que la Loi révélée n’assure pas la bonne gouvernance du monde ni l’intérêt de la communauté ; ils ont alors franchi les limites d’Allah, et l’ignorance des deux camps quant à la réalité de la sharʿ a engendré toutes sortes d’injustices, d’innovations et de procédés politiques abusifs. Les uns(1) ont compté ces pratiques au nombre même de la sharʿ ; les autres les ont posées en pendant, voire en rivales de celle-ci, prétendant que la Loi serait incomplète et incapable de pourvoir aux intérêts des hommes. Quant aux premiers, ce qu’ils ont cru saisir de formules générales et inconditionnelles, ils l’ont érigé en sharʿ, quand bien même cela contredirait les preuves et indices authentiques. Ces deux groupes se trompent au sujet de la Loi d’une manière particulièrement grave et blâmable. Leur égarement provient de leur défaillance à connaître la sharʿ qu’Allah a révélée à Son Messager et instituée parmi Ses serviteurs, ainsi qu’on l’a déjà expliqué. En effet, Il a fait descendre le Livre en toute vérité afin que les hommes observent l’équité. Il n’a pas permis de démentir un véridique ni d’annuler un indice ou signe attestant la vérité. Il a simplement ordonné de vérifier l’information rapportée par un pervers, sans prescrire son rejet absolu : qu’un indice en confirme la véracité, on l’accepte ; qu’un signe en démontre la fausseté, on le rejette. Son jugement va de pair avec la vérité, et la vérité accompagne Son jugement, où qu’elle se trouve, auprès de qui que ce soit et selon toute preuve valable. Ainsi, nombre de ceux-là ont étendu indûment la portée de ce qu’ils prenaient pour des signes et indices, fondant sur eux des décisions ; tandis que beaucoup des autres ont négligé des preuves et marqueurs évidents qu’ils croyaient impropres à l’établissement des jugements.
(1) Le passage allant de ce point jusqu’au mot « fasl » (section) ne figure pas dans l’édition imprimée des Fatawa. J’ignore s’il a été omis ou s’il s’agit d’une addition d’Ibn al-Qayyim.
أن الشرع لا يقوم بسياسة العالم، ومصلحة الأمة، وتعدوا حدود الله، وتولد من جهل الفريقين بحقيقة الشرع خروج عنه إلى أنواع من الظلم، والبدع، والسياسة. جعلها (١) هؤلاء من الشرع، وجعلها هؤلاء قسيمة ومقابلة له، وزعموا أن الشرع ناقص، لا يقوم بمصالح الناس، وجعل أولئك ما فهموه من العموميات والإطلاقات هو الشرع، وإن تضمن خلاف ما شهدت به الشواهد والعلامات الصحيحة. والطائفتان مخطئتان في الشرع أقبح خطأ، وأفحشه، وإنما أتوا من تقصيرهم في معرفة الشرع، الذي أنزله الله على رسوله، وشرعه بين عباده، كما تقدم بيانه. فإنه أنزل الكتاب بالحق ليقوم الناس بالقسط، ولم يسوغ تكذيب صادق، ولا إبطال أمارة وعلامة شاهدة بالحق، بل أمر بالتثبت في خبر الفاسق، ولم يأمر برده مطلقا، حتى تقوم أمارة على صدقه فيقبل، أو كذبه فيرد، فحكمه دائر مع الحق، والحق دائر مع حكمه أين كان، ومع من كان، وبأي دليل صحيح كان. فتوسع كثير من هؤلاء، في أمور ظنوها علامات، وأمارات أثبتوا بها أحكاما، وقصر كثير من أولئك عن أدلة، وعلامات ظاهرة ظنوها غير صالحة لإثبات الأحكام.
(١) من هنا إلى كلمة (فصل) غير موجود في مطبوعة «الفتاوى» فلا أدري هل سقط منها، أم أنه من زيادات ابن القيم؟