qui a ravagé tous ses biens ; il lui est permis de demander l’aumône jusqu’à ce qu’il obtienne de quoi subsister. La troisième catégorie est celle de l’homme frappé d’une extrême indigence : lorsque trois personnes sensées de son clan se lèvent pour attester : « Un tel est réellement dans le dénuement », il lui devient alors licite de solliciter l’aumône jusqu’à ce qu’il atteigne le strict nécessaire pour vivre. En dehors de ces trois cas, ô Qabîṣa, c’est un bien illicite ; quiconque en jouit se nourrit d’illicite. »
Ce ḥadith est explicite : pour établir l’insolvabilité, on n’accepte pas moins de trois témoins. C’est là l’avis correct qu’il convient d’adopter ; il est retenu par certains de nos condisciples et par quelques shaféites.
Ils expliquent que l’insolvabilité fait partie des réalités dissimulées, où le soupçon de dissimulation de biens est important ; on a donc exigé un renfort de preuve, situé à mi-chemin entre le degré des preuves les plus fortes et celui des plus légères.
Ainsi, la preuve peut parfois se composer d’un témoin unique et du serment du demandeur ; parfois, d’une seule femme selon Abou Ḥanîfa et, dans l’opinion la plus répandue, Aḥmad ; de deux femmes d’après Mâlik et, dans une autre version, Aḥmad ; ou de quatre femmes selon ach-Shâfiʿî. Elle peut aussi être constituée d’un seul homme dans le cas de la maladie de la monture, auquel s’ajoute le témoignage du vétérinaire lorsqu’on ne trouve pas deux témoins, comme l’a explicitement indiqué Aḥmad. Parfois encore, on se contente d’un *luṯ* (forte présomption) ou d’une tache de sang accompagnés des serments des plaignants, comme dans la *qasâma* ; celle-ci se distingue par cinquante serments, afin de souligner la gravité du sang versé, tout comme le *liʿân* se singularise par quatre serments.
Dans la *qasâma*, la peine de représailles (*qawad*) est obligatoire selon Mâlik, Aḥmad et Abou Ḥanîfa, tandis qu’ach-Shâfiʿî n’y voit que l’obligation de la diya. Quant aux partisans de l’opinion (*ahl ar-ra’y*), ils y font prêter serment au seul défendeur, puis lui imposent la diya après son serment… (1).
(1) Ibn al-Qayyim a ajouté ici un passage antérieur concernant les différentes catégories de preuves.
اجتاحت ماله، فحلت له المسألة حتى يصيب قواما من عيش، ورجل أصابته فاقة حتى يقوم ثلاثة من ذوي الحجى من قومه يقولون: لقد أصاب فلانا فاقة، فحلت له المسألة حتى يصيب قواما من عيش، فما سواهن يا قبيصة سحت، يأكلها صاحبها سحتا».
فهذا الحديث صريح، في أنه لا يقبل في بينة الإعسار أقل من ثلاثة، وهو الصواب الذي يتعين القول به، وهو اختيار بعض أصحابنا، وبعض الشافعية.
قالوا: ولأن الإعسار من الأمور الخفية، التي تقوى فيها التهمة بإخفاء المال فروعي فيها الزيادة في البينة، وجعلت بين مرتبة أعلى البينات، ومرتبة أدنى البينات.
وتارة تكون الحجة شاهدا ويمين الطالب، وتارة تكون امرأة واحدة عند أبي حنيفة وأحمد في المشهور عنه، وامرأتين عند مالك وأحمد في رواية، وأربع نسوة عند الشافعي، وتارة تكون رجلاً واحداً في داء الدابة، وشهادة الطبيب إذا لم يوجد اثنان، كما نص عليه أحمد، وتارة تكون لوثا ولطخا مع أيمان المدعين، كما في القسامة، وامتازت بكون الأيمان فيها خمسين تغليظا لشأن الدم، كما امتاز اللعان بكون الأيمان فيه أربعا.
والقسامة يجب فيها القود عند مالك وأحمد وأبي حنيفة، وتوجب الدية فقط عند الشافعي، وأما أهل الرأي فيحلفون فيها المدعى عليه خاصة، ويوجبون عليه الدية مع تحليفه ... (١).
(١) أضاف ابن القيم هنا كلاما من قبله حول أنواع البينات.