Adillat Tahrim Halq al-LihyaMuhammad Ismāʿīl al-Muqaddam

Section : Le témoignage de celui qui se rase la barbe doit-il être rejeté ?

Abû Hâmid al-Ghazâlî rapporte dans l’Ihyâ’ : « ʿUmar ibn al-Khattâb – qu’Allah l’agrée – et Ibn Abî Yaʿlâ, le cadi de Médine, ont refusé le témoignage de quiconque s’arrachait la barbe (1). »

Le recueil al-Muyassar ʿalâ Khalîl, en droit malikite, précise que celui qui la rase sciemment doit être châtié et que son témoignage est récusé. Le shaykh Muḥammad Ḥabîb Allâh ash-Shinqîṭî l’a mis en vers :
« Dans le Muyassar, son témoignage se voit rejeté,
et l’on corrige de la verge celui qui le fait délibérément (2). »

L’imam vérificateur Ibn Qayyim al-Jawziyya – qu’Allah lui fasse miséricorde – déclare :
« Quant à l’avis juridique (fatwâ) du pécheur notoire (fâsiq), s’il émet une fatwâ destinée à autrui, celle-ci n’est pas recevable et il n’est pas permis au requérant de le consulter. En revanche, il lui est loisible d’agir selon la fatwâ qu’il s’édicte à lui-même, sans être tenu d’émettre des fatwas pour les autres. S’agissant de la consultation d’une personne dont l’état intérieur est voilé (mastûr al-ḥâl), deux opinions existent ; la plus juste est qu’il est permis de le consulter et qu’il lui est permis de donner fatwâ. »

Je dis : il en va de même pour le pécheur notoire, à moins qu’il n’affiche ouvertement sa turpitude et n’appelle à son innovation (blâmable) ; alors, le statut de sa consultation est identique à celui de son imamat et de son témoignage. Tout cela varie selon les lieux, les époques, la capacité ou l’incapacité. L’obligation est une chose, la réalité en est une autre. Le véritable juriste est celui qui fait coïncider l’idéal et le réel, qui applique l’obligation dans la mesure de ses moyens, et non celui qui jette l’inimitié entre le réel et l’obligatoire. Chaque époque a sa règle ; les gens ressemblent davantage à leur temps qu’à leurs pères. Lorsque la turpitude se généralise et domine les habitants de la terre, si l’on interdisait alors l’imamat des débauchés, de même que leurs témoignages, jugements, fatwas et charges publiques, les sentences légales seraient paralysées et l’ordre social se trouverait corrompu.

(1) Abou Hâmid al-Ghazâlî, Ihyâʾ ʿulûm ad-dîn, t. 2, p. 257. (2) Zâd al-Muslim, avec le commentaire marginal Fath al-Munʿim, t. 1, p. 178.
فصل هل ترد شهادة من يحلق لحيته قال أبو حامد الغزالي في الأحياء: وَرَدَّ عمر بن الخطاب وضي الله عنه، وابن أبي يعلى قاضي المدينة شهادة من كان ينتف لحيته (١). وفي الميسر على خليل في الفقه المالكي: أن من تعمد حلقها يؤدب وترد به شهادته. وقد نظمه الشيخ محمد حبيب الله الشنقيطي فقال (٢) وفي الميسر الشهادة ترد به وتأديب ذوي العمد ورد وقال الإمام المحقق ابن قيم الجوزية ﵀: وأما فتيا الفاسق فإن أفتى غيره لم تقبل فتواه، وليس للمستفتى أن يستفتيه، وله أن يعمل بفتوى نفسه، ولا يجب عليه أن يفتي غيره، وفي جواز استفتاء مستور الحال وجهان، والصواب جواز استفتائه وإفتائه. قلت: كذلك الفاسق إلا أن يكون معلنا بفسقه داعيا إلى بدعته، فحكم إستفتائه حكم إمامته وشهادته، وهذا يختلف باختلاف الأمكنة والأزمنة والقدرة والعجز، فالواجب شيء، والواقع شيء، والفقيه من يطبق بين الواقع والواجب، وينفذ الواجب بحسب استطاعته، لا من يلقى العداوة بين الواقع والواجب، فلكل زمان حكم، والناس بزمانهم أشبه منهم بآبائهم، وإذا عم الفسوق وغلب على أهل الأرض فلو منعت إمامة الفساق وشهاداتهم وأحكامهم وفتاويهم وولاياتهم لعطلت الأحكام، وفسد نظام
(١) الأحياء (٢/ ٢٥٧). (٢) زاد المسلم بحاشيه فتح المنعم (١/ ١٧٨).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies