est comparable à l’avantage que procure la procédure de *shahāda ʿalā shahāda* (témoignage relayé). De même, lorsqu’une lettre du juge (1) ne vise qu’à constater purement un droit, on se trouve en présence d’un seul demandeur sans défendeur présent. Dans notre cas, toutefois, l’existence d’un défendeur potentiel est redoutée ; le demandeur ne sollicite du juge que l’audition de la preuve ou de l’aveu, comme on le fait devant les témoins de second rang. Le juge déclare alors : « La chose est établie devant moi sans défendeur. » Plusieurs juristes l’ont attesté et certains juges l’ont pratiquée, tandis que des groupes parmi les hanafites, les shaféites et les hanbalites l’ont refusée, estimant que le jugement a pour but de trancher le différend, et que celui qui recourt au « défendeur factice » (*al-khaṣm al-musakhkhar*) ne fait qu’instaurer artificiellement un litige pour aussitôt le clore.
Notre Shaykh rapporte également ce que le qâḍî dit de la ruse employée par les hanafites pour faire entendre la preuve en l’absence de défendeur : l’acheteur, auquel le vendeur a reconnu la vente, a déjà pris possession du bien et réglé le prix ; il ne réclame rien et l’on ne réclame rien contre lui. Son seul but est de consolider l’aveu ou le contrat, et l’objectif est que le juge entende la preuve et statue en conséquence, sans défendeur et sans qu’aucune partie n’intente d’action, mais par crainte qu’un adversaire n’apparaisse plus tard. Dès lors, cette constatation vaut preuve au même titre qu’un témoignage. Si le juge refuse d’entendre la preuve sans ce subterfuge procédural, il s’en abstient totalement et l’objectif que visait cette ruse se trouve anéanti.
Notre Shaykh ajoute : ses propos montrent qu’il n’a, quant à lui, nul besoin de ce stratagème. Je pense que les shaféites partagent son rejet de cette pratique attribuée aux hanafites, bien que nombre de juges shaféites et hanbalites postérieurs s’y soient associés aux côtés des hanafites et l’aient appelée « le défendeur asservi ». Quant à notre principe correct, ainsi qu’à celui de Mâlik, soit nous interdisons toute action intentée sans adversaire contredisant, et les droits sont alors établis par des témoignages de second degré,
(1) Dans la première édition : « idh ». Cette graphie est attestée dans la deuxième édition et dans le manuscrit (p. 390).
كفائدة الشهادة على الشهادة، وهو مثل كتاب القاضي إذا (١) كان فيه ثبوت محض، فإنه هناك يكون مدع فقط بلا مدعى عليه حاضر، لكن هنا المدعى عليه متخوف، وإنما المدعي يطلب من القاضي سماع البينة أو الإقرار، كما يسمع ذلك شهود الفرع، فيقول القاضي: ثبت ذلك عندي بلا مدعى عليه، وقد ذكره قوم من الفقهاء وفعله طائفة من القضاة، ولم يسمعها طوائف من الحنفية والشافعية والحنبلية، لأن القصد بالحكم فصل الخصومة، ومن قال بالخصم المسخر نصب الشر ثم قطعه.
وذكر شيخنا أيضا ما ذكره القاضي من احتيال الحنفية على سماع البينة من غير وجود مدعى عليه، فإن المشتري المقر له بالبيع قد قبض المبيع وسلم الثمن، فهو لا يدعي شيئا ولا يُدَّعى عليه شيء، وإنما غرضه تثبيت الإقرار أو العقد، والمقصود سماع القاضي البينة وحكمه بموجبها، من غير وجود مدعى عليه، ومن غير مدع على أحد، لكن خوفا من حدوث خصم مستقبل، فيكون هذا الثبوت حجة بمنزلة الشهادة، فإن لم يكن القاضي يسمع البينة بلا هذه الدعوى، وإلا امتنع من سماعها مطلقا، وعطل هذا المقصود الذي احتالوا.
قال شيخنا: وكلامه يقتضي أنه هو لا يحتاج إلى هذا الاحتيال، وأظن الشافعية موافقيه في إنكار هذا على الحنفية، مع أن جماعات من القضاة المتأخرين من الشافعية والحنبلية دخلوا مع الحنفية في ذلك، وسموه الخصم المسخر، وأما على أصلنا الصحيح وأصل مالك، فإما أن نمنع الدعوى على غير خصم منازع فتثبت الحقوق بالشهادات على الشهادات،
(١) في ط ١: (إذ)، والمثبت من ط ٢ والنسخة الخطية (ص ٣٩٠).