l’état de sacralisation (iḥrâm), sans pour autant toucher à la barbe ?
L’importance que les premières générations accordaient à la barbe allait jusqu’à prévoir, pour celui qui la rase, une sanction sociale très lourde : le rejet de son témoignage. On lit ainsi dans Al-Muyassar ʿalâ Khalîl : « Quiconque se rase délibérément la barbe est corrigé et son témoignage est refusé. » L’éminent juriste ad-Dusuqî déclare de même : « Il est illicite pour un homme de se raser la barbe ou la moustache ; celui qui le fait doit être châtié. »
Se raser la barbe est une mutilation
ʿAbd Allâh ibn Yazîd al-Ansârî (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Le Messager d’Allah ﷺ a interdit le pillage et la mutilation. » (rapporté par al-Bukhârî). Le terme « mutilation » désigne tout acte de défiguration.
Samura et ʿImrân ibn Ḥusayn (qu’Allah les agrée) ont dit : « Jamais le Messager d’Allah ﷺ ne nous a fait un sermon sans nous enjoindre l’aumône et nous interdire la mutilation. » (chaîne jugée bonne).
Ibn ʿAsâkir rapporte encore qu’ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz (que Dieu lui fasse miséricorde) a déclaré : « Se raser la barbe est une mutilation, et le Messager d’Allah ﷺ a proscrit la mutilation. »