imposant le rasage à ras l’emporterait, car elle est rapportée par les deux Ṣaḥîḥ. Al-Ṭaḥâwî rapporte en outre : « Le Messager d’Allah ﷺ prit quelque chose de la moustache d’al-Mughîra avec son siwâk » (1).
Al-Ṭaḥâwî commente : « Ce récit n’implique pas un rasage à ras. » On lui répond qu’une telle lecture reste possible et que l’affirmation selon laquelle il exclurait nécessairement l’iḥfâʾ est infondée (2). Quand bien même on jugerait ce hadith authentique dans le sens qu’il lui donne, il ne contredit pas les autres paroles du Prophète ﷺ.
Al-Ṭabarî, pour sa part, considère que l’on a le choix entre le rasage à ras et la simple coupe. Il déclare : « La sunna atteste les deux pratiques sans qu’il y ait opposition : la coupe signifie qu’on enlève une partie, tandis que l’iḥfâʾ consiste à tout enlever ; les deux sont établis, si bien que l’on peut opter pour l’une ou l’autre. »
Al-Ḥâfiẓ observe : « L’avis d’al-Ṭabarî est conforté par le fait que les deux prescriptions se retrouvent simultanément dans les hadiths marfuʿ. »
Al-Mubârakfûrî écrit dans Tuḥfat al-Aḥwadhî : « J’estime que l’opinion défendue par al-Ṭabarî est la plus évidente » (3).
Al-Shawkânî — qu’Allah lui fasse miséricorde —, commentant le hadith « Dix pratiques relèvent de la disposition naturelle », déclare :
« Quant aux mots “et laisser pousser la barbe”, iʿfâʾ al-liḥya signifie la laisser abondante, ainsi que le mentionne le Qâmûs. Dans une version de al-Bukhârî on lit : “Laissez croître vos barbes (wa-firrû al-lihâ)”, et dans une autre, rapportée par Muslim : “Laissez pousser vos barbes (awfû al-lihâ)”, deux expressions équivalentes. Les Perses avaient pour habitude de tailler la barbe ; la Loi révélée a interdit cette pratique et ordonné de la laisser pousser. »