ou encore ce dont l’accomplissement est préférable, tout en étant permis de s’en abstenir ; on le désigne aussi sous le nom de surérogatoire (nâfila), de sunna(1), d’acte de dévotion volontaire (taṭawwuʿ), d’acte recommandé (mustahabb) ou de bienfaisance (iḥsân).
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L’interdit : à l’inverse du devoir, c’est l’acte dont l’abandon est récompensé et dont l’accomplissement est sanctionné ; en d’autres termes, celui dont le Législateur a exigé l’abstention de manière impérative et obligatoire.
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Le déconseillé : c’est l’acte dont le fait de s’en abstenir vaut mieux que de l’accomplir, ou encore celui dont le Législateur demande l’abstention sans l’imposer. Le terme « makrûh » peut s’appliquer soit à ce qui est prohibé (maḥẓûr), soit à ce qui fait l’objet d’une interdiction de révulsion (nahy tanzîh), de sorte qu’aucune sanction ne découle de son accomplissement. Pour la majorité des juristes, son auteur n’est pas blâmé, tandis que celui qui s’en abstient est loué.
(1) La sunna signifie, dans le langage courant, « la voie », même si celle-ci est blâmable ; en terminologie religieuse, elle s’oppose à la bida (innovation) et désigne la voie empruntée dans la religion par le Prophète – que Dieu le bénisse et le salue – et par les pieux prédécesseurs. D’où ce hadith : « Attachez-vous à ma sunna et à celle des califes bien guidés après moi ; mordez-y à pleines dents », rapporté par Abou Daoud et al-Tirmidhi, qui le qualifie de « bon et authentique ». Dans ce sens général, la sunna englobe l’obligatoire, le recommandé et le simplement permis, qu’il s’agisse d’actes, de paroles ou de croyances. Le fait que les juristes restreignent le terme à ce qui est demandé sans caractère impératif relève d’un usage technique apparu pour distinguer cette catégorie du fard (obligation). Ainsi, dire que laisser pousser la barbe est une sunna signifie, sur le plan religieux, qu’il s’agit de la voie louée du Prophète ; d’un point de vue strictement juridique, c’est néanmoins une obligation. Voir al-Udda, hachiya d’al-Sanani sur Ahkam al-ahkam d’Ibn Daqiq al-Id, 1/353-357, ainsi que Tuhfat al-mawdud bi-ahkam al-mawlud d’Ibn al-Qayyim, p. 176-177.