si la barbe pouvait s’acheter à coups de dirhams, nous lui en aurions payé une afin qu’il fût un homme accompli. »
Un membre des Banû Tamîm, issu du clan d’al-Aḥnaf ibn Qays, déclara à son tour : « J’aimerais que nous puissions offrir à al-Aḥnaf une barbe pour vingt mille dirhams. » Il ne rappela ni sa claudication ni son défaut de l’œil ; il ne souligna que l’embarras qu’inspire l’absence de barbe, car, pour les gens sensés, un homme glabre paraît diminué.
On rapporte encore de Shurayḥ le juge qu’il disait : « Je souhaiterais avoir une barbe, fût-ce au prix de dix mille dirhams. »
Quel étonnement, alors, de voir certains de nos contemporains prêts à dépenser des sommes considérables pour éliminer définitivement leur barbe, simplement pour ne plus avoir à la raser !
Se raser la barbe est une humiliation
Pas un seul des imams de l’islam n’a, fût-ce une fois dans sa vie, rasé sa barbe. Bien au contraire, certains émirs peu instruits en religion, lorsqu’ils voulaient corriger un sujet pour une faute commise, lui rasaient la barbe, le faisaient monter sur une monture et le promenaient parmi le peuple afin de l’exposer au déshonneur. C’est pourquoi des juristes ont statué qu’« il est permis d’infliger un châtiment discrétionnaire (taʿzîr) en rasant la tête, non la barbe », parce que raser cette dernière est interdit. Ne vois-tu pas qu’il a même été prescrit de se raser la tête lors de la sortie de