94 – L’eau qui se détache d’un endroit impur Ibn Mufliḥ écrit : « L’eau qui s’écoule d’une surface demeurée pure est, selon l’avis le plus sûr, pure. Certains estiment même qu’elle est purifiante (ṭahūr). D’autres soutiennent qu’une eau ruisselant d’un lieu impur reste pure tant qu’aucune de ses caractéristiques n’a changé, car, dans ce cas, c’est elle qui “arrive” sur l’impureté (wārid). Le Qâḍî rapporte que les propos d’Aḥmad offrent deux lectures au sujet de l’eau avec laquelle on élimine une souillure : il se peut qu’elle soit pure, puisqu’il a dit : « Lorsqu’on lave son habit dans une cuvette, il est purifié » ; il a aussi déclaré : « L’eau qui se détache d’un sol impur est pure », et encore : « Qu’on lave ce que touche l’eau utilisée pour l’istinjâʾ. » Ainsi, si nous la jugeons impure, c’est uniquement parce qu’il s’agit d’une faible quantité que l’impureté a atteinte. Quant à l’eau employée pour lever l’état d’impureté rituelle mineure, rien d’autre que le membre qu’elle a touché ne l’a souillée ; nous ne l’avons donc pas considérée comme impure. » Notre maître commente : « Ces paroles du Qâḍî montrent que la divergence sur l’impureté de l’eau servant à ôter une souillure porte, de façon générale, tant sur le moment où elle est encore en contact avec l’impureté que sur celui où elle s’en est séparée, avant que le lieu n’ait retrouvé sa pureté. » [Al-Furūʿ, 1/238 (1/319)]. 95 – La purification des souillures par le soleil, le vent ou le dessèchement Ibn al-Qayyim rapporte : « Abû al-Barakât Ibn Taymiyya a dit : “Tout cela confirme que la terre se purifie par dessèchement. En pratique, une personne voit souvent des impuretés sur les chemins qu’elle emprunte fréquemment pour aller au marché, à la mosquée, etc. Si ces endroits ne redevenaient pas purs une fois la trace effacée par la sécheresse, il lui faudrait éviter chaque lieu où elle a aperçu une souillure après la disparition de ses marques, et il ne lui serait plus permis de marcher pieds nus. Or les pieux prédécesseurs ne prenaient pas de telles précautions. Cette opinion est encore renforcée par l’ordre du Prophète ﷺ de frotter les sandales sur le sol pour celui qui vient à la mosquée et y constate quelque saleté ; si le sol avait été rendu impur d’une souillure que le dessèchement ne fait pas disparaître, il aurait ordonné de préserver le chemin menant à la mosquée, puisqu’il est foulé aussi bien par les pieds nus que par les chaussés.” »
٩٤ - المنفصل عن المحل النجس: - قال ابن مفلح: (والمنفصل عن محلٍّ طاهرٍ طاهرٌ على الأصح «هـ»، وقيل: طهورٌ، وقيل: بطهارته عن محلٍّ نجس مع عدم تغيره، لأنه وارد، وذكر القاضي: أن كلام أحمد يحتمل روايتين فيما أزيلت به النجاسة: يحتمل أنه طاهر، لأنه قال: إذا غسل ثوبه في إجَّانة طهر، وقال: المنفصل عن محلٍّ نجس من الأرض طاهر، وقال: يغسل ما يصيبه من ماء الاستنجاء، فعلى هذا: إنما حكمنا بنجاسته لأنه ماء قليل حلَّته نجاسة، والمستعمل في رفع الحدث لم يحلَّه غير العضو الذي لاقاه، فلم نحكم بنجاسته. قال شيخنا: هذا من القاضي يقتضي أن الخلاف في نجاسة المزال به النجاسة مطلقا حال اتّصاله وانفصاله قبل طهارة المحل) [الفروع: ١/ ٢٣٨ (١/ ٣١٩)]. ٩٥ - طهارة النجاسات بالشمس والريح والجفاف: - قال ابن القيم: (قال أبو البركات ابن تيمية: وهذا كله يقوي طهارة الأرض بالجفاف، لأن الإنسان في العادة لا يزال يشاهد النجاسات في بقعة طرقاته التي يكثر فيها تردده إلى سوقه ومسجده وغيرهما، فلو لم تطهر إذا أذهب الجفاف أثرها للزمه تجنب ما يشاهده من بقاع النجاسة بعد ذهاب أثرها، ولما جاز له التحفي بعد ذلك. وقد علم: أن السلف الصالح لم يتحرزوا من ذلك، ويعضده: أمره ﷺ بمسح النعلين بالأرض لمن أتى المسجد ورأى فيهما خبثًا، ولو نجست الأرض بذلك نجاسة لا تطهر بالجفاف: لأمر بصيانة طريق المسجد عن ذلك، لأنه يسلكه الحافي وغيره.