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et de le désapprouver ; cette obligation est d’autant plus pressante lorsqu’il occupe un poste de direction religieuse (1). Partant, s’il est l’imam d’une mosquée et qu’il ne se réforme pas, il faut le démettre (2) dès que cela est réalisable et qu’aucune discorde n’en résulte ; à défaut, quiconque en a la possibilité devra prier derrière un autre homme vertueux, afin de le dissuader et de marquer la réprobation.
(1) La direction de la prière (imâma) est un dépôt sacré (amâna). Or celui qui se rase la barbe, affiche publiquement ce péché et y persiste, entre dans la portée du verset : « Ô vous qui croyez ! Ne trahissez pas Allah, Son Messager, ni les dépôts qui vous sont confiés en connaissance de cause » (s. Al-Anfâl, 8 : 27). Plusieurs savants l’ont même qualifié de fâsiq (pécheur notoire) pour s’être soustrait à l’obéissance due à Allah et à Son Messager, surtout s’il banalise cette transgression ou la considère légitime. Comment confier l’une des plus grandes prescriptions cultuelles à quelqu’un qui ne s’imprègne pas de l’éthique de la charîʿa (loi sacrée) et se montre indifférent à sa religion ? Le placer à l’imâma reviendrait à le magnifier alors qu’il n’en est pas digne, et encouragerait les fidèles à prendre ce péché à la légère. Dès lors, parmi ceux qui remplissent les conditions énoncées dans la Sunna, la priorité revient au fidèle dont l’apparence extérieure se conforme à la norme légale. L’imam qui persiste dans ce manquement ferait mieux de céder sa place à quelqu’un qui observe strictement les limites divines, afin de ne pas tomber sous la menace du ḥadith : « Allah n’accepte pas la prière de trois personnes, dont celui qui se place devant un groupe alors qu’ils le réprouvent » (rapporté par Abû Dâwûd). La réprobation visée est d’ordre religieux, fondée sur un manquement reconnu chez l’imam. Le Prophète a encore dit : « Trois prières ne dépassent pas leurs oreilles… », et il y inclut « l’imam d’un groupe qu’ils désapprouvent » (rapporté par at-Tirmidhî).
(2) L’argument invoqué semble s’appuyer sur le récit qu’Abû Dâwûd rapporte — sans l’évaluer, de même qu’al-Mundhirî — d’après as-Sâʾib ibn Khallâd : « Aḥmad rapporte qu’un Compagnon dirigea la prière d’un groupe, puis cracha en direction de la qibla tandis que le Messager d’Allah ﷺ le voyait. Une fois la prière achevée, le Prophète déclara : “Il ne priera plus pour vous.” Par la suite, cet homme voulut de nouveau mener la prière, mais les fidèles l’en empêchèrent et lui rappelèrent la parole du Prophète. Il en informa alors l’Envoyé d’Allah, qui confirma : “Oui”, et — pense le narrateur — ajouta : “Tu as offensé Allah et Son Messager.” » Voir ʿAwn al-Maʿbûd, 2/149-150.
عليه، ويتأكد ذلك إذا كان في مركز قيادي ديني (١)، وعلى هذا إذا كان إماما لمسجد ولم ينتصح وجب عزله (٢) إن تيسر ذلك، ولم تحدث فتنة، وإلا وجبت الصلاة وراء غيره من أهل الصلاح على من تيسر له ذلك زجرا له وانكارا
(١) لأن الإمامة من الأمانة، ومرتكب معصية حلق اللحية المجاهر بها المصر عليها يدخل حتى قوله تعالى: ﴿يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تَخُونُوا اللَّهَ وَالرَّسُولَ وَتَخُونُوا أَمَانَاتِكُمْ وَأَنْتُمْ تَعْلَمُونَ﴾ وقد أطلق عليه بعض العلماء صفة الفسق لخروجه عن طاعة الله ورسوله ﷺ، لا سيما إذا كان لا يبالي بهذه المعصية، بل ويستصوبها ويستحسنها، ومن لا يتأدب بآداب الشريعة ولا يهتم لأمر دينه كيف يؤتمن على أعظم شعائر الدين؟ وفي تقديمه للإمامة تعظيم له وليس هو من أهل التعظيم، وتقديمه يحمل الناس على الاستهانة بالمعصية والمقصود أن الأولى بالإمامة- مع الشروط المنصوص عليها في السنة- الخيار المتصفون بالهيئة الشرعية ظاهرا، والإمام المصر على هذه المعصية أحرى به أن يتنحى لمن هو أقوم بحدود الشريعة كيلا يقع تحت قوله ﷺ: «ثَلَاثَةٌ لَا يَقْبَلُ اللَّهُ مِنْهُمْ صَلَاةً، مَنْ تَقَدَّمَ قَوْمًا وَهُمْ لَهُ كَارِهُونَ" الحديث رواه أبو داود.
والاعتبار بالكراهة الدينية الناشئة عن مذموم شرعي قام بالإمام.
وقال ﷺ: "ثَلَاثَةٌ لَا تُجَاوِزُ صَلَاتُهُمْ آذَانَهُمْ" وذكر منهم "وَإِمَامُ قَوْمٍ وَهُمْ لَهُ كَارِهُونَ" أخرجه الترمذي.
(٢) ولعل دليله ما رواه أبو داود وسكت عنه هو والمنذري عن السائب بن خلاد: "قَالَ أَحْمَدُ: مِنْ أَصْحَابِ النَّبِيِّ ﷺ أَنَّ رَجُلًا أَمَّ قَوْمًا، فَبَصَقَ فِي الْقِبْلَةِ، وَرَسُولُ اللَّهِ ﷺ يَنْظُرُ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ حِينَ فَرَغَ: «لَا يُصَلِّي لَكُمْ»، فَأَرَادَ بَعْدَ ذَلِكَ أَنْ يُصَلِّيَ لَهُمْ فَمَنَعُوهُ وَأَخْبَرُوهُ بِقَوْلِ رَسُولِ اللَّهِ ﷺ، فَذَكَرَ ذَلِكَ لِرَسُولِ اللَّهِ ﷺ، فَقَالَ: «نَعَمْ»، وَحَسِبْتُ أَنَّهُ قَالَ: «إِنَّكَ آذَيْتَ اللَّهَ وَرَسُولَهُ». أنظر عون المعبود (٢/ ١٤٩ - ١٥٠)