au luth dans les affaires de sang, mais, dans ces dernières, le serment est renvoyé au demandeur après que le défendeur a prêté serment ; dès lors, le serment du défendeur revient à n’être d’aucun effet, tout comme, dans les crimes de sang, on ne le fait pas jurer d’emblée. Dans l’un et l’autre cas, le demandeur obtient gain de cause sur la base de sa seule prétention appuyée par son serment, même si le défendeur a déjà juré ou s’est dit prêt à le faire.
Le fait qu’Allah impose le serment aux deux premiers héritiers constitue également une preuve analogue dans les affaires de sang : ainsi, le serment des deux premiers vient s’opposer à celui des défendeurs. Dans le ḥadith d’Ibn ʿAbbâs (qu’Allah l’agrée), ils jurèrent que la coupe appartenait bel et bien à leur défunt ; dans la version rapportée par ʿIkrima, ils prétendirent l’avoir achetée de lui, et les deux premiers héritiers jurèrent qu’ils n’avaient ni caché ni soustrait quoi que ce soit — plusieurs objets étaient concernés. Dans cette version, lorsqu’il les traita de menteurs en affirmant qu’il n’avait jamais possédé de coupe, les serments furent donc renvoyés aux demandeurs pour tout ce qu’ils alléguaient.
D’une manière générale, la question est la suivante : si le défendeur a prêté serment puis que son mensonge est révélé, doit-on juger en faveur du demandeur sur la base de son propre serment concernant ce qu’il réclame ? Le serment étant institué au profit de la partie la plus forte, lorsque la véracité du demandeur apparaît sur un point et que le mensonge du défendeur est avéré, la position du demandeur s’en trouve renforcée ; il prête alors serment comme on le ferait lorsqu’on dispose d’un seul témoin, ou encore comme le détenteur d’une possession reconnue par l’usage jure en priorité sur celui qui n’a qu’une possession purement matérielle.
Il dit encore : « Le Qâḍî a déclaré dans Aḥkâm al-Qurʾân : au sujet de la parole du Très-Haut : ‟Si l’on découvre qu’ils se sont rendus coupables d’un péché…” — c’est-à-dire que l’on retrouve chez l’exécuteur testamentaire un bien du défunt que les deux témoins n’avaient pas mentionné —, puis : ‟alors deux autres se présenteront pour prêter serment à leur place” (al-Mâʾida, 107), c’est-à-dire pour le serment, car l’exécuteur devient demandeur tandis que les héritiers contestent ; le serment leur incombe donc. Il se peut même que, si le défunt n’avait eu que deux héritiers, ces derniers aient été tenus de jurer, puisque ce verset est révélé à propos d’un cas déterminé… »