Chapitre : De la procédure du jugement et de ses modalités
1431 – Si la déposition des témoins établit qu’hier encore il en était propriétaire, l’ayant acquis du détenteur actuel ;
1432 – Si un immeuble se trouve dans la main d’une personne et qu’un autre prétend, avec un document authentifié devant le juge, qu’il appartenait à son grand-père jusqu’à sa mort, puis à ses héritiers ;
1433 – Si un immeuble est détenu par quelqu’un et qu’un tiers soutient qu’il était la propriété de son père ;
1434 – Si des témoins attestent qu’un bien appartenait à quelqu’un jusqu’au moment où il l’a voué en waqf, et qu’un héritier produit à son tour des témoins déclarant que son auteur l’avait acheté du constituant avant cette consécration ;
Ibn Mufliḥ a dit : « S’il allègue qu’il est sien aujourd’hui, sa preuve portant sur le fait qu’il en était propriétaire hier ou qu’il en avait la possession n’est pas recevable, selon l’avis le plus solide, tant qu’il n’expose pas la cause de la prise de possession par le second, par exemple qu’il le lui a usurpé. Il en va autrement lorsque le témoignage affirme qu’il en était propriétaire hier parce qu’il l’avait acheté au détenteur : alors on l’admet. Notre shaykh a déclaré : d’après l’opinion correcte, si le témoin ajoute : « et j’ignore ce qui aurait pu l’en faire sortir », on l’accepte, tout comme lorsque le juge sait que l’on tente de le tromper (1). À ma connaissance, personne n’a exigé que le témoin précise qu’il en est encore propriétaire à l’instant présent (2). »
(1) Dans sa Hachiya sur al-Furu‘, Ibn Qundus explique que, de même qu’un juge qui sait qu’un témoin prétendant avoir été propriétaire du bien la veille cherche à le tromper ne peut pas accepter son témoignage, il en va de même — et Dieu en sait plus — de la restriction introduite par la clause « si [le témoin] dit : wa la aalam lahu mazeelan (et je ne connais pour sa dette aucun moyen d’effacement) ». Il en conclut que, sans cette formule, la preuve n’est pas recevable, tout comme elle ne l’est pas si le juge découvre que le témoin tente de le tromper. Autrement dit, la condition signifie : « la preuve est recevable uniquement si l’on ajoute wa la aalam lahu mazeelan ; sinon, elle est rejetée ».
(2) Dans sa Hachiya sur al-Furu‘, Ibn Qundus rapporte qu’Abu al-Abbas a déclaré : « Le simple dépôt de la preuve n’est pas suffisant pour éteindre la dette, qui demeure à la charge du débiteur jusqu’à présent ; au contraire, le juge statue en se fondant sur l’istishhab (conservation de la situation antérieure), dès lors qu’il est établi, à l’unanimité, qu’un droit préexiste. »
باب طريق الحكم وصفته
١٤٣١ - إذا شهدت البينة أنه كان ملكه بالأمس اشتراه من رب اليد:
١٤٣٢ - ومن بيده عقار فادعى رجل بمثبوت عند الحاكم أنه كان لجده إلى يوم موته ثم لورثته:
١٤٣٣ - ومن بيده عقار فادعى آخر أنه كان ملكا لأبيه:
١٤٣٤ - ومن شهدت له البينة بملكه إلى حين وقفه، وأقام وارث بينة بأن موروثه اشتراه من الواقف قبل وقفه:
- قال ابن مفلح: (وإن ادعى أنه له الآن لم تسمع بينته أنه كان له أمس أو في يده، في الأصح، حتى يبين سبب يد الثاني نحو غاصبه، بخلاف ما لو شهدت أنه كان ملكه بالأمس اشتراه من رب اليد فإنه يقبل، وقال شيخنا: على القول الصحيح إن قال: «ولا أعلم له مزيلا» قبل، كعلم الحاكم أنه يُلبِّسُ عليه (١)، ولم يقل أحد فيما أعلم أنه يعتبر قول الشاهد، وهو باق في ملكه إلى الآن (٢).
(١) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (أي: كعلم الحاكم أن الشاهد الذي يشهد أنه كان ملكه بالأمس يلبس على الحاكم، فإنه لا يقبله، والصورة الشبيهة بهذه الصورة ــ والله أعلم ــ هي الصورة المفهومة من التقييد بالشرط، وهو قوله: «إن قال: ولا أعلم له مزيلا» ففهم منه أنه إن لم يقل ذلك لا يقبل، كما لا يقبل إذا علم الحاكم من الشاهد أنه يلبس عليه بهذه الشهادة، فيكون تقدير الكلام: إن قال: «ولا أعلم له مزيلا» قبل، وإلا فلا، كعلم الحاكم أنه يلبس عليه).
(٢) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (قال أبو العباس: ولا يعتبر في أداء الشهادة، وأن الدين باق في ذمة الغريم إلى الآن، بل يحكم الحاكم باستصحاب الحال، إذا ثبت عنده سبق الحق إجماعا).