Les contentieux se divisent en deux catégories : les actions fondées sur une accusation pénale et celles qui ne comportent aucune suspicion de ce type.
-
L’action pénale consiste à imputer au défendeur un acte prohibé entraînant une sanction – homicide, brigandage, vol ou toute autre agression qu’il est, la plupart du temps, difficile d’établir par témoignage.
-
L’action non pénale vise un contrat : vente, prêt, gage, cautionnement, ou tout engagement analogue.
Chacune de ces deux catégories peut relever exclusivement d’un ḥadd (peine légale), comme la consommation d’alcool ou la fornication ; concerner uniquement un droit humain, telle la propriété des biens ; ou mêler les deux dimensions, comme le vol ou le brigandage.
S’agissant de la deuxième catégorie, si le défendeur présente une preuve légale, celle-ci est retenue ; à défaut, sa parole prime, appuyée de son serment. Muslim rapporte en effet dans son Ṣaḥîḥ, d’après Ibn ʿAbbâs, que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Si l’on accordait aux gens ce qu’ils réclament sur la seule base de leurs prétentions, certains revendiqueraient le sang et les biens d’autrui ; mais le serment incombe au défendeur. » Et, dans une autre version des deux Ṣaḥîḥ, « le Messager d’Allah ﷺ a statué que le serment revient au défendeur ».
Ce ḥadith établit clairement que nul n’obtient quoi que ce soit par la seule force de sa parole et que, dans les litiges portant sur la remise d’un bien, la charge initiale du serment repose sur le défendeur. Cela ne signifie pourtant pas que les actions passibles d’une peine ne fassent prêter serment qu’au défendeur ; bien au contraire, il est authentiquement rapporté dans l’affaire de la qasâma (serment collectif) que le Prophète ﷺ dit aux ayants droit de la victime : « Vous prêterez 50 serments et obtiendrez le sang de votre compagnon. » Ils répondirent : « Comment pourrions-nous jurer alors que nous n’avons ni été témoins ni vu [le crime] ? » Il répondit : « Dans ce cas, les Juifs vous en délieront par 50 serments. »