Adillat Tahrim Halq al-LihyaMuhammad Ismāʿīl al-Muqaddam

Ibn al-Athîr précise dans son lexique Al-Nihâya : « La mutilation, lorsqu’il s’agit du poil, consiste à le raser sur les joues » ; d’autres disent : « à l’arracher ou à le teindre en noir ».

Ibn ʿAsâkir rapporte qu’ʿUmar b. ʿAbd al-ʿAzîz a déclaré : « Raser la barbe est une mutilation, et le Messager d’Allah ﷺ a interdit toute mutilation. »

Shâh Walî Allâh ad-Dahlawî écrit dans Al-Ḥujja al-Bâliġa : « La couper – c’est-à-dire la barbe – est une pratique des Mages et cela relève du changement de la création d’Allah. » (1)

Or, si certains savants ont assimilé à une mutilation le simple fait d’exagérer dans la coupe de la barbe, et si d’autres ont considéré que supprimer totalement la moustache par rasage était, lui aussi, une mutilation, que dire alors de l’éradication complète de la barbe ? Le visage ne mérite-t-il pas d’être honoré et protégé contre la mutilation et l’abaissement ?

Celui qui s’autorise une telle pratique ne ressent-il pas l’écho de cette parole prophétique : « Lorsque l’un de vous combat son frère, qu’il évite le visage. » (2)

Dans une autre version : « Qu’il ne gifle pas le visage. » S’il en est ainsi, c’est parce que le visage est le siège de la beauté, que ses traits sont délicats et précieux ; ce qui possède de telles qualités mérite honneur et sauvegarde, non mutilation et avilissement. Allah sait mieux.

Objection :

L’adversaire avance : « Il n’est pas recevable de rattacher la barbe au namṣ (épilation des sourcils) au motif de la modification de la création d’Allah, car leurs réalités linguistiques diffèrent : le namṣ consiste à épiler le poil, tandis que le ḥalq consiste à le couper avec un rasoir. Le hadith fonde expressément l’interdiction du namṣ sur le changement de la création d’Allah, mais il n’en fait pas de même pour la barbe ; la seule raison donnée pour laisser pousser la barbe est la divergence d’avec les polythéistes. »

Réponse : elle se décline en plusieurs points.

Premièrement : c’est l’objectif qui est ici déterminant, non le moyen. Le Législateur a maudit celle qui pratique le namṣ – lequel consiste à ôter le poil en l’arrachant – et l’a rangé parmi les actes qui altèrent la création d’Allah, alors même que ce poil repousse après un certain temps ; par conséquent, éliminer le poil constitue un changement de la création d’Allah, que cela se fasse

(1) Shâh Walî Allâh ad-Dihlawî, Ḥujjat Allâh al-Bâligha, t. 1, p. 182. (2) Ḥadith *muttafaqun ‘alayh* (concordant chez al-Bukhârî et Muslim).
وقال في النهاية: مثل بالشعر حلقه من الخدود، وقيل: نتفه أو تغييره بسواد. وقد روى ابن عساكر عن عمر بن عبد العزيز قال: إن حلق اللحية مثلة، وإن رسول الله ﷺ نهى عن المثلة اهـ. وقال شاه ولي الله الدهلوي في الحجة البالغة: وقصها -أي اللحية- سنة المجوس، وفيه تغيير خلق الله اهـ (١). وإذا كان بعض العلماء عد المبالغة في قص اللحية مثلة، وبعضهم عد استئصال الشارب من الوجه بالحلق مثلة، فماذا يكون استئصال اللحية كلها أفلا ينبغي تكريم الوجه وصيانته عن المثلة والإهانة؟ أفلا يستشعر من يستبيح ذلك صدى قوله ﷺ: «إِذَا قَاتَلَ أَحَدُكُمْ أَخَاهُ فَلْيَجْتَنِبِ الْوَجْهَ» (٢). وفي لفظ "فلا يلطمن الوجه" وما ذاك إلا لأنه مجمع المحاسن، وأعضاؤه لطيفة نفيسة فما كان هكذا فحقه التكريم والصيانة لا المثلة والإهانة والله أعلم. شبهة: قال المعترض: لا يصح إلحاق اللحية بالنمص لعلة تغيير خلق الله لاختلاف حقيقتهما لغة، فالنمص هو نتف الشعر، أما الحلق فهو قطعه بالموس، وقد نص الحديث على تعليل النمص بتغيير خلق الله ولم ينص على ذلك في اللحية، وإنما علل إعفاء اللحية بمخالفة المشركي فقط. وجواب هذا من وجوه: أحدها: أن العبرة هنا بالغاية لا بالوسيلة، وقد لعن الشارع النامصة، والنمص هو إزالة الشعر بالنتف، وعده من تغيير خلق الله، وإن كان هذا الشعر يعود للإنبات ولو بعد حين، فإزالة الشعر تغيير لخلق الله سواء تم ذلك
(١) حجة الله البالغة (١/ ١٨٢). (٢) متفق عليه.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies