Adillat Tahrim Halq al-LihyaMuhammad Ismāʿīl al-Muqaddam

Ibn al-Qayyim — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit : Quant à Abû Ḥanîfa, Zufar, Abû Yûsuf et Muḥammad, leur position au sujet des cheveux de la tête et de la moustache est que raser de très près (al-iḥfâʾ) est préférable à les raccourcir. Certains mâlikites ont rapporté qu’al-Shâfiʿî partageait l’avis d’Abû Ḥanîfa concernant le rasage de la moustache. Al-Ṭaḥâwî déclare : « Je n’ai trouvé, de la part d’al-Shâfiʿî, aucun texte explicite à ce sujet ; toutefois, les deux disciples que nous avons côtoyés, al-Muzanî et al-Rabîʿ, rasaient leurs moustaches de très près ; cela montre qu’ils tenaient cette pratique d’al-Shâfiʿî. » Al-Athram rapporte de l’imâm Aḥmad qu’il rasait sa moustache d’une façon très prononcée ; je l’ai entendu interrogé sur la sunna relative au rasage de la moustache et il répondit : « On la rase de très près. » Ḥanbal relate encore que l’on demanda à Abû ʿAbd Allâh : « Penses-tu qu’un homme doive prendre sa moustache et la raser à ras, ou comment doit-il la couper ? » Il répondit : « S’il la rase à ras, il n’y a pas de mal ; s’il se contente de la couper, il n’y a pas de mal non plus. » Abû Muḥammad écrit dans al-Mughnî : « L’intéressé a le choix entre la raser de très près et la couper. » An-Nawawî rapporte dans son Sharḥ Muslim que certains savants penchent de même pour laisser à chacun le choix entre le rasage à ras et le simple raccourcissement. Al-Ṭaḥâwî, pour sa part, transmet le rasage à ras de la part d’un groupe de Compagnons — Abû Saʿîd, Abû Usayd, Râfiʿ ibn Khadîj, Sahl ibn Saʿd, ʿAbd Allâh ibn ʿUmar, Jâbir et Abû Hurayra — qu’Allah les agrée tous.

Ibn al-Qayyim — qu’Allah lui fasse miséricorde — poursuit : Ceux qui ne considèrent pas le rasage à ras comme requis s’appuient sur les deux hadiths remontant à ʿÂʾisha et Abû Hurayra — qu’Allah les agrée — dans lesquels le Prophète ﷺ dit : « Dix pratiques relèvent de la disposition naturelle », et il y mentionne « raccourcir la moustache » ; ainsi que sur le hadith d’Abû Hurayra — qu’Allah l’agrée — où il est question de « cinq pratiques de la disposition naturelle », parmi lesquelles « raccourcir la moustache ». Les partisans du rasage à ras, quant à eux, invoquent les hadiths qui en donnent l’ordre explicite — ils sont authentiques —, ainsi que le hadith d’Ibn ʿAbbâs — qu’Allah l’agrée : « Le Messager d’Allah ﷺ rasait sa moustache de très près. »

Al-Shawkânî explique enfin : Le terme iḥfâʾ ne signifie pas, comme l’a avancé an-Nawawî, « rasez ce qui dépasse de la lèvre supérieure », mais bien « ôter entièrement », ainsi que l’attestent al-Ṣiḥâḥ, al-Qâmûs, al-Kashshâf et l’ensemble des dictionnaires de langue. La version qui parle de « couper » n’est pas contradictoire : on peut en effet couper à ras ou non ; la version exprimant le rasage à ras précise donc l’intention. De même, le hadith principal de ce chapitre — « Celui qui ne prend rien de sa moustache n’est pas des nôtres » — n’entre pas en conflit avec la version ordonnant le rasage à ras, car cette dernière comporte un apport supplémentaire auquel il faut nécessairement se conformer. Et quand bien même on poserait une opposition absolue, la version

قال ابن القيم ﵀: وأما أبو حنيفة وزفر وأبو يوسف ومحمد فكان مذهبهم في شعر الرأس والشوارب أن الإحفاء أفضل من التقصير، وذكر بعض المالكية عن الشافعي أن مذهبه كمذهب أبي حنيفة في حلق الشارب، قال الطحاوي: ولم أجد عن الشافعي شيئا منصوصا في ذلك، وأصحابه الذين رأيناهم المزني والربيع كانا يحفيان شواربهما، ويدل ذلك أنهما أخذاه عن الشافعي، وروى الأثرم عن الإمام أحمد أنه كان يحفي شاربه إحفاء شديدا، وسمعته يسأل عن السنة في إحفاء الشارب، فقال: يحفى، وقال حنبل: قيل لأبي عبد الله: ترى للرجل يأخذ شاربه ويحفيه أم كيف يأخذه؟ قال: إن أحفاه فلا بأس، وإن أخذه قصا فلا بأس، وقال أبو محمد في المغنى: هو مخير بين أن يحفيه وبين أن يقصه، وقد روى النووي في شرح مسلم عن بعض العلماء أنه ذهب إلى التخيير بين الأمرين الإحفاء وعدمه، وروى الطحاوي الإحفاء عن جماعة من الصحابة أبي سعيد وأبي أسيد ورافع بن خديج وسهل بن سعد، وعبد الله بن عمر، وجابر وأبي هريرة ﵃. قال ابن القيم ﵀: واحتج من لم ير إحفاء الشارب بحديث عائشة وأبي هريرة ﵄ المرفوعين: "عشر من الفطرة" فذكر منها: قص الشارب، وفي حديث أبي هريرة ﵁: أن الفطرة خمس, وذكر منها: قص الشارب، واحتج المحفون بأحاديث الأمر بالإحفاء وهي صحيحة، وبحديث ابن عباس ﵄: "أن رسول الله ﷺ كان يحفى شاربه" اهـ. قال لشوكاني: والإحفاء ليس كما ذكره النووي في أن معناه أحفوا ما طال عن الشفتين، بل الإحفاء: الاستئصال كلما في الصحاح والقاموس والكشاف وسائر كتب اللغة، ورواية القص لا تنافيه، لأن القص قد يكون على جهة الإحفاء وقد لا يكون، ورواية الإحفاء معينة للمراد، وكذلك حديث الباب الذي فيه "من لم يأخذ من شاربه فليس منا" لا يعارض رواية الإحفاء لأن فيها زيادة يتعين المصير إليها، ولو فرض التعارض من كل وجه لكانت رواية

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