Al-Shurunbulali
الشرنبلالي
À propos de l'auteur
Nom complet : Abou al-Ikhlâs Hasan ibn 'Ammâr ibn 'Alî al-Wafâ'î al-Misrî ash-Shurunbulâlî al-Hanafî.
Le nom « ash-Shurunbulâlî » (avec damma sur le shîn, damma sur le râ', sukûn sur le nûn, damma sur le bâ') est une attribution à Shubrâ Bulûla, son village d'origine dans la province d'al-Munûfiyya en Égypte.
Naissance et décès : Il est né à Shubrâ Bulûla, dans la province d'al-Munûfiyya en Égypte, en 994 H (1585). Son père l'amena de ce village au Caire alors qu'il avait six ans. Il y grandit et y mémorisa le Coran. Il mourut en 1069 H (1659) au Caire, qu'Allâh lui fasse miséricorde.
Sa place dans la Oumma : Le Sheikh Hasan ibn 'Ammâr Abou al-Ikhlâs al-Misrî ash-Shurunbulâlî, le faqîh hanafite al-Wafâ'î, était parmi les notables des juristes et les hommes vertueux de son temps. Sa renommée s'étendit et son affaire se répandit. Il était le meilleur parmi les savants tardifs dans la maîtrise du fiqh, le plus connaissant de ses textes et de ses règles, et le plus prolifique de plume dans la rédaction et la composition. Il était celui sur qui l'on s'appuyait pour la fatwa à son époque.
Sa formation : Il lut dans sa jeunesse auprès du Sheikh Muhammad al-Hamawî et du Sheikh 'Abd ar-Rahmân al-Mayssirî. Il se forma en fiqh auprès de l'imam 'Abd Allâh an-Nahrîrî, du 'allâma Muhammad al-Muhibbî al-Misrî surnommé Shams ad-Dîn al-Hanafî, et du Sheikh 'Alî ibn Ghânim al-Maqdisî al-Hanafî.
Son enseignement : Il enseigna à la mosquée al-Azhar et s'installa au Caire. Il occupa une position de premier plan auprès des autorités de l'État. De nombreuses personnes s'occupèrent de son enseignement et en bénéficièrent.
Ses élèves principaux : Parmi ses élèves les plus notables : le 'allâma Ahmad al-'Ajamî, Ahmad al-Hamawî, le Sheikh Shâhîn al-Armanâwî, le 'allâma Ismâ'îl an-Nâbulusî, le savant d'al-Quds le Sheikh 'Abd ar-Rahîm ibn Abî al-Lutf al-Husaynî, le Sheikh Hasan ibn 'Alî al-Jabartî al-Hanafî — l'arrière-grand-père du célèbre historien al-Jabartî, auteur de 'Ajâ'ib al-Âthâr — le Sheikh 'Abd al-Hayy ash-Shurunbulâlî, le Sheikh Ibrâhîm ash-Shurunbulâlî, et son propre fils le Sheikh Hasan ash-Shurunbulâlî.
Son voyage : Il visita la mosquée al-Aqsâ en 1035 H. Il fut également accompagné par le Sheikh Abou al-Is'âd Yûsuf ibn Wafâ, dont la compagnie lui valut la nisba « al-Wafâ'î » — signe de son affiliation à la tarîqa al-Wafâ'iyya, une branche shâdhilite répandue en Égypte.
Ses œuvres : Le Sheikh ash-Shurunbulâlî (رحمه الله) fut un auteur prolifique, et ses ouvrages — bien que concis pour la plupart — sont devenus des références dans l'enseignement du fiqh hanafite. Parmi ses œuvres les plus célèbres :
Nûr al-Îdâh wa Najât al-Arwâh (La lumière de la clarification et le salut des âmes) — Un matn concis de fiqh hanafite, qu'il composa lui-même, couvrant les rites de purification, de prière, de jeûne, de zakât et de hajj. C'est un petit livre au contenu abondant, à l'autorité correcte, qui contient ce par quoi se corrigent les cinq actes d'adoration, avec une expression aussi brillante que la pleine lune et le soleil, ses preuves venant du Coran, de la Noble Sunna et de l'ijmâ'. Les cœurs des croyants se réjouissent en lui, et les yeux et les oreilles s'en délectent. Ce texte est encore aujourd'hui l'un des premiers mutûn étudiés dans les madrasas hanafites du monde entier, particulièrement en Turquie, au Levant et en Asie du Sud.
Marâqî al-Falâh Sharh Nûr al-Îdâh (Les montées du succès — commentaire de Nûr al-Îdâh) — Son propre commentaire de son Nûr al-Îdâh. C'est en fait un abrégé d'un plus grand commentaire qu'il composa :
Imdâd al-Fattâh Sharh Nûr al-Îdâh wa Najât al-Arwâh — Son grand commentaire du Nûr al-Îdâh.
Marâqî as-Sa'âdât fî 'Ilmay at-Tawhîd wa al-'Ibâdât — Un ouvrage combinant 'aqîda et actes d'adoration.
Al-'Iqd al-Farîd li Bayân ar-Râjih min al-Khilâf bi Jawâz at-Taqlîd — Sur le taqlîd et les positions prépondérantes dans les divergences.
Sa'âdat al-Mâjid bi 'Imârat al-Masâjid — Un traité sur les règles de l'édification et de l'entretien des mosquées.
Mufîdat al-Husnâ li Daf' Zann al-Khulû bi as-Suknâ — Un traité sur une question de locations.
Tajaddud al-Masarrât bi al-Qism bayn az-Zawjât — Sur la répartition équitable des nuits entre les épouses dans le mariage.
Ithâf Dhawî al-Itqân bi Hukm ar-Rihân — Sur le jugement légal des paris et des gages.
Et de nombreux autres traités, épîtres et gloses sur les grands textes du madhhab hanafite comme le Durar al-Hukkâm de Mullâ Khusraw. D'ailleurs, Ibn 'Âbidîn lui-même composa une Hâshiya 'alâ ash-Shurunbulâlî, ce qui témoigne de la valeur accordée à ses œuvres par les générations suivantes.
Son importance dans le madhhab hanafite : L'importance du Sheikh ash-Shurunbulâlî se mesure à la permanence de son œuvre dans la pédagogie du fiqh hanafite. Son Nûr al-Îdâh est aujourd'hui encore le texte que des millions d'étudiants hanafites — de la Turquie au Pakistan, en passant par la Syrie, l'Égypte, le Maroc, l'Asie centrale et l'Asie du Sud-Est — mémorisent comme premier texte de fiqh. Son Marâqî al-Falâh, son propre commentaire sur ce matn, accompagne l'étudiant intermédiaire. L'architecture pédagogique qu'il a créée — matn concis, commentaire accessible, puis commentaire plus développé (Imdâd al-Fattâh) — est un modèle d'efficacité dans la transmission du savoir.
De plus, le Marâqî al-Falâh fut enrichi par la suite d'une célèbre Hâshiya par le Sheikh Ahmad at-Tahtâwî (mort en 1231 H), qui est elle-même un pilier des études hanafites.
Son décès : Il mourut en 1069 H au Caire. Qu'Allâh lui accorde Sa vaste miséricorde et l'accueille dans Firdaws al-A'lâ.
Son héritage : Le Sheikh Abou al-Ikhlâs ash-Shurunbulâlî (رحمه الله) est l'un des plus grands bâtisseurs de la pédagogie hanafite post-classique. Son Nûr al-Îdâh est, avec le Mukhtasar d'al-Qudûrî, le matn d'initiation au fiqh hanafite le plus étudié dans le monde. Son autorité en matière de fatwa au Caire du XIe siècle hégirien le plaçait dans la lignée directe des grands muftis hanafites, et ses ouvrages continuent d'être imprimés, enseignés et commentés aujourd'hui. Son surnom, « Abou al-Ikhlâs » — « le père de la sincérité » — en dit long sur la manière dont ses contemporains percevaient son caractère : un savant pour qui la sincérité envers Allâh était la qualité cardinale de toute science et de toute action. Qu'Allâh nous fasse bénéficier de sa science et nous accorde cette même sincérité.
