Le shaykh Ismâʿîl al-Ansârî, commentant le récit attribué à Ibn ʿUmar, déclare : « La valeur probante réside dans sa transmission, non dans son opinion personnelle isolée ; il ne fait aucun doute que la parole et l’action du Messager d’Allah priment et méritent bien davantage d’être suivies que celles de tout autre, qui qu’il soit. » (1)
Le shaykh ʿAbd ar-Raḥmân b. Muḥammad b. Qâsim al-ʿÂṣimî al-Ḥanbalî affirme : « Certains savants ont accordé une dispense pour couper ce qui dépasse une prise de poing, en se fondant sur la pratique d’Ibn ʿUmar ; toutefois, la majorité des érudits y voient une chose blâmable, et cette position est la plus solide à la lumière de ce qui a précédé. An-Nawawî a dit : “L’opinion retenue est de laisser la barbe telle quelle, sans la raccourcir d’aucune manière.” Al-Khaṭîb rapporte d’après Abû Saʿîd que le Messager d’Allah a déclaré : « Qu’un homme ne retranche rien de la longueur de sa barbe. » » (2)
Shâh Walîy Allâh ad-Dihlawî ajoute : « La barbe est ce qui distingue l’enfant de l’adulte ; elle est l’ornement des hommes et parachève leur prestance ; il faut donc impérativement la laisser pousser. La couper est une coutume des Mages ; c’est altérer la création d’Allah et faire ressembler les gens de rang et d’orgueil à la plèbe. » (3)
À la lumière de tout cela, l’inanité de l’avis avancé par l’érudit al-Abî, dans son commentaire du Ṣaḥîḥ de Muslim, selon lequel il suffirait de se contenter d’une barbe minimale, apparaît clairement, car il contredit les hadiths attribués au Prophète mentionnés plus haut. La science appartient à Allah Très-Haut.