Et puisque la simple comparution devant le juge constitue déjà une entrave assimilable à la détention, les savants ont divergé : le défendeur convoqué doit-il comparaître dès que l’action est intentée, ou bien n’est-il tenu de se présenter qu’après que le demandeur a apporté la preuve qu’il existe un fondement à sa plainte ? Deux opinions sont rapportées, toutes deux attribuées à Aḥmad. La première – soutenue par Abû Ḥanîfa et al-Shâfiʿî – impose la comparution immédiate ; la seconde – adoptée par Mâlik – la subordonne à la justification préalable de l’action.
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Certains auteurs ont estimé que l’emprisonnement pour suspicion relève du gouverneur chargé des affaires militaires (walî al-ḥarb) et non du qâḍî. Cette position est mentionnée par plusieurs disciples d’al-Shâfiʿî, tels Abû ʿAbd Allâh az-Zubayrî, al-Mâwardî et d’autres, ainsi que par divers compilateurs des traités de déontologie judiciaire.
Ils ont également divergé au sujet de la durée de cette détention : doit-elle être fixée a priori ou laissée à l’ijtihâd du gouverneur et du juge ? Deux avis sont rapportés par al-Mâwardî, Abû Yaʿlâ et d’autres. Az-Zubayrî la limite à un mois ; al-Mâwardî, pour sa part, ne fixe aucune durée précise.
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Troisième cas : lorsque le suspect est notoirement débauché – vol, brigandage, meurtre, etc. – il est d’autant plus légitime de l’emprisonner ; si l’on peut détenir une personne à l’identité incertaine, à plus forte raison celle-ci.
Notre maître Ibn Taymiyya (qu’Allah lui fasse miséricorde) a déclaré : « Je n’ai connaissance d’aucun imâm parmi les musulmans qui affirme que, dans toutes ces actions en justice, le défendeur se contente de prêter serment puis est relâché sans aucune détention ni autre mesure. Pris dans son acception absolue, cela n’est le madhhab d’aucun des quatre imâms, ni d’aucun autre. »
Quiconque prétend que cette règle générale et sans restriction représente la Loi révélée (sharʿ) commet une erreur grossière, en contradiction flagrante avec les textes du Messager d’Allah ﷺ et avec l’unanimité de la communauté.
C’est précisément à cause de pareilles méprises que des gouverneurs se sont permis de s’écarter de la Loi, s’imaginant
ولما كان حضور مجلس الحاكم تعويقا من جنس الحبس تنازع العلماء: هل يحضر الخصم المطلوب بمجرد الدعوى، أو لا يحضر حتى يبين المدعي أن للدعوى أصلا؟ على قولين، هما روايتان عن أحمد، والأول: قول أبي حنيفة والشافعي، والثاني: قول مالك.
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ومنهم من قال: الحبس في التهم إنما هو لوالي الحرب دون القاضي، وقد ذكر هذا طائفة من أصحاب الشافعي كأبي عبد الله الزبيري والماوردي وغيرهما، وطائفة من أصحاب المصنفين في أدب القضاة وغيرهم.
واختلفوا في مقدار الحبس في التهمة، هل هو مقدر أو مرجعه إلى اجتهاد الوالي والحاكم؟ على قولين، ذكرهما الماوردي وأبو يعلى وغيرهما، فقال الزبيري: هو مقدر بشهر، وقال الماوردي: غير مقدر.
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القسم الثالث: أن يكون المتهم معروفا بالفجور، كالسرقة وقطع الطريق والقتل ونحو ذلك، فإذا جاز حبس المجهول فحبس هذا أولى.
قال شيخنا ابن تيمية (رحمه الله): وما علمت أحداً من أئمة المسلمين يقول: إن المدعى عليه في جميع هذه الدعاوى يحلف ويرسل بلا حبس ولا غيره، فليس هذا على إطلاقه مذهبا لأحد من الأئمة الأربعة، ولا غيرهم من الأئمة.
ومن زعم أن هذا على إطلاقه وعمومه هو الشرع فقد غلط غلطا فاحشا، مخالفا لنصوص رسول الله ﷺ ، ولإجماع الأمة.
وبمثل هذا الغلط الفاحش تجرأ الولاة على مخالفة الشرع، وتوهموا