Notre shaykh a également rapporté : « Certains savants ont dit : lorsqu’on ne trouve, pour assumer la charge, qu’un savant dépravé ou un ignorant en religion, on donnera alors priorité à celui dont la communauté a le plus besoin. » ⦗Al-Furūʿ 6/423-424 (11/107)⦘ (1). 1414 – La pondération des avis par l’examen des preuves 1415 – Le fait, pour l’autorité, de contraindre les gens à délaisser ce qui relève d’une divergence recevable Ibn Mufliḥ rapporte : « Notre shaykh a dit : La plupart de ceux qui, tout en appartenant au rang intermédiaire, se distinguent dans la science, s’ils considèrent attentivement les arguments des deux camps avec une intention sincère et un examen complet, voient l’un des deux avis l’emporter. Ils peuvent toutefois manquer de confiance en leur propre évaluation, craignant qu’il n’existe chez l’autre partie une réponse qu’ils ignorent. Ce qui incombe alors à une telle personne est de se conformer à l’opinion qu’elle juge prépondérante, sans pour autant revendiquer l’ijtihâd, à l’image d’un mujtahid parmi les grands muftis et imâms qui, lorsqu’il estime qu’un avis l’emporte, s’y rallie. Une preuve particulière qui fait pencher un avis sur un autre mérite davantage d’être suivie qu’un argument d’ordre général fondé sur le fait que tel savant serait plus compétent et plus pieux. Pour la plupart des gens, discerner qu’un avis l’emporte sur un autre dans la majorité des questions est plus aisé que de savoir lequel des deux savants est le plus érudit et le plus vertueux (2). En vérité, la réalité du jugement est unique et Allah a nécessairement établi un indice qui y conduit. Les preuves des rulings proviennent du Livre, de la Sunna et du consensus ; les Compagnons en ont débattu, et la discussion se poursuit jusqu’à aujourd’hui (3), pour peu que l’intention soit droite, à la différence des deux imâms (4). »
(1) Le recueil al-Fatawa, t. 28, p. 253-258 ; al-Ikhtiyarat d’al-Ba‘ili, p. 480-481. (2) Dans sa Hashiya ‘ala al-Furu’, Ibn Qandis précise : « c’est-à-dire qu’accéder à l’avis prépondérant dans un différend en examinant la preuve et en la connaissant est plus aisé pour l’homme que de déterminer lequel des deux imams est le plus savant et le plus pieux, puis de suivre son opinion et de l’imiter. » (3) Dans l’édition 1 : « wa ila al-an » (« et jusqu’à présent »), lecture confirmée dans l’édition 2 et dans le manuscrit (p. 374). (4) Même rédaction dans les éditions 1 et 2 et dans le manuscrit (p. 374) ; dans al-Ikhtiyarat d’al-Ba‘ili apparaît « al-Imamiyya » (les chiites imamites). Il semble que l’expression signifie que l’application des preuves aux questions (furu‘) est plus claire et plus manifeste que leur application au savant le plus érudit et le plus vertueux parmi les deux imams divergents, comme indiqué ci-avant dans la note rapportée d’Ibn Qandis. Et Dieu sait.
قال شيخنا: قال بعض العلماء: إذا لم يوجد إلا فاسق عالم، أو جاهل دين قدم ما الحاجة إليه أكثر إذن) [الفروع ٦/ ٤٢٣ - ٤٢٤ (١١/ ١٠٧)] (١). ١٤١٤ - الترجيح بين الأقوال بالنظر في الأدلة: ١٤١٥ - وابتداء الحاكم الناس بقهرهم على ترك ما يسوغ فيه الخلاف: - قال ابن مفلح: (قال شيخنا: وأكثر من تميز في العلم من المتوسطين إذا نظر وتأمل أدلة الفريقين بقصد حسن، ونظر تام = ترجح عنده أحدهما، لكن قد لا يثق بنظره، بل يحتمل أن عنده ما لا يعرف جوابه، والواجب على مثل هذا موافقته للقول الذي ترجح عنده بلا دعوى منه للاجتهاد، كمجتهد في أعيان المفتين والأئمة إذا ترجح عند أحدهما قلده. والدليل الخاص الذي يرجح به قولا على قول أولى بالاتباع من دليل عام على أن أحدهما أعلم وأدين، وعلم أكثر الناس بترجيح قول على قول في أكثر الأمور أيسر من علم أحدهم بأن أحدهما أعلم وأدين (٢)؛ لأن الحق واحد ولا بد، ويجب أن ينصب الله على الحكم دليلا، وأدلة الأحكام من الكتاب والسنة والإجماع، وتكلم فيها الصحابة وإلى اليوم (٣) بقصد حسن، بخلاف الإمامين (٤).
(١) «الفتاوى» (٢٨/ ٢٥٣ - ٢٥٨) , «الاختيارات» للبعلي (٤٨٠ - ٤٨١). (٢) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (أي: تحصيل الراجح من الخلاف بالنظر بالدليل ومعرفته أيسر على الإنسان من تحصيل أي الإمامين أعلم وأدين حتى يأخذ بقوله ويقلده). (٣) في ط ١: (وإلى الآن)، والمثبت من ط ٢ والنسخة الخطية (ص ٣٧٤). (٤) كذا في ط ١ وط ٢ والنسخة الخطية (ص ٣٧٤) , وفي «الاختيارات» للبعلي: (الإمامية)، ويبدو أن معنى العبارة: أن نصب الأدلة على المسائل أظهر وأبين من نصب الأدلة على الأعلم والأدين من الإمامين المختلفين، كما سبقت الإشارة إلى ذلك في الحاشية المنقولة عن ابن قندس، والله أعلم.