mais chacun de ces deux cas a son cadre propre : ainsi, chaque fois que le demandeur est en mesure de connaître les faits et d’en avoir pleine conscience, et que le défendeur lui renvoie le serment, alors, s’il jure, il obtient son droit ; et s’il ne jure pas, aucun jugement ne sera prononcé en sa faveur du seul fait que le défendeur s’est abstenu de prêter serment. Tel fut le cas du jugement rendu par ʿUthmân au sujet d’al-Miqdâd : ce dernier lui dit en effet : « Jure que la somme que tu m’as remise était de sept mille et prends-la. » Le demandeur pouvait ici en vérifier l’exactitude et en avoir connaissance – puisqu’il la revendiquait lui-même. Par conséquent, s’il ne prêtait pas serment, il ne pouvait l’emporter qu’au moyen d’une preuve testimoniale ou d’un aveu. En revanche, lorsque le demandeur ignore le fait litigieux et que seul le défendeur en détient la connaissance, le refus de ce dernier de prêter serment entraîne un jugement contre lui pour cause de nikāl (refus de jurer), sans que l’on renvoie le serment au demandeur. Ainsi en alla-t-il du litige opposant ʿAbd Allâh ibn ʿUmar à son créancier au sujet d’un esclave : ʿUthmân ordonna au vendeur de jurer qu’il avait vendu l’esclave sans savoir qu’il souffrait d’un défaut quelconque – chose que seul le vendeur pouvait effectivement savoir. Lorsqu’il refusa de prêter ce serment, ʿUthmān prononça un jugement contre lui au titre de son refus. De la même manière, si quelqu’un découvre, écrit de la main de son père dans un registre, qu’Unetelle lui doit telle ou telle somme, puis la réclame, et que le défendeur refuse de jurer tout en exigeant que le demandeur prête serment en déclarant : « Ton père me l’a donnée » ou « me l’a prêtée », on ne renvoie pas le serment au demandeur. Que le défendeur jure et l’affaire est close ; sinon, il est condamné pour son refus, car lui seul connaît la réalité de la dette. De même encore, si quelqu’un prétend : « Untel m’a transféré sur toi une créance de cent », et que le défendeur nie, refuse de jurer et déclare au demandeur : « Je ne sais rien d’un tel transfert ; jure donc, puis prends », alors, si le demandeur ne jure pas, on ne statuera pas en sa faveur du seul fait que le défendeur a refusé de jurer. Tel est – qu’Allah lui fasse miséricorde – l’avis retenu par notre shaykh ; il tranche ainsi la divergence concernant le refus de prêter serment et le renvoi du serment. Et c’est auprès d’Allah que se trouve la réussite. [al-Ṭuruq al-ḥikmiyya 66]
هذا له موضع، وهذا له موضع، فكل موضع أمكن المدعي معرفته والعلم به، فرد المدعى عليه اليمين= فإنه إن حلف استحق، وإن لم يحلف لم يحكم له بنكول المدعى عليه. وهذا كحكومة عثمان والمقداد، فإن المقداد قال لعثمان: احلف أن الذي دفعته إلي كان سبعة آلاف وخذها، فإن المدعي هنا يمكنه معرفة ذلك، والعلم به، كيف وقد ادعى به؟ فإذا لم يحلف لم يحكم له إلا ببينة أو إقرار. وأما إذا كان المدعي لا يعلم ذلك، والمدعى عليه هو المنفرد بمعرفته، فإنه إذا نكل عن اليمين حكم عليه بالنكول، ولم ترد على المدعي، كحكومة عبد الله بن عمر وغريمه في الغلام، فإن عثمان قضى عليه أن يحلف أنه باع الغلام، وما به داء يعلمه، وهذا يمكن أن يعلمه البائع، فإنه إنما استحلفه على نفي العلم، أنه لا يعلم به داء، فلما امتنع من هذه اليمين قضى عليه بنكوله. وعلى هذا إذا وجد بخط أبيه في دفتره أن له على فلان كذا وكذا، فادعى به عليه، فنكل، وسأله إحلاف المدعي أن أباه أعطاني هذا، أو أقرضني إياه لم ترد عليه اليمين، فإن حلف المدعى عليه، وإلا قضى عليه بالنكول، لأن المدعى عليه يعلم ذلك. وكذلك لو ادعى عليه: أن فلاناً أحالني عليك بمائة، فأنكر المدعى عليه، ونكل عن اليمين، وقال للمدعي: أنا لا أعلم أن فلانا أحالك، ولكن احلف وخذ، فههنا إن لم يحلف لم يحكم له بنكول المدعى عليه. وهذا الذي اختاره شيخنا (رحمه الله) هو فصل النزاع في النكول، ورد اليمين، وبالله التوفيق) [الطرق الحكمية ٦٦].