1459 – Le jugement fondé sur le témoignage d’une femme et le serment du demandeur : – Ibn al-Qayyim rapporte : « Notre maître – qu’Allah sanctifie son âme – a dit : “S’il était avancé que l’on peut statuer sur la base du témoignage d’une seule femme et du serment du demandeur, l’opinion serait recevable. En effet, les deux femmes n’ont été placées à la place de l’homme qu’au moment de la consignation du témoignage, afin que, si l’une oublie, l’autre le lui rappelle, ce qui diffère de la déposition devant le juge. Or, ni dans le Livre ni dans la sunna il n’est stipulé qu’il ne soit jugé qu’avec le témoignage de deux femmes. De même, le fait qu’Il ait ordonné de recourir à deux femmes lors de la consignation n’implique pas que l’on ne puisse juger avec moins qu’elles. Allah – exalté soit-Il – a prescrit, pour les dettes, de prendre deux témoins masculins ; à défaut, un homme et deux femmes ; pourtant, le juge statue avec un seul témoin accompagné du serment du demandeur, et prononce également sur la base du *nukûl* (refus de prêter serment), du *yamîn mardûda* (serment retourné) et d’autres moyens encore. Ainsi, les voies dont dispose le juge pour prononcer sa sentence sont plus larges que celles par lesquelles Allah a guidé le détenteur d’un droit afin qu’il le préserve. Il est d’ailleurs établi dans le Ṣaḥîḥ que le Prophète ﷺ fut interrogé par ʿUqbah ibn al-Hârith, qui dit : « J’ai épousé une femme et voilà qu’une servante noire est venue en affirmant : “Je vous ai allaités tous les deux.” » Le Prophète lui ordonna alors de se séparer de son épouse. ʿUqbah répliqua : « Elle ment. » Le Prophète répondit : « Laisse-la, éloigne-toi d’elle. » Ce hadith atteste donc l’acceptation du témoignage d’une seule femme, fût-elle esclave, ainsi que la recevabilité de son témoignage sur son propre acte. Ce principe fonde la validité du témoignage du répartiteur (*qâsim*), de l’estimateur de récoltes (*khâriṣ*), du peseur et du mesureur sur leurs propres actes.” [Iʿlâm al-Muwaqqiʿîn 1/95-96] (1). Voir également les numéros (1528) et (1530).
(1) Voir : al-Ikhtiyarat d’al-Ba‘lī, p. 525.
١٤٥٩ - الحكم بشهادة امرأة ويمين الطالب: - قال ابن القيم: (قال شيخنا قدس الله روحه: ولو قيل: يحكم بشهادة امرأة ويمين الطالب لكان متوجها، قال: لأن المرأتين إنما أقيمتا مقام الرجل في التحمل لئلا تنسى إحداهما، بخلاف الأداء، فإنه ليس في الكتاب ولا في السنة أنه لا يحكم إلا بشهادة امرأتين، ولا يلزم من الأمر باستشهاد المرأتين وقت التحمل ألا يحكم بأقل منهما، فإنه سبحانه أمر باستشهاد رجلين في الديون، فإن لم يكونا رجلين فرجل وامرأتان، ومع هذا فيحكم بشاهد واحد ويمين الطالب، ويحكم بالنكول والرد وغير ذلك. فالطرق التي يحكم بها الحاكم أوسع من الطرق التي أرشد الله صاحب الحق إلى أن يحفظ حقه بها، وقد ثبت في الصحيح عن النبي ﷺ أنه سأله عقبة بن الحارث، فقال: إني تزوجت امرأة، فجاءت أمة سوداء، فقالت: إنها أرضعتنا، فأمره بفراق امرأته، فقال: إنها كاذبة، فقال: «دعها عنك». ففي هذا: قبول شهادة المرأة الواحدة وإن كانت أمة، وشهادتها على فعل نفسها، وهو أصل في شهادة القاسم، والخارص، والوزان، والكيال، على فعل نفسه) [إعلام الموقعين ١/ ٩٥ ـ ٩٦] (١). وانظر: ما يأتي برقم (١٥٢٨) ورقم (١٥٣٠).
(١) انظر: «الاختيارات» للبعلي (٥٢٥).