé ; de même, le décès et la détermination du nombre d’héritiers se prouvent sans la comparution du débiteur ou du dépositaire. De la même façon, si quelqu’un prétend avoir acheté la maison de Zayd – lequel est absent –, il lui est permis d’en apporter la preuve sans la présence de celui qui détient actuellement le bien. En résumé, chaque fois qu’une personne est débitrice, ou qu’elle a en main un bien déterminé, dès lors que son consentement n’est pas requis pour le remettre ou pour le faire sortir de son patrimoine, sa présence n’est pas non plus requise pour en établir la réalité. Partant, la wakâla peut être établie par la simple connaissance qu’en a le juge, tout comme on reçoit un témoignage. Le mandat confié par ʿAlî ibn Abî Ṭâlib à ʿAbd Allâh ibn Jaʿfar en fait foi : il informa les califes qu’il l’avait mandaté, sans recourir à des témoins ni confirmer l’acte devant un adversaire. Tout ce qui précède concerne l’absence de la personne mise en cause ; mais, si elle se trouve dans la même ville, il ne fait aucun doute que son consentement est pris en considération, et la preuve du mandat peut même lui porter préjudice. Or, si l’on exigeait sa présence, il deviendrait impossible de l’établir par témoignage, car son déni équivaudrait – selon l’un des avis – à la révocation du mandataire. On pourrait alors dire qu’il ne s’agit pas d’un jugement rendu contre lui, mais plutôt, sous un autre angle, en sa faveur : en effet, la désignation d’un mandataire s’apparente à la tutelle exercée pour l’audition d’un témoignage alors que l’intéressé réside dans la ville. Relève du même principe la lettre qu’un cadi adresse à un autre cadi pour l’informer d’un jugement qu’il a rendu. Fin de citation. ⦗An-Nukat 2/236-237⦘ — Il dit encore : « Al-Jawzajânî rapporte : “On interrogea l’imâm Aḥmad au sujet d’un homme prétendant être le mandataire d’une personne absente.” Il répondit : “Si la chose est établie devant le juge, elle est valable.” Shaykh Taqî ad-Dîn commente : “Dans ce cas, la validité du mandat et la réception du témoignage reposent sur la seule affirmation du demandeur quant à sa qualité de mandataire, sans la présence d’un défendeur ; il en va de même pour la waṣiyya (la disposition testamentaire).”
للموكل عليه فيها حقًا، ولهذا لا يجوز الوكالة بالخصومة إلا برضى الخصم، لكن طرد هذه العلة: أن الحوالة بالحق أيضا تثبت من غير حضور المحال عليه، لأنه لا يعتبر رضاه، وكذلك الوفاة، وعدد الورثة يثبت من غير حضور المدين والمودع، وكذلك لو ادعى أنه ابتاع دار زيد الغائب، فله أن يثبت ذلك من غير حضور مَنِ الدارُ في يده. وحاصله: أن كل من عليه دين لو عنده عين، إذا لم نعتبر رضاه في إقباضها أو إخراجها عن ملكه لا يعتبر حضوره في ثبوتها. وعلى هذا: فيجوز أن تثبت الوكالة بعلم القاضي كما تثبت الشهادة، وتوكيل علي بن أبي طالب لعبد الله بن جعفر كالدليل على ذلك، فإنه أعلم الخلفاء أنه وكله، ولم يشهد على ذلك، ولا أثبتها في وجه خصم. وهذا كله في غيبة الموكل عليه، فأما الموكل إذا كان حاضرا في البلد فلا ريب أن رضاه معتبر في الوكالة، وقد يكون عليه ضرر في ثبوتها، فإن اشترط حضوره تعذر إثباتها بالبينة، لأن جحوده عزل في أحد الوجهين، فهنا قد يقال: ليس في هذا قضاء عليه، بل هو له من وجه آخر، فإن التوكيل مثل الولاية بالشهادة على المولى، مع حضوره في البلد، ومن هذا كتاب الحاكم إلى الحاكم فيما حكم به. انتهى كلامه) [النكت على المحرر: ٢/ ٢٣٦ - ٢٣٧]. - وقال أيضا: (وقال الجوزجاني: سئل الإمام أحمد عن رجل ادعى وكالة رجل غائب؟ قال: إذا ثبت ذلك عند الحاكم فهو جائز. قال الشيخ تقي الدين: في هذه المسألة ثبوت الوكالة، وسماع البينة بمجرد دعوى المدعي للوكالة من غير حضور مدعًى عليه، فكذلك الوصية،