Adillat Tahrim Halq al-LihyaMuhammad Ismāʿīl al-Muqaddam

imposant le rasage à ras l’emporterait, car elle est rapportée par les deux Ṣaḥîḥ. Al-Ṭaḥâwî rapporte en outre : « Le Messager d’Allah ﷺ prit quelque chose de la moustache d’al-Mughîra avec son siwâk » (1).

Al-Ṭaḥâwî commente : « Ce récit n’implique pas un rasage à ras. » On lui répond qu’une telle lecture reste possible et que l’affirmation selon laquelle il exclurait nécessairement l’iḥfâʾ est infondée (2). Quand bien même on jugerait ce hadith authentique dans le sens qu’il lui donne, il ne contredit pas les autres paroles du Prophète ﷺ.

Al-Ṭabarî, pour sa part, considère que l’on a le choix entre le rasage à ras et la simple coupe. Il déclare : « La sunna atteste les deux pratiques sans qu’il y ait opposition : la coupe signifie qu’on enlève une partie, tandis que l’iḥfâʾ consiste à tout enlever ; les deux sont établis, si bien que l’on peut opter pour l’une ou l’autre. »

Al-Ḥâfiẓ observe : « L’avis d’al-Ṭabarî est conforté par le fait que les deux prescriptions se retrouvent simultanément dans les hadiths marfuʿ. »

Al-Mubârakfûrî écrit dans Tuḥfat al-Aḥwadhî : « J’estime que l’opinion défendue par al-Ṭabarî est la plus évidente » (3).

Al-Shawkânî — qu’Allah lui fasse miséricorde —, commentant le hadith « Dix pratiques relèvent de la disposition naturelle », déclare :
« Quant aux mots “et laisser pousser la barbe”, iʿfâʾ al-liḥya signifie la laisser abondante, ainsi que le mentionne le Qâmûs. Dans une version de al-Bukhârî on lit : “Laissez croître vos barbes (wa-firrû al-lihâ)”, et dans une autre, rapportée par Muslim : “Laissez pousser vos barbes (awfû al-lihâ)”, deux expressions équivalentes. Les Perses avaient pour habitude de tailler la barbe ; la Loi révélée a interdit cette pratique et ordonné de la laisser pousser. »

(1) Également rapporté par Abu Dawud et al-Bayhaqi. La version d’Abu Dawud dit : « J’ai reçu le Prophète ﷺ chez moi alors que ma moustache était fournie ; il la coupa à l’aide d’un siwak. » Ibn Hajar commente : « Les savants divergent sur le sens de l’expression “à l’aide d’un siwak”. L’avis le plus solide est que le Prophète plaça un siwak contre la lèvre, sous les poils, puis les coupa avec des ciseaux. » Selon une autre explication, il aurait taillé la moustache « après avoir utilisé le siwak », c’est-à-dire après s’être brossé les dents. La première interprétation est corroborée par la version d’al-Bayhaqi : « Il plaça le siwak sous la moustache et la coupa le long de celui-ci. » Al-Bazzar rapporte encore, d’après Aisha : « Le Prophète ﷺ aperçut un homme dont la moustache dépassait ; il dit : “Apportez-moi des ciseaux et un siwak.” Il posa le siwak sur le bord de la moustache, puis coupa ce qui excédait. » (2) L’avis d’al-Tahawi — selon lequel l’opération décrite ne constitue pas un rasage complet (ihfa) — paraît le plus plausible. Voir Tuhfat al-Ahwadhi, 8/43. (3) Tuhfat al-Ahwadhi, vol. 8, p. 43.
الإحفاء أرجح لأنها في الصحيحين وروى الطحاوي "أن رسول الله ﷺ أخذ من شارب المغيرة على سواكه" (١). قال -أي الطحاوي- وهذا لا يكون معه إحفاء، ويجاب عنه بأنه محتمل، ودعوى أنه لا يكون معه إحفاء ممنوعة (٢)، وهو -وإن صح- كما ذكر لا يعارض تلك الأقوال منه ﷺ اهـ. وذهب الطبري إلى التخيير بين الإحفاء والقص، وقال: دلت السنة على الأمرين ولا تعارض، فإن القص يدل على أخذ البعض، والإحفاء يدل على أخذ الكل، وكلاهما ثابت فيتخير فيما شاء اهـ. قال الحافظ: ويرجح قول الطبري ثبوت الأمرين معا في الأحاديث المرفوعة اهـ. قال المباركفوري في تحفة الأحوذي: قلت: ما ذهب اليه الطبري هو الظاهر (٣). وقال لشوكاني ﵀ معلقا على حديث (عشر من الفطرة) الحديث: قوله وإعفاء اللحية, إعفاء اللحية: توفيرها، كما في القاموس، وفي رواية للبخاري: "وفروا اللحى" وفي رواية أخرى لمسلم: "أوفوا اللحى" وهو بمعناه. وكان من عادة الفرس قص اللحية، فنهى الشارع عن ذلك، وأمر بإعفائها.
(١) وأخرجه أيضا أبو داود والبيهقي ولفظ أبو داود "ضفت النبي ﷺ وكان شاربي وفي، فقصه على سواك. وقال الحافظ: واختلف في المراد بقوله على سواك فالراجح أنه وضع سواكا عند الشفة تحت الشعر وأخذ الشعر بالمقص. قيل المعنى: قصه على أثر سواك أي بعد ما تسوك، ويؤيد الأول ما أخرجه البيهقي في هذا الحديث قال فيه: فوضع السواك تحت الشارب وقص عليه، وأخرج البزار من حديث عائشة "أن النبي ﷺ أبصر رجلا وشاربه طويل، فقال: ائتوني بمقص وسواك، فجعل السواك على طرفه، ثم أخذ ما جاوره" اهـ. (٢) بل الظاهر هو قول الطحاوي أن هذا لا يكون معه إحفاء الأحوذى (٨/ ٤٣). (٣) تحفة الأحوذي (٨/ ٤٣).

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