et même le fondement de la récompense et du châtiment ; dès lors, la juste analogie commande d’étendre ce principe à toutes les autres impuretés dès qu’elles se transforment. Ainsi, le Prophète — que les prières et le salut d’Allah soient sur lui — fit exhumer les tombes des polythéistes qui occupaient l’emplacement de sa mosquée sans transporter la terre. Allah, exalté soit-Il, nous informe également que le lait « sort d’entre les excréments et le sang » ; et les musulmans sont unanimes pour dire que, si une bête a d’abord été nourrie avec une substance impure puis est mise à l’écart et alimentée d’aliments sains, son lait et sa viande redeviennent licites. Il en est de même des céréales et des fruits : arrosés d’abord avec une eau souillée puis avec une eau pure, ils deviennent permis, car la caractéristique d’impureté s’est transformée et a été remplacée par la pureté.
À l’inverse, lorsqu’une chose pure se transforme en substance immonde, elle devient impure, comme l’eau ou la nourriture qui se métamorphose en urine ou en excrément. Comment la transformation pourrait-elle produire l’impureté à partir du pur sans produire la pureté à partir de l’impur ? Allah — gloire à Lui — fait sortir le pur de l’impur et l’impur du pur ; ce n’est donc pas l’état originel qui importe, mais l’attribut présent de la chose. Il est inconcevable que le jugement d’impureté subsiste alors que son nom et sa description ont disparu, car la règle juridique suit le nom et l’attribut, existant ou disparaissant avec eux. Par conséquent, les textes qui prohibent la bête morte, le sang, la chair du porc et le vin ne visent ni les récoltes, ni les fruits, ni la cendre, ni le sel, ni la terre, ni le vinaigre, ni par leur formulation, ni par leur sens, ni par un texte explicite, ni par analogie.
Ceux qui distinguent la transformation du vin de celle des autres impuretés affirment que le vin est devenu impur par transformation et se purifie donc par transformation. Nous leur répondons : de même, le sang, l’urine et les excréments sont devenus impurs par transformation et se purifient par transformation. Il apparaît ainsi que l’analogie corrobore les textes, et que l’opposition à l’analogie ne se trouve que dans les avis qui, en réalité, contredisent les textes. [Iʿlâm al-Muwaqqiʿîn, 1/394] (1)
(1) Ce passage figure dans la réponse mentionnée précédemment (p. 57-58), et une partie en est reprise dans al-Fatâwâ (t. 20, p. 522). Il semble qu’Ibn al-Qayyim y ait ajouté quelques notes ; et Allah sait mieux.
الثواب والعقاب، وعلى هذا فالقياس الصحيح تعدية ذلك إلى سائر النجاسات إذا استحالت، وقد نبش النبي ﷺ قبورَ المشركين من موضع مسجده، ولم ينقل التراب، وقد أخبر الله سبحانه عن اللبن أنه يخرج من بين فَرْث ودَمٍ، وقد أجمع المسلمون على أن الدابة إذا عُلفتْ بالنجاسة ثم حُبست وعُلفت بالطاهرات حل لبنها ولحمها، وكذلك الزرع والثمار إذا سقيت بالماء النجس ثم سقيت بالطاهر حلت لاستحالة وصف الخبث وتبدله بالطيب.
وعكس هذا أن الطيب إذ استحال خبيثًا صار نجسًا كالماء والطعام إذا استحال بولا وعذرة، فكيف أثّرت الاستحالة في انقلاب الطيب خبيثًا ولم تؤثر في انقلاب الخبيث طيبًا؟ ! والله تعالى يخرج الطيب من الخبيث والخبيث من الطيب، ولا عبرة بالأصل، بل بوصف الشيء نفسه، ومن الممتنع بقاء حكم الخبث وقد زال اسمه ووصفه، والحكم تابع للاسم والوصف دائر معه وجودًا وعدمًا؛ فالنصوص المتناولة لتحريم الميتة والدم ولحم الخنزير والخمر لا تتناول الزروع والثمار والرماد والملح والتراب والخل لا لفظًا ولا معنى ولا نصًا ولا قياسًا. والمفرقون بين استحالة الخمر وغيرها قالوا: الخمر نجست بالاستحالة فطهرت بالاستحالة، فيقال لهم: وهكذا الدم والبول والعذرة إنما نجست بالاستحالة فتطهر بالاستحالة، فظهر أن القياس مع النصوص وأن مخالفة القياس في الأقوال التي تخالف النصوص) [إعلام الموقعين: ١/ ٣٩٤] (١).
(١) هذا النص ضمن الجواب الذي سبقت الإشارة إليه (ص ٥٧ - ٥٨)، وبعضه في «الفتاوى» (٢٠/ ٥٢٢)، ويبدو أن ابن القيم أضاف عليه بعض الإضافات، والله أعلم.