Al-Quduri
القدوري
À propos de l'auteur
Nom complet : Abou al-Husayn Ahmad ibn Muhammad ibn Ahmad ibn Ja'far ibn Hamdân al-Qudûrî al-Baghdâdî al-Hanafî.
Naissance et décès : Il naquit en 362 H (973) à Bagdad. Il mourut à Bagdad le dimanche 5 Rajab 428 H (24 avril 1037), à l'âge de 66 ans. Il fut enterré le même jour dans sa maison à Darb Abî Khalaf, puis transféré vers une sépulture sur la rue al-Mansûr, où il fut enterré à côté d'Abou Bakr al-Khawârizmî, le faqîh hanafite. Qu'Allâh lui fasse miséricorde.
Son nom de famille : « al-Qudûrî » (avec damma sur le qâf et le dâl, suivis du wâw) est une nisba à al-qudûr (les marmites) — soit en raison de leur fabrication ou de leur vente, soit parce qu'il s'agit du nom d'un village.
Sa place dans la Oumma : C'était un faqîh hanafite à qui aboutit la direction des hanafites en Irak. Il avait une belle expression dans la discussion, était éminent dans son madhhab, et son rang fut élevé auprès des hanafites, son prestige grandit. Il assidu à la récitation du Coran.
Il fut classé dans la quatrième catégorie des fuqahâ', celle des Ashâb at-Tarjîh (savants de la préférence) parmi les muqallidîn.
Sa formation : Il se forma en fiqh auprès d'Abou 'Abd Allâh Muhammad ibn Yahyâ al-Jurjânî. Il transmit le hadith et fut un narrateur digne de confiance (sadûq).
Son rang parmi les hanafites : Il avait une place immense auprès des hanafites. Il avait une belle expression dans la discussion, était assidu à la récitation du Coran. Abou Bakr Ahmad ibn 'Alî ibn Thâbit al-Khatîb al-Hâfiz (l'auteur de Târîkh Baghdâd) transmit de lui, et dit : « Il était sadûq (digne de confiance). »
Il débattait avec le Sheikh Abou Hâmid al-Isfarâyînî — qui était le Sheikh des shâfi'ites d'Irak de son temps. Ces débats entre al-Qudûrî (Sheikh des hanafites) et Abou Hâmid al-Isfarâyînî (Sheikh des shâfi'ites) sont restés célèbres dans l'histoire de la science islamique. Les deux savants étaient les deux figures dominantes de la scène savante bagdadienne de la fin du IVe et du début du Ve siècle hégirien.
Sa piété : Abou Muhammad al-Fâmî le mentionne dans Tabaqât al-Fuqahâ' et fait son éloge. Il dit : « Il avait un fils auquel il n'apprit pas le fiqh. Il disait : "Laissez-le vivre pour son âme." Puis il mourut jeune. » SubhânAllâh, quelle sagesse paternelle — laisser son fils vivre pour lui-même plutôt que de l'accabler par ambition familiale.
Ses œuvres :
Al-Mukhtasar (L'Abrégé) — Son ouvrage le plus célèbre, connu universellement sous le nom de Mukhtasar al-Qudûrî. C'est l'un des plus grands et des plus influents ouvrages d'introduction au fiqh hanafite de toute l'histoire de l'islam. Ce texte concis, clair et méthodique, devint le premier matn que les débutants mémorisent avant d'aborder des ouvrages plus avancés. Il fut commenté par plus de dizaines de savants au fil des siècles, et traduit en de nombreuses langues.
Le Mukhtasar est aujourd'hui encore étudié dans les madrasas hanafites de Turquie, du Levant, d'Égypte, d'Inde, du Pakistan, d'Asie centrale et d'Afrique de l'Ouest. Il figure parmi les textes de référence à mémoriser pour tout étudiant en fiqh hanafite. Sa structure simple, sa langue épurée et son exhaustivité sur les questions essentielles en font un chef-d'œuvre pédagogique unique.
At-Tajrîd (La Synthèse) — Un ouvrage en sept volumes contenant les divergences entre ash-Shâfi'î et Abou Hanîfa et ses compagnons. Il commença à le dicter en 405 H. Cet ouvrage de fiqh comparé est l'une des plus grandes contributions au khilâf entre les deux grandes écoles de Bagdad. Il a été publié récemment en 12 volumes dans une édition critique.
At-Taqrîb (Le Rapprochement) — Un ouvrage sur les divergences entre Abou Hanîfa et ses compagnons (Abou Yûsuf, Muhammad ash-Shaybânî et Zufar), dépouillé des preuves.
At-Taqrîb ath-Thânî (Le Second Rapprochement) — Puis il composa le second Taqrîb, dans lequel il mentionna les mêmes questions accompagnées de leurs preuves.
Sharh Mukhtasar al-Karkhî (Commentaire du Mukhtasar d'al-Karkhî) — Il commenta le Mukhtasar d'al-Karkhî, l'un des textes classiques du fiqh hanafite antérieur. Ce commentaire récent a été publié en neuf volumes.
Kitâb an-Nikâh (Le Livre du Mariage) — Un traité spécialisé sur les règles du mariage.
Son époque : Al-Qudûrî vécut à Bagdad à une époque charnière — la fin du IVe siècle hégirien — lorsque la capitale abbasside connaissait encore son âge d'or intellectuel malgré le déclin politique du califat. Le madhhab hanafite y était dominant, appuyé par le pouvoir des Bouyides puis des Seldjoukides. Le Sheikh al-Qudûrî y représentait le sommet de la science hanafite à ce moment charnière, avant que le centre de gravité du madhhab ne se déplace vers l'Asie centrale (Samarqand, Boukhara) puis vers l'Empire ottoman.
Son décès : Il mourut à Bagdad le dimanche 5 Rajab 428 H (24 avril 1037), à l'âge de 66 ans. Il fut enterré le jour même dans sa maison à Darb Abî Khalaf, puis transféré vers une sépulture dans la rue al-Mansûr, où il repose à côté d'Abou Bakr al-Khawârizmî, le faqîh hanafite. Qu'Allâh lui accorde Sa vaste miséricorde et l'accueille dans Firdaws al-A'lâ.
Son héritage : L'imam al-Qudûrî (رحمه الله) est l'une des figures les plus essentielles de l'histoire du madhhab hanafite. Son Mukhtasar al-Qudûrî est, avec le Nûr al-Îdâh d'ash-Shurunbulâlî, le texte fondamental d'initiation au fiqh hanafite pour toute la Oumma depuis mille ans. Des millions de musulmans, de l'Andalousie à la Chine, ont appris leur religion par le biais de ce livre. Les commentaires écrits sur le Mukhtasar sont innombrables — parmi les plus célèbres : al-Lubâb d'al-Maydânî (mort en 1298 H), al-Jawhara an-Nayyira d'al-Haddâdî, al-Hidâya d'al-Marghînânî (le plus célèbre de tous, qui allait lui-même devenir le pivot du madhhab), et bien d'autres. Son Tajrîd en fiqh comparé est une référence unique dans l'histoire du khilâf entre les hanafites et les shâfi'ites. Et son rôle de chef des hanafites d'Irak à son époque le place au sommet de la hiérarchie savante de son temps. Qu'Allâh nous fasse bénéficier de sa science et élève sa demeure dans les plus hauts degrés du Paradis.
