d’affaires plus anciennes ; le défendeur est alors maintenu en garde, empêché d’agir, dès sa convocation et jusqu’à ce que le juge tranche entre lui et son adversaire. Il s’agit là d’une détention sans motif de suspicion ; à plus forte raison est-elle recevable lorsqu’un soupçon existe. En effet, la détention légiférée ne consiste pas nécessairement à enfermer quelqu’un dans un lieu exigu : elle vise plutôt à entraver la personne et à l’empêcher de disposer librement d’elle-même, que ce soit dans une maison, dans une mosquée, ou en la confiant à la surveillance du plaignant lui-même ou de son mandataire qui la suit pas à pas. C’est pourquoi le Prophète ﷺ l’a qualifiée de « captif ». Abû Dâwûd et Ibn Mâja rapportent, d’après al-Hirmâs ibn Ḥabîb, lui-même la tenant de son père : « Je me présentai au Prophète ﷺ avec un débiteur à moi ; il me dit : “Tiens-le.” Puis il me demanda : “Ô frère des Banû Tamîm, que veux-tu faire de ton captif ?” » Dans une autre version, rapportée par Ibn Mâja, il passa près de moi en fin de journée et dit : « Qu’est devenu ton captif, ô frère des Banû Tamîm ? » Tel était, à l’époque du Prophète ﷺ et d’Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq (qu’Allah l’agrée), le mode de détention ; il n’existait pas de bâtiment spécialement affecté à l’incarcération des parties adverses. Lorsque, sous le califat de ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb, la population s’accrut, il acheta à La Mecque une maison qu’il transforma en prison. De là, les savants – parmi les disciples d’Aḥmad et d’autres – ont divergé sur la question de savoir si l’imam doit ou non établir une prison. Deux avis sont rapportés. Selon le premier, il n’instaure pas de prison : le Messager d’Allah ﷺ, pas plus que son premier successeur, n’en possédait. On se contente donc d’assigner l’intéressé dans un lieu, de lui désigner un gardien – c’est ce que l’on appelle at-tarsîm –, ou de charger son créancier de le surveiller, comme l’a fait le Prophète ﷺ. Selon l’autre avis, l’imam peut bel et bien aménager une prison, car ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb acheta de Ṣafwân ibn Umayya une maison pour 4000 dirhams et en fit une geôle.
حكومات سابقة، فيكون المطلوب محبوسا معوقا من حين يطلب إلى أن يفصل بينه وبين خصمه، وهذا حبس بدون التهمة، ففي التهمة أولى، فإن الحبس الشرعي ليس هو السجن في مكان ضيق، وإنما هو تعويق الشخص ومنعه من التصرف بنفسه، سواء كان في بيت أو مسجد، أو كان بتوكيل نفس الخصم أو وكيله عليه، وملازمته له، ولهذا سماه النبي ﷺ أسيرا، كما روى أبو داود وابن ماجه عن الهرماس بن حبيب عن أبيه قال: أتيت النبي ﷺ بغريم لي، فقال: «الزمه». ثم قال لي: «يا أخا بني تميم، ما تريد أن تفعل بأسيرك؟ ». وفي رواية ابن ماجه: ثم مر بي آخر النهار، فقال: «ما فعل أسيرك، يا أخا بني تميم؟ ». وكان هذا هو الحبس على عهد النبي ﷺ وأبي بكر الصديق (رضي الله عنه)، ولم يكن له محبس معد لحبس الخصوم، ولكن لما انتشرت الرعية في زمن عمر بن الخطاب ابتاع بمكة دارا وجعلها سجنا يحبس فيها. ولهذا تنازع العلماء ــ من أصحاب أحمد وغيرهم ــ هل يتخذ الإمام حبسا؟ على قولين: فمن قال: لا يتخذ حبسا، قال: لم يكن لرسول الله ﷺ ولا لخليفته بعده حبس، ولكن يعوقه بمكان من الأمكنة، أو يقام عليه حافظ ــ وهو الذي يسمى الترسيم ــ، أو يأمر غريمه بملازمته، كما فعل النبي ﷺ. ومن قال: له أن يتخذ حبسا، قال: قد اشترى عمر بن الخطاب من صفوان بن أمية دارا بأربعة آلاف درهم, وجعلها حبسا.