Section – Limites de la barbe, d’un point de vue linguistique et juridique
Le shaykh Aḥmad ad-Dehlawî (1) écrit : « En longueur, la barbe s’étend depuis l’ʿanfaqa – c’est-à-dire le duvet qui pousse sur la lèvre inférieure, joint au poil du menton – jusqu’aux poils qui croissent sous le menton. En largeur, elle va des poils des joues – autrement dit des deux ʿâridhân, situés de part et d’autre du visage – ainsi que des tempes, jusqu’aux poils qui se trouvent sous la partie inférieure du maxillaire. Tout cela constitue la barbe. »
Lisân al-ʿArab rapporte, d’après Ibn Sayyid : « La barbe est le terme générique qui englobe les poils poussant sur les joues et le menton. » De même, Tâj al-ʿArûs et al-Qâmûs précisent : « La barbe est constituée des poils qui poussent sur les joues et le menton ; c’est le nom donné à tout ce qui, comme poil, croît sur les deux ʿâridhân et le menton. »
La joue commence, à droite comme à gauche, au niveau du nez et se prolonge jusqu’aux côtés du visage, le long des ʿâridhân. Quant au ʿâridh, Majmaʿ al-Biḥâr et an-Nihâya expliquent : « Le ʿâridh, dans la barbe, désigne la partie qui couvre la largeur de la mâchoire au-dessus du menton. » Majmaʿ al-Biḥâr ajoute : « Ainsi, l’expression : “je lui ai passé la main sur les deux ʿâridh”, signifie : sur les deux côtés de son visage, au-dessus du menton et jusqu’au-dessous de l’oreille. »
L’imâm an-Nawawî, qu’Allah lui fasse miséricorde, déclare : « S’agissant des poils des ʿâridhân, deux avis existent ; l’opinion retenue par la majorité est qu’ils relèvent du même statut que la barbe. »
Anas ibn Mâlik rapporte : « La barbe du Prophète ﷺ remplissait l’espace d’ici à ici », puis il passa ses mains sur ses deux ʿâridhân. Hadith rapporté par Ibn ʿAsâkir dans son Târîkh.