Al-Bukhârî ajoute : « Ibn ʿUmar, lorsqu’il accomplissait le pèlerinage majeur ou la ʿumra, prenait sa barbe dans son poing et coupait ce qui dépassait. » (1)
Al-Mubârakpūrī remarque quant à lui : « L’avis selon lequel on peut retrancher ce qui dépasse une prise de poing — opinion étayée par les récits rapportés d’Ibn ʿUmar, de ʿUmar et d’Abû Hurayra — est faible ; en effet, les hadiths authentiques attribués au Prophète qui ordonnent de laisser pousser la barbe invalident ces traditions. Ces derniers, du fait même de leur authenticité, priment et rendent ces récits impropres à servir de preuve. L’opinion la plus sûre consiste donc à s’en tenir au sens apparent de ces hadiths : il est répréhensible de couper quoi que ce soit de la longueur ou de la largeur de la barbe. Allah est plus savant.
Il poursuit : « Al-Kirmânî a dit : “Il se peut qu’Ibn ʿUmar ait voulu combiner, dans le cadre des rites, rasage total et raccourcissement ; il rasa donc entièrement sa tête et réduisit sa barbe afin de rentrer dans la portée générale de la parole divine : « rasés de près pour certains, les cheveux coupés courts pour d’autres » (s. 48, v. 27). Il limita ainsi cette pratique, sans entrer en contradiction avec l’ordre : « laissez pousser les barbes », en la restreignant à une situation autre que l’état normal.” »
Al-Hâfiẓ commente : « Il ressort plutôt qu’Ibn ʿUmar ne réservait pas cette coupe à la période du rite ; il considérait que le commandement de laisser pousser la barbe ne s’applique pas lorsqu’une longueur ou une épaisseur excessive défigure l’apparence. »
Al-Shawkânî (2) écrit également, à propos de ce même récit d’Ibn ʿUmar : « Lorsqu’il accomplissait le ḥajj ou la ʿumra, il saisissait sa barbe ; ce qui dépassait, il le coupait. » Certains savants s’en sont prévalus comme argument, mais les narrations attribuées au Prophète le réfutent.