Al-Nafrawi
النفراوي
À propos de l'auteur
Nom complet : Shihâb ad-Dîn Abou al-'Abbâs Ahmad ibn Ghânim (ou Ghunaym) ibn Sâlim ibn Mihnâ an-Nafrâwî al-Azharî al-Mâlikî.
Naissance et décès : Il naquit en 1044 H (1634) dans le village de Nafrâ (Nafrî), qui dépend des districts de Quwaysnâ, en Égypte. Il y grandit, étudia le fiqh et s'instruisit. Il mourut en 1126 H (1714) au Caire. Il vécut donc plus de 82 années bénies. Qu'Allâh lui fasse miséricorde.
Sa nisba : Sa nisba « an-Nafrâwî » renvoie à Nafrâ (Nafrî), un petit village d'Égypte dans la région de Quwaysnâ (aujourd'hui dans la province de Monufiya, dans le Delta du Nil). Sa nisba « al-Azharî » renvoie à son rattachement au prestigieux Jâmi' al-Azhar du Caire, où il étudia et enseigna pendant des décennies.
Sa place dans la Oumma : Le Sheikh an-Nafrâwî (رحمه الله) fut l'un des grands savants mâlikites d'al-Azhar à la fin du XIe et au début du XIIe siècle hégirien. Il vécut à une époque charnière de l'histoire d'al-Azhar, juste après sa restructuration officielle avec la création du poste de Sheikh al-Azhar (instauré en 1090 H / 1679, peu après la naissance d'an-Nafrâwî). Il fut contemporain et collègue de plusieurs des premiers Sheikhs d'al-Azhar.
Son contexte et son rang : An-Nafrâwî fut le contemporain direct des trois premiers Sheikhs d'al-Azhar :
- Muhammad ibn 'Abd Allâh al-Kharâshî (le premier Sheikh al-Azhar, mort en 1101 H) — dont an-Nafrâwî fut le compagnon et disciple
- Ibrâhîm al-Barmâwî (le deuxième, mort en 1106 H)
- Muhammad an-Nashratî (le troisième, mort en 1120 H)
Lorsque le troisième Sheikh al-Azhar, l'imam an-Nashratî, mourut en 1120 H, deux camps se formèrent parmi les savants d'al-Azhar concernant sa succession : un groupe soutenait la candidature du Sheikh 'Abd al-Bâqî al-Qulaynî (disciple d'an-Nashratî), et un autre groupe — d'un madhhab différent — insistait pour que le Sheikh an-Nafrâwî lui-même prenne la tête d'al-Azhar. Ce fut une épreuve amère entre les deux camps, et finalement les disciples d'an-Nashratî réussirent à faire prévaloir leur candidat. Ce récit montre clairement le rang exceptionnel d'an-Nafrâwî : il fut l'un des deux seuls candidats sérieux à la tête d'al-Azhar à cette époque.
Lorsque le Sheikh Muhammad Shannan prit la mashyakha en 1720 après le décès du Sheikh Ahmad an-Nafrâwî, pendant la mashyakha du Sheikh 'Abd al-Bâqî al-Qulaynî...
Il est mentionné dans les chaînes de transmission (asânîd) des plus grands savants égyptiens du siècle qui suivit — il fut notamment le professeur de plusieurs figures éminentes.
Son rôle pédagogique : Parmi ses élèves les plus célèbres se trouve le Sheikh 'Abd Allâh ash-Shabrâwî — qui devint plus tard le cinquième Sheikh d'al-Azhar (mort en 1171 H) et l'un des plus grands savants shâfi'ites de l'Égypte ottomane.
Il fut également parmi les enseignants de la génération qui allait poser les fondations d'al-Azhar tel qu'il nous est parvenu : un centre mondial d'études islamiques, où se côtoyaient maîtres des quatre madhhabs.
Ses œuvres : Le Sheikh an-Nafrâwî (رحمه الله) composa plusieurs ouvrages, mais il est surtout connu pour un seul — son chef-d'œuvre :
Al-Fawâkih ad-Dawânî 'alâ Risâla ibn Abî Zayd al-Qayrawânî (Les Fruits Proches — commentaire de la Risâla d'Ibn Abî Zayd al-Qayrawânî) — Les commentaires des savants sur la Risâla d'Ibn Abî Zayd al-Qayrawânî sont nombreux, anciens comme récents ; ils ont œuvré à résoudre ses difficultés et à dénouer ses complexités, et ont cherché à rapprocher ses significations et à faciliter la compréhension de ses questions. Le commentaire al-Fawâkih ad-Dawânî 'alâ Risâla ibn Abî Zayd al-Qayrawânî du Sheikh Ahmad ibn Ghunaym ibn Sâlim ibn Mihnâ an-Nafrâwî al-Azharî al-Mâlikî est l'un des plus importants commentaires de la Risâla qayrawânîyya, par ce qu'il a de distinctif dans son appui sur les livres des anciens et des modernes dans son commentaire, et par ce qu'il contient de précision dans le rassemblement et l'édition.
C'est un livre de fiqh selon le madhhab mâlikite dans lequel son auteur, l'imam an-Nafrâwî, commenta la Risâla de l'imam Abou Muhammad al-Qayrawânî — surnommée Bâkûrat as-Sa'd (Les Prémices de la Félicité) et Zubdat al-Madhhab (La Crème du Madhhab) parce qu'elle est le premier abrégé apparu dans le madhhab mâlikite. Le livre est organisé selon l'ordre des chapitres du fiqh. L'auteur mentionne parfois après le jugement la preuve du Coran et de la Sunna, expose quelques autres madhhabs en préférant certains selon la preuve, mentionne beaucoup les avis des savants de son madhhab en précisant ce qui est adopté parmi eux, et aborde dans son commentaire certaines expressions linguistiques et grammaticales.
Publié en deux volumes (ou parfois en trois tomes), cet ouvrage est aujourd'hui encore l'un des commentaires de référence de la Risâla d'Ibn Abî Zayd al-Qayrawânî — le célèbre « petit Mâlik » qui résume le madhhab mâlikite. C'est l'un des textes les plus étudiés dans les madrasas mâlikites d'Afrique du Nord, de l'Afrique de l'Ouest, de l'Égypte et du Soudan pour accéder à la Risâla.
Les qualités pédagogiques des Fawâkih ad-Dawânî qui ont fait sa renommée :
- La clarté et la précision dans l'explication des expressions de la Risâla.
- L'appui sur les preuves du Coran et de la Sunna lorsque possible.
- Le fiqh comparé — il mentionne les positions des autres madhhabs et parfois les préfère selon la preuve.
- L'exposition du mu'tamad (position adoptée) du madhhab mâlikite.
- Les considérations linguistiques et grammaticales — précieuses pour les étudiants.
Ta'lîq 'alâ al-Basmala (Commentaire sur la Basmala) — Une épître de commentaire sur la Basmala, dont un manuscrit se trouve à la bibliothèque d'al-Azhariyya.
Sharh ar-Risâla an-Nûriyya — Un commentaire de ar-Risâla an-Nûriyya du Sheikh Nûrî as-Safâqusî, dont un manuscrit se trouve à la bibliothèque al-Azhariyya.
Sa 'aqîda : An-Nafrâwî (رحمه الله) suivait la voie ash'arite en 'aqîda, comme la quasi-totalité des mâlikites de son époque — et plus particulièrement des mâlikites d'al-Azhar. Cela se reflète dans son commentaire de la Risâla qui commence par un chapitre exposant la croyance d'Ahl as-Sunna wa al-Jamâ'a : Bâb mâ tantiqu bihi al-alsina wa ta'taqiduhu al-af'ida min wâjib umûr ad-diyânât (Chapitre sur ce que prononcent les langues et croient les cœurs des affaires nécessaires de la religion). Dans ce commentaire, il expose la 'aqîda selon la voie des ash'arites tardifs.
Son décès : Il mourut au Caire en 1126 H (1714), qu'Allâh lui accorde Sa vaste miséricorde et l'accueille dans Firdaws al-A'lâ.
Son héritage : Le Sheikh Ahmad an-Nafrâwî (رحمه الله) est l'une des figures essentielles du madhhab mâlikite à l'époque ottomane en Égypte. Bien qu'il n'ait pas occupé le poste de Sheikh al-Azhar, son rang parmi les savants de son temps lui valut d'être l'un des deux candidats considérés pour cette haute fonction. Ses Fawâkih ad-Dawânî constituent l'un des commentaires les plus largement étudiés de la Risâla d'Ibn Abî Zayd — le matn fondamental du madhhab mâlikite par lequel passent tous les débutants, du Maroc au Sénégal, de l'Algérie à l'Égypte, de la Tunisie au Nigéria. Par cet ouvrage, il a transmis à des générations innombrables la compréhension du « petit Mâlik ». Son parcours — un simple villageois du Delta du Nil qui s'élève jusqu'à devenir l'un des grands piliers d'al-Azhar — illustre la tradition méritocratique de la science islamique, où la naissance modeste n'est pas un obstacle. Qu'Allâh nous fasse bénéficier de sa science et élève sa demeure dans les plus hauts degrés du Paradis.
