Adillat Tahrim Halq al-LihyaMuhammad Ismāʿīl al-Muqaddam

ou encore ce dont l’accomplissement est préférable, tout en étant permis de s’en abstenir ; on le désigne aussi sous le nom de surérogatoire (nâfila), de sunna(1), d’acte de dévotion volontaire (taṭawwuʿ), d’acte recommandé (mustahabb) ou de bienfaisance (iḥsân).

  1. L’interdit : à l’inverse du devoir, c’est l’acte dont l’abandon est récompensé et dont l’accomplissement est sanctionné ; en d’autres termes, celui dont le Législateur a exigé l’abstention de manière impérative et obligatoire.

  2. Le déconseillé : c’est l’acte dont le fait de s’en abstenir vaut mieux que de l’accomplir, ou encore celui dont le Législateur demande l’abstention sans l’imposer. Le terme « makrûh » peut s’appliquer soit à ce qui est prohibé (maḥẓûr), soit à ce qui fait l’objet d’une interdiction de révulsion (nahy tanzîh), de sorte qu’aucune sanction ne découle de son accomplissement. Pour la majorité des juristes, son auteur n’est pas blâmé, tandis que celui qui s’en abstient est loué.

(1) La sunna signifie, dans le langage courant, « la voie », même si celle-ci est blâmable ; en terminologie religieuse, elle s’oppose à la bida (innovation) et désigne la voie empruntée dans la religion par le Prophète – que Dieu le bénisse et le salue – et par les pieux prédécesseurs. D’où ce hadith : « Attachez-vous à ma sunna et à celle des califes bien guidés après moi ; mordez-y à pleines dents », rapporté par Abou Daoud et al-Tirmidhi, qui le qualifie de « bon et authentique ». Dans ce sens général, la sunna englobe l’obligatoire, le recommandé et le simplement permis, qu’il s’agisse d’actes, de paroles ou de croyances. Le fait que les juristes restreignent le terme à ce qui est demandé sans caractère impératif relève d’un usage technique apparu pour distinguer cette catégorie du fard (obligation). Ainsi, dire que laisser pousser la barbe est une sunna signifie, sur le plan religieux, qu’il s’agit de la voie louée du Prophète ; d’un point de vue strictement juridique, c’est néanmoins une obligation. Voir al-Udda, hachiya d’al-Sanani sur Ahkam al-ahkam d’Ibn Daqiq al-Id, 1/353-357, ainsi que Tuhfat al-mawdud bi-ahkam al-mawlud d’Ibn al-Qayyim, p. 176-177.
هو الراجح فعله مع جواز تركه، وقد يسمى النافلة والسنة (١)، والتطوع والمستحب والإحسان. ٤ - الحرام: وهو ضد الواجب، وهو ما في تركه الثواب وفي فعله العقاب، أو هو ما طلب الشارع الكف عن فعله على وجه الحتم واللزوم. ٥ - المكروه: هو ما تركه خير من فعله، أو هو ما طلب الشارع الكف عنه طلبًا غير ملزم، وقد يطلق "المكروه" على المحظور، وعلى ما نهي عنه نهي تنزيه، فلا يتعلق بفعله عقاب، وعند الجمهور: لا يذم فاعله ويمدح تاركه.
(١) السنة: تعنى في اللغة الطريقة ولو غير مرضية، أما في الشرع فهي تقال في مقابلة البدعة، على الطريقة المسلوكة في الدين بأن سلكها النبي ﷺ والسلف الصالح من بعده، مثال ذلك قوله ﷺ: "عليكم بسنتي وسنة الخلفاء الراشدين المهديين من بعدي عضوا عليها بالنواجذ" الحديث رواه أبو داود والترمذي، وقال: حسن صحيح، وهي على هذا المعنى شاملة للواجب والمندوب والمباح، سواء في الأعمال أو الأقوال أو الاعتقادات، أما تخصيص الفقهاء لها بما طلب طلبًا غير جازم، فهو اصطلاح طارئ قصدوا به التمييز بينها وبين الفرض، فعلى ذلك إذا وصف إعفاء اللحية بأنه سنة فالمقصود من ذلك المعنى الشرعي وهو الطريقة المحمودة، أي طريقة ونهج الرسول ﷺ، أما صفته من الناحية الفقهية فهو واجب ليس بسنة، وراجع تحقيق هذا المعنى في "العدة" حاشية الصنعاني على "أحكام الأحكام" لابن دقيق العيد (١/ ٣٥٣ - ٣٥٧) وكذا "تحفة المودود بأحكام المولود" لابن القيم (ص-١٧٦ - ١٧٧).

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