Il a encore écrit, au sujet d’un immeuble détenu par une personne, qu’un homme revendiqua au moyen d’un acte produit devant le juge (1) : cet immeuble appartenait à son grand-père jusqu’à sa mort puis à ses héritiers, sans qu’il soit établi qu’il ait effectivement intégré la succession du défunt. Dans ce cas, on ne l’en dépossède pas, car deux présomptions fondamentales s’opposent, les modes de transmission sont plus nombreux que la seule voie successorale, et l’usage n’est pas que les héritiers se taisent si longtemps. Ouvrir pareille porte entraînerait l’expropriation d’un grand nombre d’immeubles par ce procédé.
Il dit encore : lorsqu’un tiers prétend qu’un bien-fonds, actuellement entre les mains d’un possesseur, appartenait à son père, cette prétention est-elle recevable sans preuve ? — Non, répondit-il, sauf à produire un argument juridique valable ou l’aveu du détenteur, ou de quelqu’un placé sous son autorité.
Il rapporta en outre le cas où des témoins attestent que le bien était à X jusqu’à ce qu’il le constitue en waqf (bien affecté à une fondation pieuse), puis un héritier apporte des témoins déclarant que son auteur l’avait acheté du constituant avant cette consécration : on fera prévaloir le témoignage de l’héritier, parce qu’il renferme un surcroît d’information, à l’instar du témoignage de celui qui affirme « il l’a hérité de son père » sur celui qui dit « il le lui a vendu ». [Al-Furū‘ 6/462 (11/164-165)] (2).
1435 – Le serment portant sur un droit d’Allah lorsqu’il est lié au droit d’un être humain :
– Ibn Mufliḥ rapporte : « Shaykh Taqī al-Dīn a dit : S’agissant des droits d’Allah Très-Haut auxquels se rattache un droit humain, qu’il s’agisse d’une personne déterminée ou non — en distinguant la zakât des autres obligations —, tel le cas où l’on accuse d’impéritie (fousq) celui qui sollicite la tutelle de biens, la conclusion d’un mariage ou la garde d’un enfant ; s’il nie et prête serment, le contenu du serment consiste alors à affirmer qu’il a droit à la tutelle ou à nier ce qui l’en écarterait. Cela ressemble à la situation où l’on prétend qu’une mère gardienne s’est mariée alors qu’elle le nie, ou lorsqu’on allègue à l’encontre d’un tuteur qu’il existe un tuteur plus proche que lui. »
(1) Dans l’édition 1 et dans le manuscrit (p. 380) : « alā » ; lecture également attestée dans l’édition 2.
(2) « al-Ikhtiyarat » d’al-Baali (p. 492-493).
وقال فيمن بيده عقار فادعى رجل بمثبوت عند (١) الحاكم أنه كان لجده إلى يوم موته ثم لورثته، ولم يثبت أنه مخلف عن موروثه: لا ينزع منه بذلك، لأن أصلين تعارضا، وأسباب انتقاله أكثر من الإرث، ولم تجر العادة بسكوتهم المدة الطويلة، ولو فتح هذا لانتزع كثير من عقار الناس بهذه الطريق.
وقال في من بيده عقار فادعى آخر أنه كان ملكا لأبيه، فهل يسمع بغير بينة؟ قال: لا، إلا بحجة شرعية أو إقرار من هو بيده أو تحت حكمه.
وقال في بينة شهدت له بملكه إلى حين وقفه وأقام وارث بينة بأن موروثه اشتراه من الواقف قبل وقفه: قدمت بينة وارث، لأن معها مزيد علم، كتقديم من شهد بأنه ورثه من أبيه وآخر بأنه باعه) [الفروع ٦/ ٤٦٢ (١١/ ١٦٤ - ١٦٥)] (٢).
١٤٣٥ - اليمين على حق الله إذا تعلق بها حق آدمي:
- قال ابن مفلح: (وقال الشيخ تقي الدين: فأما حقوق الله تعالى إذا تعلق بها حق آدمي معين أو غير معين، على الفرق بين الزكاة وغيرها، مثل أن يُدعَى على من يطلب ولاية المال أو النكاح أو الحضانة أنه فاسق، فينكر ذلك، فيحلف، فإن مضمون اليمين الحلف على استحقاق الولاية، أو على نفي ما يدفعها، وهو بمنزلة أن يدعى على الحاضنة أنها تزوجت فتنكر، أو تدعي على الولي أن ثمَّ وليًّا أقرب منه.
(١) في ط ١ والنسخة الخطية (ص ٣٨٠): (على)، والمثبت من ط ٢.
(٢) «الاختيارات» للبعلي (٤٩٢ - ٤٩٣).