Ibn Baz
ابن باز
À propos de l'auteur
Nom complet : 'Abd al-'Azîz ibn 'Abd Allâh ibn 'Abd ar-Rahmân ibn Muhammad ibn 'Abd Allâh Âl Bâz.
Naissance et décès : Il est né en Dhû al-Hijja 1330 H (1912) à Riyâd, et il est décédé le jeudi 27 Muharram 1420 H (13 mai 1999) à La Mecque, à l'âge d'environ 89 ans, qu'Allâh lui fasse miséricorde.
Sa place dans la Oumma : Il fut le deuxième Grand Mufti du Royaume d'Arabie Saoudite, président du Comité Permanent pour la Recherche Scientifique et l'Iftâ' (al-Lajna ad-Dâ'ima), et président du Conseil des Grands Savants (Hay'at Kibâr al-'Ulamâ'). Il est considéré comme l'un des plus grands savants du monde musulman au XXe siècle et l'une des figures les plus influentes du mouvement salafi contemporain. Ses fatwas et ses enseignements ont touché des millions de musulmans à travers le monde.
Ses origines et sa jeunesse : Il est né à Riyâd dans une famille réputée pour son attachement à l'islam. Son père mourut alors qu'il n'avait que trois ans. Il jouissait d'une vue normale jusqu'à ce qu'une maladie touche ses yeux en 1346 H, affaiblissant sa vue, qu'il perdit complètement en 1350 H. Il devint aveugle à l'âge de vingt ans, mais cela ne l'empêcha nullement de poursuivre la science et de devenir l'un des plus grands savants de son époque. SubhânAllâh, comme l'imam at-Tirmidhî, comme de nombreux grands savants de cette Oumma, Allâh lui retira la vue du corps et lui ouvrit la vue du cœur.
Sa formation : Il mémorisa le Coran en entier avant d'atteindre la puberté, puis il chercha la science auprès des savants de Riyâd. Son professeur principal fut l'imam Muhammad ibn Ibrâhîm Âl ash-Shaykh (رحمه الله), le premier Grand Mufti du Royaume, auprès duquel il étudia toutes les branches de la Sharî'a pendant environ dix ans, de 1347 H à 1357 H. Il étudia également auprès de Sheikh Sâlih ibn 'Abd al-'Azîz Âl ash-Shaykh, Sheikh Sa'd ibn Hamd ibn 'Atîq (juge de Riyâd), Sheikh Hamd ibn Fâris, et Sheikh Sa'd Waqqâs al-Bukhârî (auprès duquel il étudia le tajwîd à La Mecque).
Sa maîtrise du hadith : Il accorda une attention particulière au hadith et à ses sciences, au point que sa classification d'un hadith comme authentique ou faible était prise en considération — et rares sont ceux qui atteignent un tel rang, particulièrement à notre époque.
Ses postes et responsabilités : Il passa sa vie entière au service de la Oumma à travers les postes qu'il occupa :
De 1938 à 1951, il fut juge du district d'al-Kharj, sur recommandation de son cheikh. Là, il donna des cours réguliers chaque jour de la semaine.
En 1951, il fut transféré à Riyâd où il enseigna à l'Institut Scientifique et à la Faculté de Sharî'a.
En 1961, il fut nommé vice-président, puis président de l'Université Islamique de Médine, poste qu'il occupa jusqu'en 1975.
En 1975, un décret royal le nomma président du Département de la Recherche Scientifique et de l'Iftâ' (avec rang de ministre).
En 1992, il fut nommé Grand Mufti de l'Arabie Saoudite et président du Conseil des Grands Savants et du Comité Permanent pour la Recherche Scientifique et l'Iftâ'.
Il fut également président du Conseil Constitutif de la Ligue Islamique Mondiale, président du Conseil Suprême Mondial des Mosquées, et président de l'Académie de Fiqh de la Ligue Islamique Mondiale à La Mecque.
Son caractère et sa piété : Ceux qui l'ont côtoyé témoignent unanimement de son humilité extraordinaire, de sa générosité, de son amour pour les pauvres, les orphelins et les veuves, et de son accessibilité malgré sa position. Il recevait les gens chez lui avec une bonté remarquable, répondait aux questions des savants comme des gens du commun, et ne se lassait jamais de donner des cours et des fatwas. Sa cécité ne fut jamais un obstacle pour lui ; au contraire, elle renforça sa dépendance envers Allâh et sa concentration sur la science.
Ses enseignements et sa da'wa : Sa vie entière fut consacrée à l'enseignement, à la da'wa, au commandement du bien et à l'interdiction du mal. Ses cours couvraient le tawhîd, le fiqh, le hadith, le tafsîr et les farâ'id. Ses fatwas, rassemblées dans son Majmû' Fatâwâ, couvrent pratiquement tous les aspects de la vie du musulman et restent une référence incontournable.
Ses œuvres : Il est l'auteur de plus de 60 ouvrages, en plus de ses innombrables fatwas, cours et conférences. Parmi ses écrits les plus connus :
Al-'Aqîda as-Sahîha wa mâ Yudâdduhâ — Sur la 'aqîda correcte et ce qui s'y oppose.
Hâshiya Mufîda 'alâ Fath al-Bârî — Ses notes et commentaires sur le célèbre commentaire du Sahîh d'al-Boukhârî par Ibn Hajar.
Iqâmat al-Barâhîn 'alâ Hukm man Istaghâtha bi Ghayr Allâh — Sur l'interdiction de l'invocation d'autre qu'Allâh.
Tuhfat al-Akhyâr — Un recueil d'invocations et de dhikr tirés du Coran et de la Sunna authentique.
Majmû' Fatâwâ wa Maqâlât Mutanawwi'a — Son recueil encyclopédique de fatwas, publié en de nombreux volumes.
Et de nombreux autres traités sur le tawhîd, la prière, la da'wa et la réfutation des innovations.
Son décès : Il mourut le jeudi 27 Muharram 1420 H. Il passa sa vie à déployer tous ses efforts pour rechercher les bonnes actions, acquérir la science, appeler à Allâh, subvenir aux besoins des musulmans et les aider. Le lendemain, après la prière du Vendredi, le Roi Fahd, le Prince héritier 'Abd Allâh, le Prince Sultân et des centaines de milliers de personnes accomplirent la prière funéraire sur lui au Masjid al-Harâm à La Mecque. Il fut enterré au cimetière d'al-'Adl à La Mecque. Qu'Allâh lui accorde Sa vaste miséricorde et l'accueille dans Firdaws al-A'lâ.
Son héritage : L'imam Ibn Bâz (رحمه الله) fait partie de ces savants qui ont marqué leur époque de manière indélébile. Son influence sur le mouvement salafi fut considérable, et la plupart des juges et savants religieux actuels en Arabie Saoudite sont ses anciens élèves. Sa voix douce mais ferme, ses fatwas claires fondées sur le Coran et la Sunna, sa générosité légendaire et son humilité face aux gens en ont fait l'un des savants les plus aimés de notre époque. Malgré sa cécité, il illumina la Oumma par sa science, et malgré les hautes fonctions qu'il occupa, il resta un serviteur humble d'Allâh jusqu'à son dernier souffle. Puisse Allâh nous faire bénéficier de sa science et nous rassembler avec lui dans Firdaws al-A'lâ.
