Adillat Tahrim Halq al-LihyaMuhammad Ismāʿīl al-Muqaddam

Al-Bukhârî ajoute : « Ibn ʿUmar, lorsqu’il accomplissait le pèlerinage majeur ou la ʿumra, prenait sa barbe dans son poing et coupait ce qui dépassait. » (1)

Al-Mubârakpūrī remarque quant à lui : « L’avis selon lequel on peut retrancher ce qui dépasse une prise de poing — opinion étayée par les récits rapportés d’Ibn ʿUmar, de ʿUmar et d’Abû Hurayra — est faible ; en effet, les hadiths authentiques attribués au Prophète qui ordonnent de laisser pousser la barbe invalident ces traditions. Ces derniers, du fait même de leur authenticité, priment et rendent ces récits impropres à servir de preuve. L’opinion la plus sûre consiste donc à s’en tenir au sens apparent de ces hadiths : il est répréhensible de couper quoi que ce soit de la longueur ou de la largeur de la barbe. Allah est plus savant.

Il poursuit : « Al-Kirmânî a dit : “Il se peut qu’Ibn ʿUmar ait voulu combiner, dans le cadre des rites, rasage total et raccourcissement ; il rasa donc entièrement sa tête et réduisit sa barbe afin de rentrer dans la portée générale de la parole divine : « rasés de près pour certains, les cheveux coupés courts pour d’autres » (s. 48, v. 27). Il limita ainsi cette pratique, sans entrer en contradiction avec l’ordre : « laissez pousser les barbes », en la restreignant à une situation autre que l’état normal.” »
Al-Hâfiẓ commente : « Il ressort plutôt qu’Ibn ʿUmar ne réservait pas cette coupe à la période du rite ; il considérait que le commandement de laisser pousser la barbe ne s’applique pas lorsqu’une longueur ou une épaisseur excessive défigure l’apparence. »

Al-Shawkânî (2) écrit également, à propos de ce même récit d’Ibn ʿUmar : « Lorsqu’il accomplissait le ḥajj ou la ʿumra, il saisissait sa barbe ; ce qui dépassait, il le coupait. » Certains savants s’en sont prévalus comme argument, mais les narrations attribuées au Prophète le réfutent.

(1) Un argument supplémentaire est fourni par le ḥadith rapporté par Abou Dâwûd, d’après Jâbir, avec une chaîne jugée bonne : « Nous laissions pousser le sibaal (les mèches longues de la barbe) sauf lors du ḥajj ou de la ʿumra », c’est-à-dire que nous le laissions abondant. Le terme sibaal désigne la partie de la barbe qui dépasse en longueur. Jâbir – qu’Allah l’agrée – indique ainsi qu’ils en réduisaient la longueur durant les rites du pèlerinage. (2) Ceux qui défendent cette position avancent que l’on ne délaisse pas un ḥadith authentique, infaillible, au motif qu’une fatwa rapportée par son propre transmetteur s’y oppose, puisque cette dernière n’est pas protégée de l’erreur. Le narrateur peut en effet avoir oublié le ḥadith, ne pas l’avoir à l’esprit au moment de la fatwa, ne pas percevoir qu’il s’applique à la question, l’interpréter faiblement, croire à tort qu’un texte contraire existe, ou encore suivre l’avis d’un autre savant en qui il a confiance, pensant que celui-ci ne l’a contredit qu’en vertu d’une preuve plus forte. Les écoles mâlikite, shâfiʿite et hanbalite ont tiré de ce principe de nombreux développements, préférant souvent se conformer à la version rapportée du ḥadith plutôt qu’à la fatwa du transmetteur lui-même (Majallat al-Buhûth al-Islâmiyya, vol. 1, n° 3, p. 157).
وزاد البخاري: وَكَانَ ابْنُ عُمَرَ: «إِذَا حَجَّ أَوِ اعْتَمَرَ قَبَضَ عَلَى لِحْيَتِهِ، فَمَا فَضَلَ أَخَذَهُ» (١). وقال المباركفوري ﵀: وأما قول من قال: إنه إذا زاد على القبضة يؤخذ الزائد، واستدل بآثار ابن عمر وعمر وأبي هريرة ﵃ فهو ضعيف. لأن أحاديث الإعفاء المرفوعة الصحيحة تنفي هذه الآثار، فهذه الآثار لا تصلح للاستدلال بها مع وجود هذه الأحاديث المرفوعة الصحيحة، فأسلم الأقوال هو قول من قال بظاهر أحاديث الإعفاء، وكره أن يؤخذ شيء من طول اللحية وعرضها، والله تعالي أعلم. ثم قال ﵀: قال الكرماني: لعل ابن عمر أراد الجمع بين الحلق والتقصير في النسك فحلق رأسه كله وقصر من لحيته ليدخل في عموم قوله تعالى: ﴿مُحَلِّقِينَ رُءُوسَكُمْ وَمُقَصِّرِينَ﴾ وخص ذلك من عموم قوله: ووفروا اللحى فحمله على حالة غير حالة النسك، قال الحافظ: الذي يظهر أن ابن عمر كان لا يخص هذا التخصيص بالنسك، بل كان يحمل الأمر بالإعفاء على غير الحالة التي تتشوه فيها الصورة بإفراط طول شعر اللحية أو عرضه اهـ. قال لشوكاني (٢) أيضا معلقا على أثر ابن عمر ﵄: "أنه كان إذا حج أو اعتمر قبض على لحيته فما فضل أخذه". وقد استدل بذلك أهل العلم، والروايات المرفوعة ترده اهـ.
(١) ومما يؤيده ما أخرجه أبو داود من حديث جابر بسند حسن قال: "كنا نعفى السبال إلا في حج أو عمرة" أي نتركه وافرا، والسبال: ما طال من شعر اللحية، فأشار جابر ﵁ إلى أنهم يقصرون منها في النسك. (٢) وحجة من قال هذا أن الحديث الصحيح المعصوم لا يترك لمخالفة رواية وهو غير معصوم، إذ من الممكن أن ينسى الراوي الحديث أو أنه لا يحضره الحديث وقت الفتيا، أولا يتفطن لدلالته على المسألة التي خالفه فيها أو يتأول فيها تأويلا مرجوحا، أو يقوم في ظنة ما يعارضه ولا يكون معارضا له في الواقع، أو يقلد غيره في فتواه بخلافه لثقته به واعتقاد أنه إنما خالفه لدليل أقوى منه، وعلى هذا الأصل بين المالكية والشافعية والحنابلة فروع كثيرة حيث قدموا العمل برواية الراوي على فتواه (مجلة البحوث الإسلامية). المجلد الأول -العدد الثالث- ص١٥٧.

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