Ibn Abi Zayd al-Qayrawani
ابن أبي زيد القيرواني
À propos de l'auteur
Nom complet : Abou Muhammad 'Abd Allâh ibn Abî Zayd 'Abd ar-Rahmân an-Nafzâwî al-Qayrawânî.
Naissance et décès : Il est né en 310 H (922) dans la ville d'al-Qayrawân (Kairouan), dans l'actuelle Tunisie, et il y est décédé en 386 H (996), qu'Allâh lui fasse miséricorde.
Sa place dans la Oumma : Il était l'imam des mâlikites de son époque et leur modèle. Il possédait une maîtrise complète du madhhab de Mâlik et expliqua ses positions. Il était connu sous le surnom de « le petit Mâlik » (Mâlik as-Saghîr), un titre qui témoigne de l'immensité de sa science et de sa fidélité à l'héritage de l'imam Mâlik (رحمه الله).
Le contexte de son époque : L'époque était difficile pour les musulmans d'Afrique du Nord, qui luttaient sous le règne des gouverneurs 'Ubaydites (Fatimides). Ces derniers, une secte chiite hérétique qui contrôlait l'Afrique du Nord depuis environ 279 H, étaient déterminés à abolir l'islam sunnite de la région. Les savants qui s'opposaient à eux étaient persécutés et tués. C'est dans ce contexte périlleux que l'imam Ibn Abî Zayd se dressa comme un phare pour Ahl as-Sunna au Maghreb.
Sa formation : Il étudia le fiqh auprès des fuqahâ' de sa ville et écouta ses cheikhs. Il s'appuya particulièrement sur Abou Bakr ibn al-Lubbâd, Abou al-Fadl al-Mumsî, Muhammad ibn Masrûr al-'Assâl, 'Abd Allâh ibn Masrûr, al-Qattân, al-Ibyânî, Ziyâd ibn Mûsâ, Sa'dûn al-Khawlânî, Abou al-'Arab et d'autres.
Sa science et son caractère : Il avait une science vaste, une mémoire prodigieuse et une transmission abondante. Ses livres en sont le meilleur témoignage. Son écriture était fluide, claire et précise. Il défendit l'école de Mâlik et établit les preuves en sa faveur. Il savait réfuter les gens des sectes. En plus de ses écrits, il était d'une grande piété, scrupulosité et chasteté.
Sa 'aqîda : La muqaddima (introduction) de sa Risâla est un texte de 'aqîda remarquable dans lequel il expose les fondements de la croyance. Il y affirme la croyance aux Noms et Attributs d'Allâh tels qu'ils sont révélés, sans les assimiler à la création ni les nier, et affirme la transcendance d'Allâh (al-'uluww) de la manière dont les premiers musulmans l'ont affirmée, ainsi que la nature incréée du Coran en tant que Parole divine. Ce texte est étudié et commenté par des savants de différentes orientations théologiques, certains le rattachant à la voie des Salaf, d'autres à l'école ash'arite. Il réfuta les Mu'tazilites dans son épître Ar-Radd 'alâ al-Qadariyya, défendant la doctrine sunnite selon laquelle Allâh est le seul Créateur de tous les actes.
Sa défense de la Sunna : Il consacra deux de ses ouvrages (Ar-Radd 'alâ al-Bakrî et Kashf at-Talbîs) à répondre à certaines bid'a (innovations) répandues parmi les soufis de son époque. Il se dressa également contre les 'Ubaydites (Fatimides) et les sectes déviantes qui menaçaient la 'aqîda des musulmans du Maghreb.
Ses œuvres : Il écrivit environ 35 livres et traités, dont certains comptaient un grand nombre de volumes. Parmi les plus célèbres :
Ar-Risâla (L'Épître) — Son œuvre la plus célèbre, composée à l'âge de 17 ans seulement. SubhânAllâh ! C'est un résumé concis et magnifique couvrant la 'aqîda, le fiqh mâlikite et les bonnes mœurs (akhlâq), destiné à l'éducation des jeunes. Aujourd'hui, il existe au moins 50 ouvrages écrits à différentes époques pour interpréter, expliquer ou développer la Risâla. Elle reste le texte d'entrée par excellence pour quiconque veut étudier le fiqh mâlikite.
An-Nawâdir wa az-Ziyâdât — Récemment publié en 15 volumes dépassant les 8 000 pages, ce livre est considéré comme une encyclopédie majeure du fiqh mâlikite. Il y rassembla les résumés de tous les savants mâlikites jusqu'à son époque, un travail colossal qui reflète la profondeur de sa science.
Il écrivit aussi un Mukhtasar al-Mudawwana, une révision de la 'Utbiyya, des traités sur la défense de l'école de Médine, sur les règles de la prière, sur le tawakkul, sur les manâsik du hajj, et bien d'autres.
Son rayonnement : Les gens de toutes les régions voyageaient pour le visiter, et ses compagnons étaient des personnes nobles. Même les savants de l'Orient, comme Ibn Mujâhid al-Baghdâdî, lui demandèrent des ijâzât (autorisations de transmission).
Son décès : Il mourut en 386 H à al-Qayrawân et fut pleuré par de nombreux poètes et écrivains de la ville qui composèrent des élégies émouvantes en son honneur. On rapporte qu'avant sa mort, on le vit dans son assemblée, le regard empreint de tristesse. Lorsqu'on lui en demanda la raison, il répondit : « J'ai rêvé que la porte de ma maison s'était effondrée » — pressentant ainsi sa fin prochaine. Qu'Allâh lui accorde Sa vaste miséricorde et l'accueille dans Firdaws al-A'lâ.
Son héritage : L'imam Ibn Abî Zayd al-Qayrawânî est l'un des plus grands savants qu'Allâh ait accordés au Maghreb musulman. Sa Risâla demeure, plus de mille ans après sa rédaction, le premier texte que des millions d'étudiants en science étudient lorsqu'ils abordent le fiqh mâlikite. Il incarne le modèle du savant qui protège la 'aqîda et la Sunna en temps de fitna, qui éduque les jeunes générations avec sagesse et clarté, et qui défend le madhhab avec science et preuves. C'est à juste titre qu'on l'appelle « le petit Mâlik ».
