Adillat Tahrim Halq al-LihyaMuhammad Ismāʿīl al-Muqaddam

et Il a maudit celle qui s’y adonne, lorsque le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Qu’Allah maudisse (1) celles qui pratiquent le tatouage, (2) celles qui se font tatouer, (3) celles qui épilent les sourcils, celles qui se les font épiler, celles qui créent un espace entre leurs dents pour se rendre plus belles (4) – celles qui altèrent la création d’Allah. » (5)

Ibn Masʿūd, le rapporteur du hadith, déclara alors : « Ne maudirai-je pas ceux que le Messager d’Allah ﷺ a maudits, alors que cela figure dans le Livre d’Allah ? » Il faisait allusion à cette parole du Très-Haut : « Prenez ce que le Messager vous donne et abstenez-vous de ce qu’il vous interdit. » (6)

Al-Ṭabarī a dit : « Il n’est pas permis à la femme de modifier quoi que ce soit de la constitution dans laquelle Allah l’a créée, que ce soit en ajoutant ou en retranchant, dans le seul but de paraître plus belle, et cela aussi bien pour son mari que pour un autre. Ainsi, celle dont les deux sourcils sont joints et qui enlève les poils entre les deux pour créer artificiellement une ouverture, ou, inversement, celle qui a naturellement un espace et tente de le dissimuler, ou encore celle dont les cheveux sont courts ou clairsemés et qui les rallonge ou les épaissit avec les cheveux d’autrui : tout cela relève de l’interdiction et constitue une altération de la création d’Allah. Sont toutefois exclus les cas où l’on cherche à éviter un préjudice ou une souffrance réelle. Relèvent également de l’altération de la création d’Allah la castration, l’œil crevé et la coupe des oreilles ; c’est ce qu’ont indiqué Ibn ʿAbbās, Anas, ʿIkrima et Abū Ṣāliḥ. Tout cela n’est qu’une torture infligée aux animaux, un procédé par lequel on déclare illicite ou licite selon des chimères, un discours sans preuve ni argument. Or les oreilles constituent, pour les bêtes de troupeau, à la fois une beauté et une utilité, et il en va de même du reste de leurs membres.

(1) Al-washimât (les tatoueuses) : pluriel de wāshima, participe actif de washm (tatouage). Il s’agit de piquer la peau à l’aiguille ou avec un instrument similaire jusqu’à faire couler le sang, puis d’y introduire du khôl ou de l’indigo, ce qui la fait verdir. Abou Dâwoud précise : la wāshima est celle qui se dessine des taches sombres (grains de beauté) sur le visage à l’aide de khôl ou d’encre. (2) Al-mustawshimât : pluriel de mustawshima ; celles qui demandent à être tatouées. (3) An-nâmisât : pluriel de nâmisa, celle qui pratique an-namas, c’est-à-dire l’épilation du visage à la pince. La mention du visage est prédominante, sans caractère restrictif. (4) C’est-à-dire dans un but d’embellissement. Les mutafallijât : pluriel de mutafallija, celle qui recherche le falj, l’espace entre incisives et canines. Le tafalluj consiste à créer, au moyen d’une lime ou d’un instrument analogue, un interstice entre des dents naturellement jointives. (5) Cette qualification vaut pour toutes les catégories énumérées et sert de motif au laʻn (malédiction) établissant l’interdiction. Al-Tîbî en a clarifié le sens ; voir al-Mirqât, 2/460. Les avis divergent sur la cause du blâme : pour certains, il s’agit d’une forme de tromperie (tadlîs) ; pour d’autres, opinion la plus solide rapportée par Ibn Masʻûd, c’est une altération de la création d’Allah, ce qui inclut la première raison. De plus, la prohibition ne concerne que ce qui est permanent ; les ornements éphémères, tels que le khôl ou d’autres parures licites pour la femme, sont jugés permis par des savants comme Mâlik. (6) Sourate al-Hashr, v. 7.
ولعن فاعله بقوله ﷺ: "لعن الله الواشمات (١)، والمستوشمات (٢)، والنامصات (٣)، والمتنمصات، والمتفلجات للحسن (٤)، المغيرات خلق الله" (٥). ثم قال ابن مسعود راوي الحديث ﵁: ألا ألعن من لعن رسول الله ﷺ وهو في كتاب الله ﷿ يعني قوله تعالى: ﴿وَمَا آتَاكُمُ الرَّسُولُ فَخُذُوهُ وَمَا نَهَاكُمْ عَنْهُ فَانْتَهُوا﴾ (٦). قال الطبري ﵀: لا يجوز للمرأة أن تغير شيئا من خلقتها التي خلقها الله عليها، بزيادة أو نقص التماس الحسن لا لزوج ولا لغيره، كمن تكون مقرونة الحاجبن فتزيل ما بينهما توهم البلج أو عكسه، ومن يكون شعرها قصيرا أو حقيرا فتطوله أو تغزره بشعر غيرها فكل ذلك داخل في النهي, وهو من تغيير خلق الله، ويستثني من ذلك ما يحصل به الضرر والأذية، ومن تغيير خلق الله الخصاء وفقء العين وقطع الآذان، أفاد معناه ابن عباس وأنس وعكرمة وأبو صالح، وذلك كله تعذيب للحيوان، وتحريم وتحليل بالطنيان، وقول بغير حجة ولا برهان، والآذان في الأنعام جمال ومنفعة، وكذلك غيرها
(١) الواشمات: جمع واشمة اسم فاعل من الوشم، والمشهور في تعريفها غرز الإبرة ونحوها في الجلد حتى يسيل الدم، ثم حشوه بالكحل أو النيل فيخضر، وقال أبو داود الواشمة التي تجعل الخيلان في وجهها بكحل أو مداد. (٢) المستوشمات: جمع مستوشمة وهي التي تطلب الوشم. (٣) النامصات: جمع نامصة، وهي التي تفعل النماص، و (النماص) إزالة شعر الوجه بالمنقاش، وذكر الوجه للغالب لا للتقييد. (٤) أي لأجل الحسن، و"المتفلجات" جمع متفلجة وهي التي تطلب الفلج وهو فرجة ما بين الثنايا والرباعيات، والتفلج أن يفرج بين المتلاصقين بالمبرد ونحوه. (٥) صفة للمذكورات جميعا، وهو كالتعليل لوجوب اللعن المستدل به على الحرمة، أفاد معناه الطيبي أنظر المرقاة (٢/ ٤٦٠). واختلف في المعنى الذي نهى عنها لأجله فقيل: لأنها من باب التدليس، وقبل من باب تغيير خلق الله تعالى كما قاله ابن مسعود وهو أصح، وهو يتضممن المعنى الأول، ثم فيل: هذا النهي إنما هو فيما يكون باقيا، فأما ما لا يكون باقيا كالكحل والتزين به للنساء، فقد أجاز العلماء ذلك: مالك وغيره. (٦) الحشر: ٧

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