il s’ensuivrait alors que le passage de la mécréance à l’islam, la coupe de la main du voleur, l’extraction d’une dent ou l’abattage d’un animal constitueraient, eux aussi, une altération de la création d’Allah.
Ambiguïté :
Certains ont prétendu que l’expression « changer la création d’Allah » rapportée par le Très-Haut dans les paroles d’Iblîs — qu’Allah le maudisse : « … et certes, je leur ordonnerai et ils altéreront la création d’Allah » — ne viserait que la religion. À l’appui de cette idée, ils invoquent le verset : « Dirige ton visage, en pur monothéiste, vers la religion — la nature primordiale qu’Allah a instaurée chez les hommes ; il n’y a pas de changement dans la création d’Allah — telle est la religion droite. » Ils s’appuient également sur le hadith d’ʿIyâḍ al-Mujâshiʿî déjà cité : « J’ai créé l’ensemble de Mes serviteurs dans le pur monothéisme, puis les démons vinrent à eux et les détournèrent de leur religion… »
La réponse se décline en quatre points :
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L’altération de la création d’Allah est une notion générale qui englobe toutes les affaires religieuses, qu’il s’agisse des croyances ou des prescriptions relatives au licite et à l’illicite. Le Très-Haut dit : « Ont-ils donc des associés qui leur auraient prescrit, en matière de religion, ce qu’Allah n’a pas autorisé ? » Relèvent donc de cette interdiction le tatouage, la coupe des oreilles du bétail, le rasage de la barbe, etc. On ne peut restreindre la portée de ce principe qu’au moyen d’une preuve spécifique.
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Ce qui fait autorité, c’est la généralité de l’énoncé et non la particularité de la cause de révélation. Les divergences d’interprétation des exégètes à ce sujet relèvent de la diversité explicative, non de la contradiction : chacun mentionne, à l’intérieur d’un terme générique, l’une de ses espèces pour attirer l’attention sur elle, sans prétendre qu’elle épuise le sens du terme.
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Le caractère englobant de l’expression « la création d’Allah » — qu’elle concerne la croyance ou les règles pratiques — est confirmé par cette parole du Prophète — paix et bénédictions sur lui : « Allah a maudit les tatoueuses et celles qui se font tatouer, les épileuses des sourcils et celles qui se les font épiler, les femmes qui se taillent les dents pour paraître belles — celles qui altèrent la création d’Allah. » L’expression « celles qui altèrent la création d’Allah » justifie ici la malédiction qui les frappe, et les pratiques mentionnées relèvent des branches pratiques de la religion, non des croyances.