Chapitre des litiges
1474 – Lorsque les deux époux, ou leurs héritiers, contestent la propriété du mobilier de la maison :
1475 – Et lorsque deux artisans se disputent l’outillage de leur boutique :
– Ibn Mufliḥ déclare : « Si un mari et sa femme, ou leurs héritiers, ou l’un d’eux avec les héritiers de l’autre — quand bien même l’un serait esclave, ainsi que le rapporte Muhannâ — sont en litige au sujet du mobilier de la maison (1), tout ce qui convient habituellement à l’homme lui revient (2), et inversement ce qui sied à la femme est à elle. À défaut d’usage clair, on partage entre eux. Selon un autre avis, on ne se fonde pas sur la coutume ; al-Athram rapporte que le muṣḥaf appartient aux deux, mais si elle ne lit pas ou ne sait pas s’en servir, il revient à l’homme.
De même, si deux artisans se querellent à propos des outils de leur échoppe, chaque instrument propre à un métier revient à l’artisan concerné.
Al-Qâḍî, au sujet de ces deux situations, affirme : si la chose litigieuse se trouve sous la garde apparente des deux parties, elle est partagée entre elles ; si elle est dans la seule possession de l’une, elle lui appartient. Le même raisonnement vaut pour les cas évoqués plus haut.
Notre Shaykh précise : les propos d’al-Qâḍî dans « at-Taʿlîq » impliquent que lorsque l’objet revendiqué est entre leurs deux mains, il est partagé, même s’ils ne possèdent pas de boutique, comme c’est le cas du couple. ⦗al-Furūʿ 6/519 (11/257)⦘
1476 – Lorsque le bien revendiqué se trouve entre les mains d’un tiers :
– Ibn Mufliḥ dit : « Si le bien est détenu par un tiers qui le réclame pour lui-même, il prête serment, séparément, à chacun des deux adversaires. S’il refuse de jurer, on lui retire le bien ainsi que tout ce qui le remplace, puis on tire au sort pour l’attribuer (3). Un autre avis veut que les deux parties le partagent, comme dans le cas où il a refusé de prêter serment. »
(1) C’est-à-dire le mobilier de la maison, comme on le trouve dans al-Mutlaʿ (p. 281).
(2) Ibn Qudans écrit dans sa Hashiyya ʿalā al-Furūʿ : « c’est-à-dire pour l’homme avec yaminihi et pour la femme avec yaminīhā », mention qu’il retrouve dans al-Mughni.
(3) Dans l’édition 2 et le manuscrit (p. 389), on lit «ʿalayhimā», alors que l’édition 1 conserve la leçon attestée.
باب الدعاوى
١٤٧٤ - إذا تنازع الزوجان أو ورثتهما في قماش البيت:
١٤٧٥ - وإذا تنازع صانعان في آلة دكانهما:
- قال ابن مفلح: (وإن تنازع زوجان، أو ورثتهما، أو أحدهما وورثة الآخر ــ ولو أن أحدهما مملوك، نقله مهنا ــ في قُماش البيت (١)، فما صلح للرجل فهو له (٢)، وعكسه بعكسه، وإلا فبينهما، وقيل: ولا عادة، نقل الأثرم: المصحف لهما، فإن كانت لا تقرأ أو لا تعرف بذلك فله.
وكذا صانعان في آلة دكانهما، فآلة كل صنعة لصانعها.
وقال القاضي في المسألتين: إن كان بيدهما المشاهدة فبينهما، وإن كان بيد أحدهما المشاهدة فله، ويتوجه طرده فيما تقدم.
قال شيخنا: وكلام القاضي في «التعليق» يقتضي أن المدعى متى كان بيديهما، وإن لم يكونا بدكان كالزوجين) [الفروع ٦/ ٥١٩ (١١/ ٢٥٧)].
١٤٧٦ - إذا كانت العين المدعاة بيد ثالث:
- قال ابن مفلح: (وإن كانت بيد ثالث فادعاها لنفسه حلف لكل واحد يمينا، فإن نكل أخذاها منه وبدلها، واقترعا عليها (٣)، وقيل: يقتسمانها كناكل
(١) أي: متاع البيت، كما في «المطلع» (٢٨١).
(٢) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (أي: للرجل مع يمينه، وللمرأة مع يمينها، ذكره في «المغني»).
(٣) في ط ٢ والنسخة الخطية (ص ٣٨٩): (عليهما)، والمثبت من ط ١.